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Rio 2016

"Laura a sauvé la France"

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Laura Glauser dans les bras d'Olivier Krumbholz aux JO de Rio

Crédit: AFP

ParLaurent Vergne
18/08/2016 à 22:48 | Mis à jour 18/08/2016 à 23:38
@LaurentVergne

JO RIO 2016 – Au terme d'un match étouffant, l'équipe de France a battu les Pays-Bas pour décrocher sa première finale olympique. Les Bleues doivent en grande partie leur salut à Laura Glauser, qui a suppléé Amandine Leynaud, blessée, dans le but tricolore. La Lorraine a été monstrueuse.

De notre envoyé spécial à Rio, Laurent Vergne

Elles l'ont fait. Et elles l'ont fait toutes ensemble. Mais dans cette survie collective, jeudi, une fille est sortie du lot pour apporter ce supplément d'âme qui a porté les Bleues en finale. Laura Glauser, une des benjamines du groupe du haut de ses presque 23 ans, a joué les gardiennes du temple en sortant le match de sa vie. "Je ne suis pas l'héroïne. Il n'y a pas d'héroïne. L'héroïne, c'est toute l'équipe, les coaches", a assuré la Messine. Mais autour d'elles, chacun savait bien que, sans son match de mutante, il n'y aurait pas eu de finale olympique.

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"Si Laura n'est pas là dans les dix dernières minutes, on est out", a assuré Gnonsiane Niombla. "On ne mettait plus un but. Laura a sauvé la France", a carrément lancé sans tourner autour du pot Olivier Krumbholz. Au cours d'une seconde période étouffante, au cours de laquelle les Bleues n'ont mis que sept minuscules buts aux Néerlandais (17-13 à la pause, 24-23 au final), Glauser a effectivement maintenu le bateau à flots, multipliant les arrêts décisifs, notamment celui où le ballon a failli lui filer sous le ventre, avant qu'elle ne le récupère, in extremis, devant sa ligne. C'était une balle de 24 partout, pour les Bataves. Et si son poteau l'a sauvée à l'ultime seconde, c'est sans doute parce qu'il s'est dit qu'elle le valait bien.

Laura Glauser (France) aux JO de Rio

Crédit: AFP

Leynaud : "Je prends autant mon pied quand elle joue que quand c'est moi"

Laura Glauser est pourtant dans l'ombre d'Amandine Leynaud, la taulière dans le but bleu. "Elle n'a pas beaucoup de temps de jeu, parce qu'on a une gardienne de renom, Amandine Leynaud, qui est incroyable, souligne Laurisa Landre. Elle est moins expérimentée, mais ça viendra, et quand il faut rentrer elle est là et elle nous envoie en finale." Si les Bleues ont eu tant besoin d'elle, c'est parce qu'Amandine Leynaud souffre d'un lumbago. "Je me suis bloquée le dos pendant le quart de finale, a-t-elle expliqué, en larmes. Je ne savais même pas si j'allais pouvoir jouer." Finalement, elle a tenu une mi-temps.

"J'ai préparé Laura, parce que je savais qu'on aurait besoin d'elle, raconte Leynaud. Je la sentais vraiment dedans. On fait un duo parfait, je n'arrête pas de le dire depuis le début. Elle n'a pas pu s'exprimer le match avant, elle a tellement envie de jouer. Elle est bonne, malheureusement, il ne peut y en avoir qu'une seule sur le terrain. Mais on apporte l'une ou l'autre à chaque fois, et je trouve ça beau Je prends autant mon pied quand elle joue quand c'est moi." Olivier Krumbholz, lui aussi, a préparé sa gardienne, pour la convaincre que la scène n'était pas trop grande pour elle. "Je lui avais dit dans le vestiaire que c'était sa place, qu'une demi-finale olympique, ce n'était pas au-dessus de son niveau jeu. Elle l'a bien démontré."

Olivier Krumbholz

Crédit: AFP

"Le hand, c'est 80% de mental"

Cette "grosse bûcheuse", comme le dit Laurisa Landre, qui passe "des heures à la vidéo" pour étudier ses adversaires, a embrassé l'évènement avec un talent fou et un culot monstre. "J'avais envie de bouffer la balle, dit-elle. Pour moi, le hand, c'est 80% de mental." Sur le terrain, elle s'est presque trouvée dans un état second. "J'étais hors de moi, rigole-t-elle. C'était vraiment bon de se sentir comme ça. Après un match, je me dis, 'mais dans quel état j'étais?' C'est comme si ce n'était pas moi."

Dès la fin du match, personne ne s'y est trompé. C'est bien sur elle que la marée bleue a déferlé pour la féliciter. "Je lui ai dit que je la kiffais, reprend Amandine Leynaud. Je lui avais dit avant le match qu'on le ferait toutes les deux, et ça a été le cas. Même si, bien sûr, on l'a fait toutes ensemble, mais c'est une relation qui est particulière entre nous." "Je suis fière d'elle et heureuse pour elle, parce que c'est une fille super, ajoute Landre. Mais c'est ça, c'est notre équipe. Tu penses que c'est fini et hop il y en a une autre qui arrive." Samedi, le jour de la finale, Laura Glauser fêtera son anniversaire. Un beau jour pour rester sur son petit nuage…

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