Canada-Suède, c'est finalement l'affiche la plus cohérente de ce tournoi. Un choc entre les deux derniers vainqueurs olympiques depuis 2002. A eux deux, ils ont même remporté quatre des cinq derniers tournois olympiques. Seule l'édition 1998, remportée par les Tchèques à Nagano, leur a échappé. Cette fois encore, ces deux équipes ont su se frayer un chemin jusqu'à la finale. Notamment parce qu'elles ont su se montrer les plus solides dans le secteur défensif. Un atout maître dans cette quinzaine où les rencontres ont le plus souvent été fermées. Sur les quarts et les demies, Canada et Suède n'ont concédé qu'un but chacun. La clé de leurs succès.

Il y a près de deux semaines, à l'arrivée du tenant du titre sur le sol russe, le staff canadien avait annoncé la couleur : la solidité défensive serait la base indispensable d'un éventuel nouveau titre. Les équipes ont peu de temps et de matches pour trouver une alchimie offensive. En défense, la cohésion est plus rapide à mettre en place. "Le peu de préparation que nous avons eue a consisté à définir des schémas pour défendre sur une glace plus grande (NDLR: l'aire de jeu est supérieure au niveau internationale à ce qu'elle est en NHL)", explique Mike Babcock, le coach canadien, qui a fait appel dans cette optique à Ralph Krueger, l'ancien sélectionneur suisse, qu'il a surnommé "Dr Big Ice".

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Price-Lundqvist, duel à distance décisif

Même Sidney Crosby, discret offensivement depuis le début de la compétition, se réjouit de cette intransigeance défensive. "Depuis le premier jour, nous savons que ce serait une partie importante de notre succès ici, note la star des Penguins. Tous les matches sont extrêmement accrochés et le premier pas, c'est de ne pas prendre de but." Les Suédois sont exactement dans le même état d'esprit. Privés de plusieurs joueurs clés en attaque (Zetterberg, un des jumeaux Sedin, Franzen), ils ont posé comme fondation première de leur jeu une imperméabilité défensive.

Les deux équipes peuvent aussi, ce qui ne gâte rien, s'appuyer sur deux gardiens particulièrement performants à Sotchi. Carey Price, le filet de Montréal, a été impressionnant avec un taux d'arrêts supérieur à 96%. Il donne confiance à toute son équipe. En face, Henrik Lundqvist, le portier suédois des New York Rangers, n'est pas le gardien le mieux payé de la NHL pour rien. King Henrik ferme la porte aux rares opportunités que laissent ses cerbères que sont Kronwall, Ericsson, Tallinder ou Edler. Matt Duchene, qui connaît bien le "Tre Kronor" pour avoir notamment évolué dans le championnat suédois, a une jolie formule pour résumer la force défensive adverse: "La Suède est radine. Elle ne vous donne rien et ils ont un des meilleurs gardiens du monde derrière. Je ne serais pas surpris si ça se termine sur un autre 1-0."

Personne ne s'attend en effet à une orgie de buts. Le duel sera physique, tendu, serré. Et plus il est compliqué de marquer, plus les supériorités numériques sont déterminantes. L'équipe qui gérera le mieux ces situations en équipes spéciales aura de bonnes chances de ramener l'or à la maison.

2014 JO Sotchi Suede Kronwall Lundqvist

Crédit: AFP

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