Lorsqu’il s’était écroulé dans l’aire d’arrivée, incapable de tenir debout après la seconde manche du géant jeudi, on avait un temps pensé que l’on ne verrait plus Arthur Bauchet dans ces Jeux Paralympiques 2022. Le Français n’avait déjà plus rien à prouver avec deux titres (descente et combiné) et une médaille de bronze décrochés à Pékin. Mais non seulement il a été présent au départ du slalom mais le skieur de 21 ans s’est même paré d’or une troisième fois. Histoire de conclure idéalement des Jeux proches de la perfection.
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Si on ne se dépasse pas aux Jeux, on ne se dépassera jamais
Jeux Paralympiques
Bauchet au plus que parfait, Deleplace et Bochet en-dedans : le carnet de notes des Bleus
13/03/2022 À 18:15
"J’ai attaqué ces Jeux de la plus belle des manières (l’or sur la descente), ils se sont déroulés de la plus belle des manières (3 titres et 4 médailles en 5 courses) et ils terminent de la plus belle des manières, résumait-il pour France Télévisions. C’est vraiment fou". Le plus fou dans tout ça, c’est que le Français ait été capable de remporter un troisième titre malgré la fatigue accumulée qui pesait lourdement sur son handicap (ndlr : il souffre de paraparésie spastique). Comme cela avait été le cas à Lillehammer, en janvier.

Allé au bout de lui-même, Arthur Bauchet a dû être évacué sur chaise roulante après sa 3e place sur le géant de la catégorie debout aux Jeux Paralympiques 2022

Crédit: Getty Images

"Plusieurs fois aux Mondiaux, je suis tombé après la ligne d’arrivée, racontait-il il y a trois jours. Mon mental arrive à compenser en fin de manche mais, juste après, je ressens que mes jambes me portent moyennement". C’est exactement ce qu’il s’est passé en géant, où le skieur de 21 ans a été incapable de se relever après avoir chuté dans l’aire d’arrivée. Il avait fallu l’évacuer en fauteuil roulant. Des images rares qui témoignaient bien de l’extrême fatigue du Français. Mais pas de quoi lui faire renoncer au slalom. "Il faut se dépasser, les Jeux on vient aussi là pour ça : pour se dépasser, expliquait-il. Les Jeux, c’est tous les quatre ans. Si on ne se dépasse pas aux Jeux, on ne se dépassera jamais ! Donc on met tout ce qu’on a". Un beau message pour se rappeler que tout est possible pour qui s’en donne les moyens.
On ne pouvait pas rêver mieux
"Le sport en haut niveau, c’est le plaisir évidemment mais, pour moi, c’est aussi une question de repousser ses limites, explique t-il. De montrer que rien n’est impossible et qu’il faut juste y croire, qu’il faut se battre, se donner les moyens de faire les choses. Mais je prends aussi ça comme un message à moi-même et à cette maladie à qui je dis : ‘Tu vois ? Tu m’as fait galérer dans la vie mais aujourd’hui je suis là et je remporte des médailles d’or aux Jeux Paralympiques’. Je ne me serais jamais dit ça en 2014 quand j’étais sur mon lit d’hôpital ou sur mon canapé, allongé…" Mais, à Pékin, même exténué, le Français est encore allé au bout de lui-même et de ces Jeux, bien aidé par la coupure entre le géant (jeudi) et le slalom (dimanche).
"Les deux jours de repos m’ont vraiment fait du bien, ce matin j’étais en forme, avouait-il pour France Télévisions. En réveillant, on s’est dit avec Oscar (Burnham) : ‘Ok, aujourd’hui, c’est notre journée et on y va’. Et on y est allé". Et toujours avec ce sourire qui ne le quitte jamais, quelles que soient les circonstances. "Le sourire, il est plus efficace que mes jambes, ironise-t-il. Lui au moins, il ne me lâche jamais". Il n’a aucune raison de s’en aller ces temps-ci, vu les performances exceptionnelles réalisées par Arthur Bauchet à Pékin : 1er de la descente, du slalom, du combiné, 3e du géant et 4e du Super-G… Le bilan est fou ! "On ne pouvait pas rêver mieux", admet-il.
Chaque médaille à son histoire
Avec quatre breloques en poche, le Tricolore va donc ramener autant de médailles de Pékin qu’il ne l’avait fait de Pyeongchang. Mais cette fois, la plupart sont en or. Même si le métal n’est pas forcément le plus important pour le skieur de Serre-Chevalier-Briançon. "On m’avait souvent demandé à Pyeongchang si je troquerais les quatre médailles d’argent contre une en or et j’ai toujours dit non, rappelle-t-il avant de développer. Chaque médaille à son histoire et c’est pareil ici. J’ai ressenti des émotions tellement différentes sur les quatre médailles… Mais c’est sûr que la médaille de bronze décrochée en géant, physiquement, elle a la saveur du dépassement et de choses que l’on pensait peut-être impossible au début de la deuxième manche et que je suis tout de même allé chercher". Comme le leader de l’équipe de France qu’il semble être devenu pendant ces Jeux.

Arthur Bauchet, sur la descente paralympique de Pékin 2022

Crédit: Getty Images

"Je ne sais pas si je suis le leader ou le moteur, avouait-il. Ce que je sais c’est que, tout seul, on n’est pas grand-chose. C’est vraiment l’équipe qui fait qu’on arrive à réaliser de belles performances. Je ne le dirai jamais assez mais je suis vraiment fier de faire partie de cette équipe". Qu’il le veuille ou non, avec une Marie Bochet qui a dit adieu aux Paralympiques à Pékin, Arthur Bauchet va devoir revêtir la tunique de leader et de star de l’équipe de France paralympique, au moins en ski alpin. Son parcours aux Jeux est juste trop bon pour qu’il en soit autrement. "C’est sûr que l’histoire est belle, chaque jour on écrivait une nouvelle page, raconte-t-il. Maintenant, rendez-vous dans quatre ans". Cortina est prévenue !
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