Une finale de rêve

L'équipe de France, championne olympique, dispute la finale du Championnat du monde contre la Croatie, cet après-midi à Zagreb. Face à des Croates revanchards et à domicile, les hommes de Claude Onesta devront se montrer à leur meilleur niveau pour décroc

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"Cette fois-ci, ils sont un peu plus nombreux que d'habitude. Ca va compliquer les choses. Mais on est dans la position idéale de celui qui veut que la fête soit moins belle." Claude Onesta n'a pas peur. Le patron des Bleus, comme ses joueurs, aborde ce choc avec une confiance en acier trempé après un parcours sans faute, ou presque, car le match sans enjeu perdu mardi contre ces mêmes Croates n'a laissé aucune trace. "On ne doute pas. C'est ça qui fait la différence. On a écrasé nos adversaires sur le terrain, mais c'est surtout dans les têtes que ça s'est passé. On a l'impression que les autres ont peur de nous jouer", assure le maître à jouer des Bleus, d'origine croate, Nikola Karabatic.
Les Français savent aussi que s'il y a une seule équipe qui peut les priver du très rare enchaînement titre olympique/titre mondial, réussi seulement par la Yougoslavie dans les années 1980 et par la Russie dans la décennie suivante, c'est bien la Croatie. "C'est une équipe avec laquelle le match peut se dérouler autrement que prévu, contrairement à certaines nations plus traditionnelles qui n'ont pas la capacité de changer d'option", prévient Onesta, au lendemain de la facile victoire contre le Danemark.
"Ils possèdent des joueurs imprévisibles, comme les nôtres", dit l'entraîneur, pensant à la vedette croate, le demi-centre Ivano Balic, ou encore à l'ailier Ivan Cupic, auteur de 12 buts en demi-finale contre la Pologne. La France va récupérer l'ensemble de ses forces, Didier Dinart ayant assuré qu'il jouerait la finale après avoir manqué quatre matches à cause d'une blessure à une cuisse.
Le public pourrait peser
Le patron de la défense ne sera peut-être pas à 100%, mais les Bleus ne s'en inquiètent pas outre mesure car la solution de rechange, avec un superbe Guillaume Gille dans le rôle du Guadeloupéen, a fonctionné à merveille. Sur le papier, les champions olympiques semblent évoluer un ton au-dessus, mais le public, très expansif en Croatie, pourrait peser dans la balance. Les Bleus n'ont pas oublié leur mésaventure du Mondial 2007, où ils avaient eu l'impression de se faire voler la demi-finale par des arbitres mis sous pression par les fans allemands. "On sait comment ça se passe et il n'y a plus qu'à espérer que ce sera fair play", dit Karabatic.
Un coup d'oeil sur l'histoire récente des Mondiaux montre que les deux dernières éditions organisées chez un prétendant au titre, en 2007 en Allemagne et en 2001 en France, ont été remportées par le pays-hôte, ce qui incite à rééquilibrer le pronostic. "Ce sont ceux qui nous résistent le mieux, et nous sommes ceux qui leur résistons le mieux", résume Onesta, dont les propos sont confirmés par le bilan des 14 confrontations France/Croatie depuis l'indépendance en 1991: 7 victoires françaises, six victoires croates et un match nul.
Les Bleus ont eu tendance à prendre l'avantage ces dernières années, notamment aux Jeux, où les Croates, alors tenants du titre, avaient subi leur loi à deux reprises. S'ils veulent rapporter un troisième titre mondial après 1995 et 2001, les Français devront éviter de tomber dans le faux rythme que tentent souvent d'imposer les Croates. Leur salut sera dans une défense agressive qui leur permettra de récupérer les ballons et de marquer de nombreux buts en contre-attaque grâce à leurs ailiers ultra-rapides, notamment Luc Abalo, en état de grâce contre les Danois.
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