Karabatic attendu

Karabatic attendu
Par AFP

Le 16/01/2009 à 19:00Mis à jour

Branko Karabatic, le père de la star de l'équipe de France Nikola Karabatic, est persuadé que son fils a "assez d'expérience" pour faire face à la pression en Croatie. Le championnat du monde débute vendredi soir avec le pays hôte et favori de la compétit

"Ca ne sera pas facile, surtout lors du match contre les Croates" , avoue Branko, qui s'attend à un traitement spécial de la part des supporteurs lors du choc prévu à Zagreb lors de la deuxième phase. L'itinéraire du meilleur joueur du monde, distinction qui lui a été décernée cette année par la Fédération internationale, a en effet tout pour susciter les passions.

Nikola est né d'une mère serbe et d'un père croate en 1984, à Nis, en Serbie, quelques années avant l'implosion de la Yougoslavie, et à cause de l'exil professionnel de son père gardien de but, il ne porte le maillot ni de l'un ni de l'autre de ses deux pays d'origine, mais celui de la France. Branko assure que cette double origine "ne pose plus de problèmes", suggérant que cela n'a pas toujours été le cas. "Il faut oublier tout ça", dit-il, ajoutant que "c'est plus facile pour nous qui n'avons pas perdu de proches dans le conflit".

Quelques mois après la naissance de son fils, Branko, membre de l'équipe nationale yougoslave, était en effet parti gagner sa vie comme joueur en France, dans le club de Strasbourg d'abord, puis à Colmar et à Frontignan, près de Montpellier. Aujourd'hui, M. Karabatic est convaincu que des gens des deux nationalités viendront encourager son fils lors de la première phase à Osijek, une ville croate située à proximité de la frontière serbe, car "il y a beaucoup de respect pour lui des deux côtés".

Multiculturel

Quant à l'éventuel ressentiment que pourraient nourrir les Croates pour avoir laissé échapper un tel joyau, Branko le juge possible, tout en se disant persuadé que cela "ne sortira pas du cadre des tribunes". D'ailleurs, le choix de la France s'est fait "tout naturellement" pour Nikola Karabatic, qui a rejoint son père dans l'Hexagone alors qu'il n'avait que trois ans.

"Tout indiquait le choix de la France: la culture, le travail, l'école. La question ne s'est même pas posée" , raconte Branko, qui a été l'entraîneur de son fils de ses débuts, à l'âge de sept ans, jusqu'à quinze ans. Il y a bien eu quelques approches venues du pays d'origine, mais "tout est allé tellement vite" que les Karabatic ont à peine eu le temps d'y faire attention. A 18 ans, le surdoué était déjà international chez les seniors français.

M. Karabatic, présent en Croatie avec l'équipe de Tunisie, dont il entraîne les gardiens, estime que ce qui rattache le plus Nikola à ses origines, c'est son identité multiculturelle. "Maintenant il a aussi la culture germanique avec son club de Kiel. C'est une richesse. Ca lui apprend à maîtriser beaucoup de choses et ça le renforce énormément", explique Branko, qui parle avec son fils en français ou en serbo-croate selon les circonstances.

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