1er : MAKSYM KRYPAK (Ukraine, para-natation en catégorie S10)

  • 5 titres, 1 médaille d’argent et 1 médaille de bronze aux Jeux Paralympiques
  • 6 titres et 1 médaille d’argent aux championnats d’Europe
  • Trois records du monde battus lors des Jeux Paralympiques, dont deux en finales
Ce fan de Michael Phelps est à sa catégorie ce que l’Américain a longtemps été à la sienne : un monstre pratiquement invincible dans le bassin. Si Maksym Krypak a fait légèrement moins bien qu’à Rio en 2016 (5 titres mais 8 médailles en tout), le nageur de Kharkov, né avec des troubles musculo–squelettiques, s’est montré quasi impérial en triomphant sur le 100m et 400m nage libre, le 100m dos, le 100m papillon et le 200m 4 nages.
Handisport
De Cascais à Tokyo, Leauté a brillé de mille feux : notre top 10 français des athlètes paralympiques
03/01/2022 À 07:42
Cinq titres acquis avec la manière, en battant les records du monde du 100m nage libre, du 100m dos et du 100 papillon, excusez du peu ! De quoi en faire l’athlète le plus titré et médaillé de ces Jeux Paralympiques mais aussi de l’histoire de l’Ukraine aux Jeux. Rajoutez-y sa razzia aux championnats d’Europe et vous obtiendrez des accomplissements qui ont poussé le Président ukrainien Volodymyr Zelensky à récompenser Maksym Krypak du titre de "Héros de l’Ukraine", la plus haute distinction du pays, en septembre.

La joie de Maksym Krypak (Ukraine), lors des Jeux paralympiques de Tokyo 2020

Crédit: Getty Images

2e : IHAR BOKI (Biélorussie, para-natation en catégorie S13)

  • 5 titres aux Jeux Paralympiques
  • 6 titres et une médaille d’argent aux championnats d’Europe
  • 3 records du monde battus en 2021
Une telle saison aurait largement suffi bien souvent à Ihar Boki pour être sacré athlète handisport de l’année. Pas moins de onze titres glanés en 2021 et trois nouveaux records du monde battus, dont deux à Tokyo, qui permettent au Biélorusse de détenir désormais tous les records du monde des disciplines dans lesquelles il court, un exploit peu commun dont même Krypak ne peut se targuer.
Reste que Boki est revenu du Japon avec un titre (en 100m nage libre) et une médaille de bronze (100m brasse) de moins qu’à Rio il y a cinq ans, ne prenant par exemple qu’une décevante 5e place sur le 100m brasse. Une (petite) déception qui empêche ainsi le Biélorusse, qui compte désormais 16 titres paralympiques avec une régularité hors norme (5 titres à Londres, 6 à Rio, 5 à Tokyo), de rivaliser avec le nageur ukrainien mais ne gâche en rien une année par ailleurs exceptionnelle.

Ihar Boki (Biélorussie), champion paralympique du 200m 4 nages aux Jeux de Tokyo 2020

Crédit: Getty Images

3e : MARCEL HUG (Suisse, athlétisme en fauteuil roulant en catégorie T54)

  • 4 titres paralympiques
  • Victorieux de 4 des 5 grands marathons
  • 3 titres aux championnats d’Europe
Ce n’est plus "Silver Bullet" qu’il faut appeler Marcel Hug mais bien "Gold Bullet". Après les deux bronzes à Athènes en 2004, ses deux argents à Londres en 2012 et ses deux titres (+ 2 médailles d’argent) de Rio en 2016, le Suisse s’est sublimé à Tokyo en glanant quatre titres, un record en athlétisme sur cette édition. Et il y a ajouté la manière puisqu’il s’est imposé à l’arraché sur chacune des courses, malgré un record du monde sur le 1500m.
Mais Marcel Hug est passé à côté de quelque chose d’encore peut-être plus grand en 2021 en gagnant 4 des 5 (NDLR : Tokyo n’a pas été ouvert aux étrangers en 2021) épreuves du Grand Chelem des marathons (New-York, Boston, Berlin et Londres). Il lui y aura manqué 1’’ seulement à Chicago pour réaliser cet exploit qu’il est le seul para-athlète masculin à déjà avoir réussi depuis la création des World Marathon Majors et qui lui aurait peut-être valu la première place.
Et, comme si cela ne suffisait pas, le Suisse a aussi brisé un record vieux de 22 ans à l’occasion du marathon d’Oita, rendez-vous majeur des athlètes en fauteuil, en explosant la précédente marque de plus de deux minutes. Oh, et il a aussi glané trois titres aux championnats d’Europe (800m, 1500m et 5000m) … Une vraie balle. Et elle vaut de l’or.

Marcel Hug s'offre le marathon de New-York pour la 4e fois : son arrivée victorieuse en vidéo

4e : SARAH STOREY (Grande-Bretagne, para-cyclisme en catégorie S5/SM5)

  • 3 titres paralympiques
  • 2 titres aux Mondiaux sur route
  • Est devenue la Britannique la plus titrée des Olympiades
Un titre paralympique reste toujours un moment à part dans une carrière mais celui de la course en ligne des Jeux de Tokyo, acquis le 2 septembre, restera à jamais gravé dans la mémoire de Sarah Storey. Ce jour-là, dix-neuf ans après ses deux premiers titres acquis à Barcelone en … natation (!), elle décroche la 17e médaille d’or de sa carrière aux Paralympiques, devenant l’athlète britannique, hommes et femmes confondus, le plus titré de l’histoire des Olympiades.
La cerise sur le gâteau d’une année parfaite pour celle qui a été nommée Dame commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique après les Jeux de Londres en 2012. Déjà auteur du doublé course en ligne-chrono sur les Mondiaux de Cascais en juin, la Britannique de 44 ans a remis ça aux Jeux paralympiques, en y ajoutant également le titre sur la poursuite individuelle qu’elle a écrasée, rattrapant même son adversaire en finale. Trois titres paralympiques acquis devant sa compatriote Crystal Lane-Wright. Mais en Grande-Bretagne comme ailleurs, encore plus dans cette catégorie, la reine s’appelle Dame Sarah Storey.

Sarah Storey, lors des Jeux Paralympiques de Tokyo 2020

Crédit: Getty Images

5e : LU DONG (Chine, para-natation en catégorie S5/SM5)

  • 4 titres paralympiques
  • Trois records du monde battus
  • Première nageuse de sa catégorie sous les 40’’ en 50m papillon
Après des Jeux de Rio ratés (médaillée d’argent sur 100m dos), Lu Dong abordait ces Paralympiques 2020 revancharde et dans une autre catégorie (passée de S6 à S5). Et la "sirène sans bras" (elle a perdu ses deux bras dans un accident de la route quand elle avait 6 ans) n’a pas raté son rendez-vous avec l’histoire : 50m dos, 50m papillon, 200m 4 nages et relais mixte, la Chinoise a fait le plein de médailles d’or, malgré une décevante 6e place sur le 100m nage libre.
Des titres acquis avec la manière puisque Lu Dong aura également battu trois records du monde à l’occasion de ces Jeux paralympiques, celui du relais, celui du 50m dos, vieux de 11 ans, mais surtout celui du 50m papillon. En établissant une nouvelle marque de référence en 39’’54, elle devient à cette occasion la première nageuse de l’histoire de sa catégorie à descendre sous la barre des 40’’. Et dire qu’elle doit s’accrocher avec les dents à une serviette pour le départ et qu’elle concourt contre des athlètes possédant leurs deux bras…

Lu Dong (Chine) au départ du 200m 4 nages lors des Jeux paralympiques de Tokyo 2020

Crédit: Getty Images

6e : NICK MAYHUGH (Etats-Unis, para-athlétisme en catégorie T37)

  • Trois titres paralympiques et une médaille d’argent
  • Trois records du monde
  • Est devenu le premier athlète de sa catégorie sous les 11’’ sur 100m et sous 22’’ sur 200m
Les destins tiennent à si peu de choses parfois… Membre de l’équipe américaine de football à 7 lors des Jeux paralympiques de Rio 2016, Nick Mayhugh ne se serait peut-être jamais mis à l’athlétisme si le football à 7 avait été au programme des Jeux de Tokyo. Et un champion n’aurait jamais vu le jour. Car l’Américain a ébloui de sa classe et son talent sa catégorie en s’offrant un triplé 100m-200m-relais 4x100m mixte retentissant, marqué à chaque fois par un nouveau record du monde.
S’il n’a pu rivaliser avec Andrey Vdovin sur le 400m (2e malgré tout), il a terrassé avec la manière le Russe sur les épreuves de sprint, où ce dernier était pourtant triple champion du monde. Premier athlète T37 sous les 11’’ sur 100m (10’’95 en finale), premier athlète T37 sous les 22’’ sur 200m (21’’91 en finale), Nick Mayhugh a fait une entrée fracassante dans le monde du para-athlétisme et a déjà marqué l’histoire, deux ans seulement après avoir commencé la discipline. Et dire qu’il n’aurait pu ne jamais s’y mettre…

Nick Mayhugh (Etats-Unis) célèbre après son titre paralympique aux Jeux de Tokyo 2020

Crédit: Getty Images

7e : JESSICA LONG (Etats-Unis, para-natation en catégorie S8/SM8/SB7)

  • Trois titres paralympiques
  • Deux médailles d’argent et une de bronze
  • Une pub Toyota sur sa vie diffusée pendant le SuperBowl
On peut être multiple championne paralympique, avoir glané 50 médailles aux Mondiaux et considérer une simple participation à une pub comme l’un des moments les plus importants de sa carrière. En février dernier, en plein Super Bowl, un événement vu par 96,4 millions de téléspectateurs, Toyota a dévoilé une publicité originale pour mettre en avant son engagement envers l’équipe américaine paralympique. Une pub qui retrace la vie de Jessica Long - elle n’est pas sans rappeler celle de sa compatriote Tatyana McFadden - et qui donne un coup de projecteur aussi rare que touchant sur le sport paralympique, trop peu exposé et médiatisé. Alors le faire dans un événement aussi mondialement regardé que le Super Bowl…
Mais ce n’est pas un hasard si la firme japonaise a choisi la nageuse américaine, qui est l’une des stars de l’handisport et qui l’a de nouveau prouvé à Tokyo. Cinq ans après des Jeux de Rio ratés, l’Américaine a brigué trois nouveaux titres paralympiques (200m 4 nages, 100m papillon et relais 4x100m 4 nages) et trois nouvelles médailles (argent sur le 100m brasse et le 400m nage libre, bronze sur le 100m dos). Histoire d’écrire encore un peu plus sa légende et, pourquoi pas, inspirer d’autres moyens de promouvoir le sport paralympique.

8e : ALEXANDRE LEAUTE (France, para-cyclisme en catégorie C2/C1-C3)

  • 1 titre paralympique + 3 médailles
  • Double champion du monde sur route
  • A battu le record du monde de poursuite
Il n’a beau avoir que 21 ans, Alexandre Leauté fait déjà partie des cadors et des valeurs sûres du para-cyclisme international. Champion du monde sur route et sur piste en titre, le Français abordait 2021 avec énormément d’ambition et on ne peut pas dire qu’il ait déçu. Intouchable à Cascais en juin, le Breton s’est offert le doublé course en ligne/contre-la-montre lors des Mondiaux, devenant seulement le troisième athlète de sa catégorie à réussir pareille performance.
De quoi en faire le grand favori des épreuves paralympiques de Tokyo. Mais le Tricolore n’a pas été en mesure de rivaliser avec Darren Hincks (chrono) et Benjamin Watson (course en ligne), devant se contenter de deux médailles de bronze. Heureusement, Alexandre Leauté avait commencé ses Jeux de la meilleure manière en s’offrant l’or sur la poursuite, en écrasant le record du monde en 3’31’’478.
Il a de nouveau battu un record du monde le lendemain, à l’occasion du kilomètre, mais cela n’a pas suffi, le Chinois Li Zhangyu le privant d’un nouveau doublé en établissant à son tour une nouvelle marque de référence. Si les Jeux du Français auraient pu être encore plus brillants, son année 2021 reste elle exceptionnelle. Surtout pour le plus jeune membre de notre top 10…

Alexandre Leaute, champion paralympique de la poursuite individuelle à Tokyo en 2021

Crédit: Getty Images

9e : SEVDA ALTUNOLUK (Turquie, goalball)

  • Titre paralympique
  • Vice-championne d’Europe
  • Meilleure scorereuse du tournoi paralympique (46 buts)
Il est assez peu probable que la Turquie aurait pu conserver son titre paralympique - ou même décrocher le premier, à Rio - sans l'aînée des soeurs Altunoluk (Sevtap joue également avec l’équipe nationale de goalball). Il faut dire que Sevda est sans conteste l’une des meilleures joueuses du monde depuis une dizaine d’années désormais. Principalement dans le jeu offensif, où elle est tout simplement la meilleure scoreuse de chaque tournoi. Et les Jeux paralympiques de Tokyo n’y ont pas échappé.
Ultra efficace avec pas moins de 46 buts (10 de plus qu’à Rio où elle était déjà meilleure scoreuse) tout au long de l’épreuve, Sevda Altunoluk aura surtout porté la Turquie sur ses épaules en phase finale, en inscrivant 25 des 27 buts de son équipe à partir des quarts de finale. Encore mieux, elle a marqué les 17 derniers buts de la Turquie dans la compétition, avec 8 buts en demi-finale pour éliminer le Japon (8-5) et 9 buts en finale pour terrasser les Etats-Unis (9-2) à elle seule.
La Turque de 27 ans aura à elle seule marqué plus de 6 buts de moyenne alors que la meilleure équipe, les Etats-Unis ne passe même pas la barre des 5 ! C’est dire la performance exceptionnelle réalisée par Sevda Altunoluk, même si elle n’est pas parvenue à guider la Turquie vers le titre européen à domicile, en européen. Il n’aura manqué qu’un but…

10e : SAMUEL ANDREJCIK (Slovaquie, boccia en catégorie BC4)

  • Champion paralympique en individuel
  • Champion paralympique par équipes mixte
Cinq ans plus tard, il tient enfin sa revanche et le doublé dont il était passé si prêt à Rio. Sacré dans l’épreuve par équipes au Brésil en 2016, Samuel Andrejčík avait toutefois été battu en finale de l’épreuve individuelle. A Tokyo, le Slovaque n’a cette fois pas tremblé. A l’exception d’une défaite en poules face à Pornchok Larpyen, qu’il battra en finale, le médaillé d’argent de Rio n’a pas laissé la moindre chance à ses adversaires, écrasés par la précision et l’agilité d’Andrejčík : 8-0, 7-3, 4-1, 5-2, 4-0. La route de son premier titre paralympique individuel aura été une démonstration de son talent.
De quoi bien aider la Slovaquie également à conserver son titre dans l’épreuve par équipes, au terme d’une finale très accrochée (3-2) face à Hong-Kong. Samuel Andrejčík succède ainsi au défunt Brésilien Dirceu Pinto (2008 et 2012) au tableau des athlètes de sa catégorie à avoir réussi le doublé aux Jeux paralympiques. Comme le Brésilien l’était alors, le Slovaque est devenu le nouveau roi de sa catégorie. Comme en atteste son rang de numéro 1 mondial.

Le Slovaque Samuel Andrejcik, champion paralympique de la boccia aux Jeux de Tokyo 2020

Crédit: Getty Images

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