1er : ALEXANDRE LEAUTE (21 ans, paracyclisme en catégorie C2/C1-C3)

  • 1 titre paralympique + 3 médailles
  • Double champion du monde sur route
  • A battu le record du monde de poursuite
On le savait talentueux mais Alexandre Leauté ne cesse de nous surprendre. Sur les championnats du monde de Cascais, bien aidé certes par l’absence de Darren Hicks, le Français s’est offert le premier sacre de sa carrière en contre-la-montre, alors qu’il était le deuxième plus jeune coureur au départ. Deux jours plus tard, il conservait son titre sur la course en ligne en s’imposant en solitaire, s’offrant un doublé qu’aucun Tricolore n’avait réussi dans aucune catégorie depuis Quentin Aubague (T1) en 2015.
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03/01/2022 À 23:57
De quoi aborder les Jeux paralympiques avec confiance, sur route comme sur piste, et Alexandre Leauté n’a pas fait dans la demi-mesure pour la première épreuve de sa carrière aux Jeux Paralympiques : médaille d’or et record du monde de la poursuite individuelle, en repoussant Darren Hicks à plus de trois secondes et demie ! La suite n’a pas été aussi dorée pour le cycliste de 21 ans.
Champion du monde en titre sur le kilomètre (piste) mais donc aussi du chrono et de la course en ligne (route), le Français a vu le titre paralympique lui échapper à chaque fois, malgré trois médailles (argent, bronze et bronze). Alors, oui, Alexandre Leauté est passé, près et loin à la fois, d’une saison absolument hallucinante. Elle n’en reste pas moins exceptionnelle et sensationnelle. Encore plus pour un athlète de 21 ans qui n’a débuté le handisport qu’il y a quatre ans…

Alexandre Léauté a pris le bronze mardi aux Jeux paralympiques de Tokyo dans le contre-la-montre sur route (Catégorie C2) à Tokyo

Crédit: AFP

2e : ALEXIS HANQUINQUANT (35 ans, para-triathlon en catégorie PTS4)

  • Champion paralympique
  • Champion du monde
  • Champion d’Europe
Cette fois, il tient enfin son année parfaite ! Triple champion du monde et d’Europe en titre, Alexis Hanquinquant visait avant tout le titre paralympique en 2021, cinq ans après avoir raté les Jeux de Rio de justesse. Et le Français ne s’est pas raté, explosant complètement la concurrence pour s’imposer avec près de 4 minutes d’avance sur le Japonais Uda. Un récital qui a offert à l’équipe de France le plus titre de son histoire en triathlon (IL MANQUE UN TRUC), toutes olympiades confondues (JO et paralympiques), et le seul titre qui manquait au palmarès du Tricolore de 35 ans.
Un palmarès qui s’est fortement garni encore en fin de saison car, chose rare en sport, les Mondiaux et les Jeux avaient lieu la même année que les championnats d’Europe, offrant une rare mais ô combien prestigieuse possibilité de signer un triplé complètement fou. Et Alexis Hanquinquant ne l’a pas laissé passer. Après avoir décroché son 5e titre de champion de France quelques jours plus tôt, le Tricolore a glané le titre européen le 25 septembre avant s’offrir l’or mondial le 5 novembre. Trois titres en trois mois pour une triple couronne historique.

Alexis Hanquinquant sacré en para triathlon aux Jeux Paralympiques de Tokyo.

Crédit: Getty Images

3e : FABIEN LAMIRAULT (41 ans, paratennis de table en classe 2/classe 1-2)

  • Champion paralympique de simple
  • Champion paralympique de double
  • 5e joueur de l’histoire paralympique à réussir le doublé sur deux Olympiades consécutives
"Je veux écrire l’histoire de ma discipline et laisser une trace", disait Fabien Lamirault dans la partie interview, pour le découvrir, sur bleushandisport.com. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le Français sait comme s’y prendre. Double champion paralympique à Rio, en simple et en double, le Tricolore de 41 ans a remis ça à Tokyo. Sans perdre le moindre match, excusez du peu ! Et, comme pour parachever une compétition parfaite, Fabien Lamirault s’est offert l’or en simple au terme d’une finale grandiose, remportée en cinq manches (11-6, 12-14, 11-5, 7-11, 11-9). L’un des meilleurs matchs du tournoi.
Vainqueur plus facile du tournoi par équipes (deux matchs seulement pour être sacré), le Français conserve donc ses deux titres acquis à Rio en 2016 et devient à l’occasion le 5e joueur seulement de l’histoire à réussir le doublé lors de deux Jeux paralympiques consécutifs, après le Suisse Hans Rosenast, l’Israélien Baruch Hagai, l’Allemand Thomas Kreidel et le Chinois Panfeng Feng. Ce dernier l’a même réussi à trois reprises. L’imiter en 2024, en France, serait une sacrée belle manière de définitivement se faire sa place au sommet.

Le Français Fabien Lamirault, lors des Jeux Paralympiques de Tokyo 2020

Crédit: Getty Images

4e : STEPHANE HOUDET ET NICOLAS PEIFER (51 ans et 31 ans, tennis en fauteuil en catégorie Open)

  • Champions paralympiques de double pour la deuxième fois de suite
  • Premier duo de l'histoire à conserver son titre chez les messieurs
  • Finalistes de l’Open d’Australie, de Roland-Garros et du Masters
Ils y pensaient depuis cinq ans. Associés depuis 2016, Stéphane Houdet et Nicolas Peifer rêvaient de conserver leur couronne en double, un exploit que personne n’avait encore jamais réussi dans l’histoire du tournoi paralympique masculins. Et ils l’ont fait, au terme d’une finale exceptionnelle, arrachée au terme d’une balle de match validée par le Hawk-Eye (7-6, 0-6, 7-6). Les deux Français, invaincus dans le tournoi, ont fini par venir à bout de la paire Alfie Hewett/Gordon Reid, une performance peut-être encore plus folle vu le reste de l’année 2021. Car les deux Britanniques ont tout écrasé sur leur passage cette saison, réalisant le Grand Chelem en double, auquel il faut ajouter leur succès en Masters. Surtout, ils avaient largement dominé la paire tricolore.
Toute l’année, les Français se sont inclinés face aux Britanniques, se montrant incapable de leur prendre un set que ce soit en finale de l’Open d’Australie (7-5, 7-6), de Roland-Garros (6-3, 6-0) ou du Masters (6-4, 6-1). Mais les Jeux sont à part. Cette finale n’était pas un match comme les autres. Les Français ne pouvaient pas la perdre. Même face à Alfie Hewett et Gordon Reid. A 51 ans, et en quête d'un fauteuil toujours plus performant, Stéphane Houdet rentre lui un peu plus dans l’histoire du tennis fauteuil en devenant le quatrième athlète triple champion paralympique de double, après la Néerlandaise Esther Vergeer (2000, 2004 et 2012) en Open et la paire américaine Nicholas Taylor/David Wagner (2004, 2008 et 2012) en Quads. De quoi viser en 2024, toujours avec Nicolas Peifer, de devenir le premier à réussir la passe de quatre.

Les Français Nicolas Peifer (à gauche) et Stéphane Houdet (à droite) célèbrent leur titre en double aux Jeux Paralympiques de Tokyo 2020

Crédit: Getty Images

5e : CHARLES-ANTOINE KOUAKOU (23 ans, para-athlétisme en catégorie T20)

  • Champion paralympique du 400m T20
  • Est devenu le premier champion paralympique issu de la Fédération française du sport adapté
  • A battu le record du monde du 200m (en juin)
Le monde du paralympisme français est des plus compliqués, avec plusieurs sports gérés par la fédération du sport en question (comme la FFT pour le tennis-fauteuil) mais aussi la Fédération française handisport – à qui appartenait tous les médaillés paralympiques français jusqu’en 2008 – et la Fédération française du sport adapté. Cette dernière, en gestion des athlètes souffrant d’une déficience psychique ou mentale, n’avait encore jamais ramené la moindre médaille d’or. Il faut dire qu’il n’y avait guère que 19 épreuves pour ces athlètes sur les 539 au programme des Jeux à Tokyo. Mais la disette a pris fin grâce à Charles-Antoine Kouakou.
Le Français – jardinier au quotidien – avait de belles références au moment d’aborder ces Jeux, notamment sur 200m où il avait été champion du monde en 2017 avant d’en battre le record du monde (21’’89) cette saison. Mais le 200m n’étant pas au programme des Jeux dans sa catégorie, il s’est alors tourné vers le 400m, où sa 2e place aux championnats d’Europe en juin pouvait laisser espérer de grandes choses. Restait à confirmer le jour J et il l’a fait, brillamment. Après un départ timide, Charles-Antoine Kouakou a réalisé une dernière ligne droite tonitruante pour rentrer dans l’histoire avec ce premier titre paralympique pour la Fédération française du sport adapté, record d’Europe à la clé (et un record personnel battu d’une seconde). Qu’est-ce que ça aurait été si le 200m avait été au programme…

6e : FLORIAN JOUANNY (29 ans, cyclisme à main en catégorie H2)

  • Champion paralympique
  • Médaille d’argent et de bronze aux Jeux
  • 2 médailles aux championnats du monde
Relativement jeune en handbike (il s’est mis à la discipline en 2017), Florian Jouanny a clairement passé un cap en 2021 et fait partie, à 29 ans, des cadors de sa catégorie. D’abord à l’occasion des championnats du monde sur route de Cascais, au Portugal. Certes à chaque fois très loin (plus de 2 minutes) du double champion italien Luca Mazzone, le Français ramène deux médailles de bronze, ses toutes premières sur une compétition internationale. Mais le meilleur reste à venir. Deux mois plus tard, pour ses premiers Jeux Paralympiques, l’Isérois glane une médaille d’or, une d’argent et une de bronze, un triplé que seul Alexandre Leauté a également réussi côté Français.
Tout avait pourtant commencé comme aux Mondiaux, avec une 3e place sur le chrono. Une première médaille qui a complètement libéré Florian Jouanny, auteur le lendemain d’un récital sur la course en ligne, en partant seul à plus de 50 kilomètres de l’arrivée. Un exploit monumental, surtout dans une discipline archi-dominée depuis deux ans par Luca Mazzone et l’Espagnol Sergio Garrote Muñoz (3e et 2e), habitués à reléguer la concurrence loin derrière. Devenu le premier Tricolore sacré en handbike aux Jeux, Florian Jouanny complètera sa collection en prenant la médaille d’argent du relais mixte. Trois jours, trois médailles pour un changement de statut.

Le Français Florian Jouanny, médaillé de bronze du contre-la-montre aux Jeux Paralympiques de Tokyo 2020

Crédit: Getty Images

7e : LUCAS MAZUR (24 ans, para-badminton en catégorie SL4/SL3-SU5)

  • Champion paralympique en simple
  • Médaille d’argent sur le double mixte
C’est l’histoire d’un champion arrivé au bon endroit, au bon moment. Lorsqu’il débute le badminton en 2009, à 12 ans, il est encore loin de se douter que cela le mènera aux Jeux. Et pour cause, la discipline n’est pas paralympique. Mais tout change en novembre 2015, lorsque le badminton intègre le programme de Tokyo 2020. Un an pile après son premier titre international, aux championnats d’Europe de Murcie. Depuis, Lucas Mazur règne sur sa catégorie avec deux titres mondiaux (2017, 2019) et cinq autres titres européens, en simple et double (3 en 2016, 2 en 2018). Mais un titre paralympique, le premier décerné de l’histoire, c’est encore autre chose.
Arrivé avec le statut de tête de série n°1, le Français aura souffert dans le dernier carré, perdant toujours une manche et étant même mené un set à zéro en finale. Mais, à chaque fois, le Tricolore a fait preuve de calme et de sérénité pour se parer d’un or historique. Le titre en poche, le Salbrisien rêvait de devenir l’un des rares athlètes (avec Qu Zimo et Sarina Satomi) à gagner en simple et en double, d’autant que lui et sa partenaire, Faustine Noël, n’en étaient pas à leur premier coup d’essai (sacre européen en 2016 et 2018). Mais les Français n’ont rien pu faire en finale, malgré une belle lutte (23-21, 21-17). Qu’importe, l’année 2021 de Lucas Mazur reste un modèle du genre. Une année brillante que le décalage des Mondiaux, prévus en octobre à Tokyo mais repoussés en raison du Covid-19, a sans doute priver d’une entrée encore plus fracassante dans l’histoire. Vu le talent du Tricolore, ce n’est que partie remise.

8e UGO DIDIER (20 ans, para-natation en catégorie S9)

  • 2 médailles (d’argent et de bronze) aux Jeux paralympiques
  • Double champion d’Europe
  • 2 médailles aux championnats d’Europe
C’est la pépite de la natation paralympique. Avec Alex Portal, il est le fleuron de la nouvelle génération tricolore censée porter tout en haut les couleurs de la France aux Jeux de Paris 2024. Mais Ugo Didier n’avait clairement pas l’intention d’attendre trois années supplémentaires pour briller aux Jeux et y décrocher l’or paralympique. Surtout lorsque l’on a déjà été champion du monde (100m dos en 2017) et que l’on aborde l’évènement après des championnats d’Europe brillants. Titré sur 200m 4 nages et 400m nage libre, il avait également ramené de Funchal l’argent sur 100m nage libre et sur 100m dos. Un 100m dos sur lequel il rêvait de sacre à Tokyo.
Pourtant, Ugo Didier repartira du Japon sans or paralympique. En 100m dos comme ailleurs. Tout avait bien commencé avec une médaille d’argent sur 400m nage libre mais, cinq jours plus tard, il coince en finale du 100m dos. Pourtant à moins de six dixièmes de l’or, il manque le podium pour quatre centièmes et doit se contenter d’une décevante 4e place. Mais, revanchard, il décroche deux jours plus tard une belle médaille de bronze sur 200m 4 nages. Preuve que la forme était là. Avec deux médailles pour ses premiers Jeux, et deux titres aux Europes, difficile pour Ugo Didier d’être déçu de son année 2021. Mais l’absence d’or paralympique lui laissera sans doute un léger goût amer.

Le Français Ugo Didier, médaille de bronze du 200m 4 nages des Jeux Paralympiques de Tokyo 2020

Crédit: Getty Images

9e : LOÏC VERGNAUD (42 ans, cyclisme à main en catégorie H5)

  • 3 médailles d’argent aux Jeux paralympiques
  • 2 médailles d’argent aux championnats d’Europe
Le "Poulidor" du handbike, c’est bien lui. Bien sûr, à l’image de "Poupou", Loïc Vergnaud a gagné en 2021, notamment la première édition du "Tour des Flandres" handbike ou le contre-la-montre d’Ostende, comptant pour la Coupe du monde. Mais, cette saison, le Français de 42 ans aura été abonné à la 2e place lors des grands rendez-vous, que ce soit aux championnats du monde ou aux Jeux paralympiques. A Cascais, au Portugal, il est passé tout près d’un énorme doublé, devancé de 22’’ sur le chrono avant d’être battu au sprint sur la course en ligne. Un scénario qui se sera répété aux Jeux, de manière encore bien plus cruelle.
Passe encore la médaille d’argent sur le chrono. A plus d’une minute de Mitch Valize, il n’y avait pas de regrets à avoir. Mais le Français risque de se souvenir longtemps de la course en ligne. A l’attaque dans le final, parti seul vers le titre dans le dernier kilomètre, le Tricolore semblait avoir course gagnée à 500m de la ligne, avec près de 100m d’avance sur Valize. Mais Loïc Vergnaud s’est peu à peu écroulé face au retour du Néerlandais qui est venu griller la politesse au Français sur la ligne, au terme d’un finish à couper le souffle et cruel au possible. Et, comme si ça ne suffisait pas, il s’offrira une nouvelle médaille d’argent avec le relais mixte. Histoire de compléter une année 2021 brillante mais terriblement frustrante pour le Roannais.

Loïc Vergnaud paré d'argent en contre-la-montre individuel H5 à Tokoyo

Crédit: Getty Images

10e : NELIA BARBOSA (23 ans, paracanoé en catégorie KL3 200)

  • Médaille argent aux Jeux paralympiques
  • Médaille de bronze aux Mondiaux
  • Médaille d’argent aux championnats d’Europe
Avec Alexis Hanquinquant, elle fait partie des rares Français à avoir conquis le podium des trois épreuves internationales la même année. Mais, contrairement à son compatriote, Nélia Barbosa n’est jamais monté sur la plus haute marche. Et si elle est passée tout proche du titre aux championnats d’Europe en juin, battue de sept centièmes seulement, la Française n’a aucun regret à avoir en revanche pour ses autres médailles. Bien au contraire. La native de Lisbonne, qui évolue au sein du Red Star Club Champigny, a sorti le grand jeu quand il le fallait pour s’offrir une année 2021 des plus fastes. A l’image des Mondiaux.
A Copenhague, en septembre, elle réussit un temps canon de 48’’78 pour se mêler un temps à la lutte pour le titre, avant de céder et de prendre malgré tout une belle 3e place. Un tel chrono à Tokyo, dans des conditions certes bien différentes et bien plus compliquées, lui aurait offert l’or paralympique mais il n’y avait rien eu à faire face à la grande dame de 2021 (Mondiaux +Jeux) en paracanoé, la Britannique Laura Sugar. Battue de deux secondes, Nélia Barbosa s’est vite concentrée sur la lutte pour le podium et elle n’a jamais tremblé pour s’offrir la médaille d’argent. Trois rendez-vous, trois médailles pour la Française de 23 ans qui rêve, déjà, des Jeux de 2024. Après tout, naviguer en région parisienne, ça la connait.
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