112 ans à eux trois et un palmarès long comme le bras. Nikola Karabatic, Luc Abalo et Michaël Guigou sont des monuments du handball français. Du sport français, plus globalement. Comment considérer autrement les derniers rescapés des "Experts", cette génération qui a martyrisé le handball mondial à partir de 2008 ?
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Comment qualifier autrement trois joueurs qui étaient là lors de chacun des deux titres olympiques de l'histoire de l'équipe de France, lors de quatre de ses six titres mondiaux – exception faite de l'absence d'Abalo en 2015– et lors de tous ses sacres européens. L'équipe de France compte 11 titres majeurs. Huit ont été conquis avec ces trois hommes sur le terrain, neuf avec au moins deux d'entre eux. Phénoménal. Samedi, pour leur quatrième finale olympique de rang, ils pourraient intégrer le cercle réduit des sportifs français comptant trois médailles d'or aux Jeux d'été.
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Celui des Marie-José Perec, Tony Estanguet, Daniel Morelon, Félicia Ballanger ou Teddy Riner. Autrement dit, ajouter la cerise sur un gâteau déjà très gourmand. Le gâteau de leur histoire commune en Bleu, mais aussi de leur destin individuel.

Abalo, l'homme qui s'est entraîné seul

36 ans
288 matches en équipe de France
Première sélection le 25 juin 2005
  • Palmarès : 3 championnats d'Europe, 3 championnats du monde, 2 titres olympiques
Il est le plus jeune des trois vétérans. Et certainement celui dont la préparation pour ces Jeux Olympiques a été la plus… particulière. Le gaucher, qui a repoussé sa retraite programmée l'an dernier, n'a disputé que trois rencontres entre début avril et le départ des Bleus pour Tokyo. En cause, un drôle d'enchaînement d'événements : après les Mondiaux disputés avec les Bleus en janvier dernier, Abalo n'a pas pu retourner dans son club norvégien d'Elverum, barré par des autorités qui ne lui reconnaissaient pas son statut de résident. L'ancien du PSG a pu profiter des rencontres à l'extérieur de son club en Ligue des champions, au printemps. Mais pas plus.
Rentré à Paris, l'intéressé a donc travaillé seul : "C’était dur, rien que pour trouver une salle ouverte, je me suis parfois tapé 45 minutes de transports, déclarait-il dans des propos relayés par Ouest France. Ce n’était pas du hand mais je ne me suis jamais vraiment arrêté. J’ai fait beaucoup de basket, ça permet de travailler les appuis, notamment en défense, davantage de crossfit, un peu de boxe, du moins toute la partie cardio". Le voilà à 16 buts dans ce tournoi, sans avoir manqué le moindre match.

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Karabatic, l'homme qui revient des croisés

37 ans
323 matches
Première sélection le 2 novembre 2002
  • Palmarès : 3 championnats d'Europe, 4 championnats du monde, 2 titres olympiques
17 octobre 2020. A l'occasion d'un déplacement du PSG à Ivry, en Lidl Starligue, Karabatic se tord le genou droit au quart d'heure de jeu, sur une mauvaise réception. Le verdict tombe deux jours plus tard : rupture du ligament croisé antérieur du genou droit. De quoi semer un gros, gros doute sur sa future participation aux Jeux. Mais sept mois après la plus lourde blessure de sa carrière, le demi-centre (ou arrière) est de retour sur les terrains.
"Dès la semaine qui a suivi mon opération, j’ai travaillé tous les jours avec le staff médical du club. On a essayé de ne pas sauter d’étapes mais de régler tous les acquis le plus vite possible pour me donner une chance de jouer la fin de saison", déclarait-il à son retour. Karabatic, c'est aussi l'histoire d'une vraie fausse retraite, à moitié annoncée pour 2020, puis complètement démentie. Mais surtout l'histoire d'un leader qui a repris sa place avec brio après un Mondial manqué.
Son bilan dans ces Jeux – 7 matches disputés, 15e meilleur buteur ex-aequo de la compétition, 4e meilleur buteur des Bleus – suffit à classer le bonhomme. "C'est beaucoup d'histoire, je me sens chanceux", a-t-il déclaré une fois la qualification pour la finale en poche. Et le plus beau reste peut-être à venir.

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Guigou, le revanchard

39 ans
307 matches
Première sélection le 3 juillet 2002
  • Palmarès : 3 championnats d'Europe, 4 championnats du monde, 2 titres olympiques
Il était, comme ses deux compères, de la finale perdue à Rio il y a cinq ans, face à un Danemark qui les avait alors privés du triplé. Et dans la foulée de la qualification des Bleus face à l'Egypte, le capitaine tricolore est tout de suite passé en mode revanche à notre micro. "C'est ma 4e finale olympique de suite. La dernière s'est mal passée. Je suis très, très motivé pour aller chercher une nouvelle médaille d'or. C'est la 4e finale mais c'est surtout une nouvelle médaille d'or à aller chercher", a-t-il tout de suite balayé.

4e finale olympique pour Guigou : "C'est surtout une nouvelle médaille d'or à aller chercher"

Pas question, pour l'instant, de s'attarder sur son poids dans l'histoire des Bleus, donc. Pourtant, elle prendra fin après cet épilogue contre Mikkel Hansen et ses troupes. Quelques semaines après avoir dépassé la barre symbolique des 1000 buts en équipe de France, rejoignant ainsi le cercle très fermé des Jérôme Fernandez, Frédéric Volle et… Nikola Karabatic. A Tokyo, le légendaire ailier gauche des Bleus, spécialiste des jets de 7 mètres, a ajouté 15 buts et 6 matches à son compteur. "Ils ont banalisé ça, alors que ce n'est pas du tout banal. On est tellement habitués à les voir faire ça", expliquait Luka Karabatic au sujet des trois légendes tricolores.
Une réflexion qui s'applique tout particulièrement au vétéran du groupe, qui fait clairement partie des meubles en sélection. Sur les siens, il n'y a qu'une médaille qu'il souhaite ajouter. Vous en connaissez la couleur.
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