Vous venez d’accueillir dans l’équipe le remplaçant tant attendu de Nikola Karabatic, Luc Steins. Comment se sont passés ses premiers jours ?
Nedim Remili : Il est arrivé samedi, puisqu’il a joué vendredi soir avec Toulouse. J’ai suivi son match attentivement parce que je ne voulais pas qu’il lui arrive de pépins. Il jouait contre Créteil en plus, j’ai des amis là-bas donc je leur ai dit d’y aller doucement, même s’ils n’y sont pas allés de main mortes (rires). Lundi il a pu s’entraîner avec nous. C’est une bonne recrue, j’ai hâte de le voir sur le terrain pour qu’il nous apporte autant que je le pense (Luc Steins, touché à une cheville, manquera le match de la 9e journée prévu ce jeudi à Coubertin entre le PSG et Porto, NDLR).
Quantitativement, on n'a pas un énorme effectif sur la base arrière
Handball
Un nouveau départ de poids pour Paris ? Remili annoncé du côté de Kielce
07/06/2021 À 10:01
C’est un soulagement pour l’effectif, où chacun devait aller au-delà de ses fonctions notamment vous qui, depuis un mois deviez, en alternance avec Mikkel Hansen, prendre le rôle de demi-centre ?
N. R. : Je ne me plains pas non plus d’avoir eu cette responsabilité de demi-centre. C’est un poste que je connais bien pour l’avoir pratiqué plusieurs fois, qui plus est sous la houlette de Raul (Gonzalez, l’entraîneur du PSG), et qui me plaît. En revanche, je suis d’accord que ce n’est pas mon poste et ma fonction de prédilection. Un joueur comme Luc (Steins) peut mettre en valeur tous les arrières que nous sommes, et de belle manière. Donc sur ce point oui cela nous soulage. Après il ne faudra pas lui en demander trop, trop tôt, même s’il sait que vu l’urgence dans laquelle il arrive, il se doit de performer rapidement. On a intérêt à le garder en bonne forme, que ce soit physiquement ou mentalement, qu’il soit prêt à jouer tous les trois jours aussi parce que je crois que ce sera une première pour lui d’enchaîner des matches de très haut niveau. Il faut que nous poursuivions à faire ce que l’on faisait avant, voire même peut-être mieux, qu’on continue tous à progresser, même à des postes où on n’a pas de repère, pour qu’on puisse aider au mieux l’équipe parce que, quantitativement, on n’a pas un énorme effectif. On est 5 sur la base arrière (avant l’arrivée de Luc Steins), quand il y a des équipes comme Barcelone, Veszprem ou Kielce qui ont joué avec 9 ou 10 joueurs sur la base arrière, donc il va falloir qu’on mette surtout du cœur à l’ouvrage.

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Vous avez pu parler à Sadou Ntanzi, qui a fait le chemin inverse vers Toulouse en prêt jusqu’à la fin de saison, avant son départ ?
N. R. : J’ai énormément parlé avec lui et je lui ai dit que, pour moi, c’était le meilleur choix qu’il pouvait faire. C’est important pour lui d’avoir du temps de jeu, qui plus est chez Toulouse qui n’est pas une petite équipe et joue la Ligue européenne (C2). Sadou va leur apporter quelque chose de nouveau, ça ne pourra faire que du bien à Toulouse et plus tard à nous. Evidemment, c’est un crève-cœur, il quitte le deuxième club qu’il a connu dans sa vie puisqu’avant il était dans son 91 natal (à Savigny-sur-Orge, NDLR), il aurait voulu participer au Final Four, le gagner… Mais c’est un joueur d’avenir pour ce club, il a des qualités qu’il a démontrées tout au long de cette préparation, des entraînements et de certains matches même, et qui sont reconnues des coaches autant que des joueurs. Aujourd’hui, ce n’était pas son tour, mais je ne m’inquiète pas sur le fait que bientôt il pourra revenir pour participer aux victoires du PSG Handball.
On est obligés de tout jouer comme une finale
Vous allez retrouver ce jeudi (18h45) Porto, que vous avez renversé au terme d’un match décousu la semaine dernière. Cette victoire vous libère-t-elle en vue des prochaines échéances ?
N. R. : Pour la libération, on attendra demain (jeudi, ndlr) pour vous donner une réponse, mais le déroulé du match nous a fait du bien mentalement. On a fait une première mi-temps aux abonnés absent. On ne défend pas, on n’a pas les arrêts des gardiens, on rate des tirs à six mètres, on est fébriles en attaque. Puis en deuxième mi-temps on revient, on ne joue pas forcément mieux, on n’est pas toujours bien placés en défense, mais en tout cas on met beaucoup plus d’envie, plus de rage dans tout ce qu’on fait, et c’est ce qui a différencié ces deux mi-temps. On a permis à nos gardiens de faire des arrêts, de multiplier les situations d’attaques rapides et de mettre des buts faciles. On gagne la deuxième mi-temps de +7, donc c’est la preuve qu’on fait une excellente deuxième partie de match. C’est sur ces bases là qu’on doit s’appuyer. Même si on n’a pas très bien commencé la première action de la deuxième mi-temps, malgré le fait qu’ils soient à +5, on n’a pas coulé, on a continué à pousser, à mettre de l’envie et de l’application dans ce qu’on faisait. Si on arrive à mettre tout ça dès le début de match, je pense qu’on peut s’éviter bien des problèmes pendant certaines rencontres, et pourquoi pas gagner avec plus d’écart et de maîtrise, évidemment.

Nedim Remili, l'arrière droit du PSG Handball, lors d'un match de Ligue des champions face à Celje le 13 octobre 2019

Crédit: Getty Images

Vous vous sentez monter en puissance depuis le début de saison ?
N. R. : C’est une saison particulière parce qu’on savait qu’il fallait directement être prêts au bout de 3 mois, avec le Final Four. On savait qu’il fallait être prêts très vite. Donc inconsciemment, tu te prépares différemment mentalement. Je ne dis pas qu’on ne joue pas les matches à fond dès le début de l’année, mais les matches pour le titre arrivent normalement un peu plus tard dans la saison. Là aujourd’hui, on s’est mis dans une situation où, avec 3 défaites en Ligue des champions, on est obligés de tout jouer comme une finale. Ça nous demande beaucoup plus de rigueur, de concentration et de discipline dans le jeu, plus tôt dans la saison que d’habitude. C’est quelque chose que l’on maîtrise de mieux en mieux.
Vous partiez de loin qui plus est, avec un effectif largement remanié à l’intersaison…
N. R. : Oui, il faut le dire, avec 5 départs et 6 arrivées. En plus on perd Niko (Karabatic), qui est indisponible jusqu’en fin de saison donc c’est comme un départ de plus, et on a un nouveau meneur de jeu qui arrive. C’est beaucoup de choses qui font qu’on est une nouvelle équipe, on apprend encore à jouer ensemble, à se découvrir. On connait tous les qualités de chacun puisque ça fait 4 mois qu’on joue ensemble, on s’entend de mieux en mieux mais en match c’est différent. On peut le voir, on peut perdre des ballons fébriles, ne pas faire la bonne passe au bon moment parce qu’on n’a pas la confiance en nous-même et entre nous pour pouvoir la faire. C’est des automatismes, ça met du temps à arriver, il ne faut pas se presser. Je trouve qu’on est de mieux en mieux. Il faut qu’on soit plus concentrés, plus appliqués, qu’on mette plus d’envie et de combativité dans nos matches. Sur ce point-là je trouve qu’on est vaillants, on se bat avec nos armes du moment, et je suis sûr que la moitié de l’équipe élèvera encore plus son niveau à l’arrivée des grandes échéances.
On va encore apprendre à se connaître les uns les autres
Cette symbiose collective, vous allez aussi devoir l’affiner avec Luc Steins. Cela vous semble possible d’être assez rôdés dans un mois, pour le Final Four (de la saison 2019-2020, prévu les 28 et 29 décembre à Cologne)?
N. R. : Non, c’est impossible qu’on ait la même connexion avec Luc au Final Four qu’avec Mikkel (Hansen). Je joue avec lui depuis 5 ans. Donc on commence à se connaître assez bien sur le terrain, je sais ce qu’il préfère ou pas, par rapport à ça on se gère bien. Comme on ne peut pas nous demander ça avec "Elo" (Prandi), Dainis (Kristopans) ou encore plus Luc. On va encore apprendre à se connaître tous les uns les autres. C’est le jeu des départs. C’est pareil quand un nouveau pivot arrive. On ne sait jamais s’il préfère la balle devant ou sur lui, dans un espace, s’il court ou pas… Ce sont plein de petits automatismes qui prennent du temps. Est-ce qu’on sera prêts en décembre ? Je ne sais pas, en tout cas on ne sera pas à l’apogée de notre préparation, ça c’est sûr. Maintenant, avec la combativité, l’énergie, et si on met de la rigueur sur tous les matches qu’il y a avant en Ligue des champions, qui ne sont presque que des finales pour nous avec donc Porto, puis Kielce (le 3 décembre) et le Vardar (le 10), on aura de quoi se préparer à ce match face au Barcelone. Et en plus en championnat on a des matches à ne pas dénigrer. Dimanche on va jouer Créteil (le 29 octobre), ensuite Istres (le 6 décembre), derrière on joue, Nantes (le 13), Montpellier (le 16) et on reçoit Dunkerque (le 18)...
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Après ce mois de décembre chargé, il y a en plus un Mondial qui se profile en janvier (du 13 au 31). Certains joueurs du championnat allemand ont déclaré qu’ils souhaitaient le reporter. Qu’en pensez-vous ?
N. R. : Dans tous les cas, j’ai envie de gagner avec l’équipe de France, ça fait longtemps que je n’ai pas gagné, la dernière fois c’était en 2017 donc il y a 4 ans. Gagner une compétition, qui plus est le championnat du monde, ça me rappellera des souvenirs. Avec le PSG, on va enchaîner les matches, puis jouer le Final Four qui fait partie des matches les plus intenses d’une saison, voire d’une carrière. Ensuite on aura 4 jours de repos à peine, après on revient le 2 janvier en équipe nationale. On ne peut pas ne rien dire par rapport à ça. Maintenant il va falloir jouer ce Mondial, j’espère juste qu’il n’y aura pas trop de pépins physiques, parce que ça arrive très vite ces derniers temps. Un report ? Je ne suis pas contre la tenue du Mondial, mais un report ça ne ferait du mal à personne c’est sûr. Tout le monde veut des matches de haut niveau et à haute intensité à la TV, parce que ça fait beau, mais il ne faut pas oublier que, nous, les joueurs, on a un physique et on ne peut pas enchaîner tous les matches à ce niveau-là.

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