Il a massacré le lave-linge de maman

C'est une des histoires qui ont bâti la légende du jeune Crosby. Quand il était gamin, il s'entrainait souvent… dans le sous-sol de la maison familiale de Cole Harbour, en Nouvelle-Ecosse. Légende partiellement erronée puisque l'on raconte souvent que Crosby s'amusait à tirer en essayant d'envoyer le palet… directement dans une machine à laver le linge. En réalité, ce n'était pas exactement ça: "je n'essayais pas de viser la machine, au contraire. En fait, il y avait un filet juste à côté, et je devais tirer dedans, mais souvent, je le ratais", a rectifié un jour l'intéressé. C'est parce que lors de son passage chez Jay Leno, le célèbre animateur a tenté de le faire tirer dans une machine à laver que les gens ont cru que Crosby s'entrainait de cette façon. Peu importe, en réalité, pour la machine, le résultat était le même: un vrai massacre, comme en atteste cette photo. En 2009, Crosby a tourné une publicité pour Reebok avec le désormais célèbre appareil. On le voit défier son ancien coéquipier à Pittsburgh et grand ami, Max Talbot. Evidemment, Sid gagne à la fin. Au fait, comment sa mère a-t-elle pu continuer à le laisser faire? Eclairage de Crosby : "Parce qu'il marchait toujours, à mon grand étonnement. Je ne sais pas comment c'est possible, parce qu'il y avait des marques partout et il manquait des boutons."

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23/05/2019 À 18:18

Sidney Crosby Lave linge

Crédit: Eurosport

Il a vécu une enfance et une jeunesse pas comme les autres

Dire que Sidney Crosby a été un enfant-star relève de l'euphémisme. Sur les patins à deux ans, buteur à quatre, il a donné sa première interview à sept... Adolescent, Crosby était à la fois adulé et jalousé. Il était si précoce, si fort, si talentueux et si populaire que ses parents ont décidé, quand il a eu 15 ans, de l'expédier au Minnesota devant les tensions trop fortes qu'ils ressentaient autour de leur prodige de fils chez eux, à Cole Harbour. Ils ont aussi fait cela parce que des journalistes et des curieux venaient frapper à leur porte pour interviewer, parler ou seulement voir le jeune Sidney. "Il a parfois été difficile de conserver une vie normale et nous avons dû faire attention car Sidney avait aussi une sœur que nous devions protéger", raconte son père Troy, gardien de but drafté par les Canadiens de Montréal mais qui n'a jamais évolué en NHL. Malgré tout, le jeune Crosby a su garder la tête froide et n'a jamais fondu les plombs. "Il a toujours été beaucoup plus mature que son âge, poursuit son père. On ne l'a pas préparé à soutenir toute cette attention, parce que rien ne prépare à ça, mais on l'a aidé et il a toujours eu beaucoup de recul". Il valait mieux.

Il a une cargaison de surnoms

Pas de grand joueur, pas de grande star sans surnom. Sans surnoms, dans le cas de Crosby. Il les collectionne. En voici quelques-uns :

The next One: En référence à Wayne Gretzky, aka "The Great One". Il le traine depuis ses 15 ans.

Sid the kid: Facile celui-là. En plus, ça rime. Ce fut longtemps son sobriquet le plus usité. Il l'est encore aujourd'hui, même s'il aura 27 ans cette année.

The Creature: Plus récent. Surnom donné dans le vestiaire de Pittsburgh en référence à son… bas du corps. Ses cuisses, monstrueuses, mais pas seulement. Le journaliste James Duthie a même écrit que ses sous-vêtements étaient faits sur mesure et que ses fesses seraient plus imposantes que celles de Jennifer Lopez. Classe.

Daryl: Le moins facile. Il vient de Daryl Sittler, l'ancienne légende des Maple Leafs. Le 7 février 1976, Sittler a claqué six buts et quatre passes dans un match de NHL. 10 points, un record qui tient toujours. Lorsque, un quart de siècle plus tard, Crosby a inscrit huit points dans un même match en juniors, ses coéquipiers l'ont surnommé "Daryl". Certains continuent de l'appeler comme ça, surtout quand il sort un match de titan.

Il a une réputation de pleureuse

Le talent de Sid Crosby fait l'unanimité. Aucun doute là-dessus. Mais il s'est assez rapidement attiré des critiques pour sa propension à se plaindre auprès des arbitres. A pleurnicher, disent ses détracteurs. On lui reproche aussi d'avoir la chute facile sur la glace pour obtenir des pénalités. Pleureuse, danseuse, chouineuse, simulatrice, la Crosby? Tout cela lui a valu un autre surnom, moins enviable: Cry Baby. Et même avec les années, il a du mal à s'en défaire. L'an dernier, pendant les playoffs, Pittsburgh a été éliminé par Boston. Après le deuxième match, le pilote (sans doute un supporter des Bruins) d'un avion effectuant le trajet Boston-Pittsburgh a eu ce trait d'humour alors qu'un bébé hurlait tout ce qu'il pouvait. "Est-ce Sidney Crosby qui pleure au fond?" Des journalistes présents dans l'appareil après avoir couvert le match ont largement relayé ce gag et l'affaire avait fait un joli buzz. Dur de se débarrasser d'une réputation, surtout quand elle n'est pas flatteuse…

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Pourquoi il porte le numéro 87

Sidney Crosby est né le 7 août 1987. Quand ils écrivent leur date de naissance, les Nord-Américains mettent d'abord le mois, puis le jour. Crosby est donc né le 8/7/87. Très attaché aux coïncidences et à toute forme de superstition, le futur crack y a vu un signe et a choisi ce numéro. Crosby est si attaché à ces deux chiffres que lorsqu'il a signé son premier gros contrat après la fin de son contrat de rookie, il a insisté pour toucher 8,7 millions de dollars par an. Pas 8,5 ou 8,6. Non, 8,7. L'adresse de son site officiel sur internet est crosby87.com. Superstitieux, le Sid? Vous n'imaginez même pas à quel point.

2014 NHL Pittsburgh Crosby

Crédit: AFP

Il n'est pas superstitieux, il est "hyperstitieux"

Parmi les grandes stars du sport mondial, Sidney Crosby est très probablement la plus superstitieuse. C'est même devenu un sujet de rigolade à Pittsburgh, tant les petites manies et habitudes du numéro 87 sont récurrentes et parfois délirantes. Interrogé un jour par un journaliste sur quelques-unes de ses habitudes, il avait répondu en souriant: "on a combien de temps, là?" Dans la série The Office, Michael Scott, le personnage joué par Steve Carell, se défend d'être superstitieux. "Je ne suis pas superstitieux, juste un petit peu stitieux", dit-il. Crosby, lui, est vraiment très, très stitieux. "Hyperstitieux", même. Son coéquipier chez les Pens, Brandon Sutter, raconte qu'il passe toujours près de la même poubelle dans le vestiaire avant d'en sortir pour rejoindre la glace. Lors de l'échauffement avant un match, lorsque l'horloge indique les cinq dernières minutes, Crosby se dirige systématiquement vers le centre de la glace et refait ses lacets, en commençant toujours par le patin droit. Vous pourrez vérifier.

A table, il voulait toujours avoir Maxime Talbot à sa gauche et Pascal Dupuis à sa droite quand ses deux compatriotes jouaient à Pittsburgh avec lui. Il n'appelle jamais sa mère les jours de match car un jour, chez les juniors, il s'est blessé après l'avoir appelé juste avant la rencontre. Le plus invraisemblable peut-être pour finir: quand il voyage en bus avec Pittsburgh, il lève les jambes et touche la vitre avec ses pieds chaque fois que le bus franchit un passage à niveau… C'est grave? Non. Wayne Gretzky était pire. Quand il débutait l'entrainement, il fallait toujours qu'il tire au même endroit, sur le côté droit du filet. Et, avant chaque match, il enquillait un coca light, un verre d'eau froide, un Gatorade puis un second coca light. Toujours dans cet ordre… En matière de superstition aussi, pas de doute, Crosby est bien le "Next One".

Il a habité chez Mario Lemieux

Quand Pittsburgh a drafté Sidney Crosby en première position en 2005, Mario Lemieux était déjà le propriétaire des Penguins et il en était encore un des joueurs. LE joueur, plutôt. C'est donc tout naturellement que Super Mario, 39 ans à l'époque, a pris sous son aile le jeune prodige. Lemieux est devenu son coéquipier, son boss, son mentor et même son hôte. Afin de faciliter l'adaptation du petit Sid aux aléas du monde pro, la légende québécoise avait en effet proposé à Crosby de venir habiter à son domicile, le temps qu'il s'adapte et trouve un logement qui lui convienne. Ces deux-là se sont vite compris et la présence de Lemieux a probablement été déterminante dans la réussite de Crosby. "Il n'y a pas une question à laquelle il n'avait pas de réponse et j'ai vite compris qu'il avait vécu tout ce que par quoi j'étais en train de passer", a confié un jour Sidney à propos de sa relation avec Lemieux à l'époque où il a débarqué en NHL. Lemieux était assez vieux pour être le père de Crosby mais de leur aveu commun, leur relation ressemble plus à celle entre deux grands frères.

2005 NHL Draft Pittsburgh Crosby Lemieux

Crédit: AFP

Il détient presque tous les records de précocité en NHL

Numéro un de la draft à 18 ans en 2005, Sidney Crosby est vite devenu incontournable. Phénomène de précocité dans les catégories de jeunes (il a été le plus jeune joueur à jouer en équipe du Canada juniors à 15 ans), il a établi bon nombre de records en la matière en NHL. Il a été le plus jeune joueur à dépasser la barre des 100 points en une saison (dès son année de rookie), le plus jeune à atteindre les 200 points en carrière, le plus jeune vainqueur du trophée Art Ross (meilleur scoreur de la Ligue), le plus jeune capitaine de l'histoire de la NHL (à 19 ans et 197 jours, soit 27 jours de moins que Vincent Lecavalier), le plus jeune capitaine à remporter la Coupe Stanley, etc. Aujourd'hui, alors qu'il approche tranquillement de son 10e anniversaire professionnel, on oublie que Crosby n'a pas encore 27 ans.

Sidney Crosby fehlt Pittsburgh noch wochenlang

Crédit: SID

Il a marqué plus de 300 buts mais un compte plus que tous les autres

Sans être une machine à scorer (Crosby est davantage un scoreur qu'un buteur) à la Ovechkin, Sidney Crosby a tout de même inscrit plus de 300 buts depuis le début de sa carrière professionnelle, que ce soit avec Pittsburgh ou en sélection. Mais un écrase tous les autres par son importance, sa portée historique. Crosby restera celui qui a inscrit le but du titre olympique pour le Canada, à domicile, en 2010 à Vancouver. Ce but lors de la prolongation à la 68e minute de la finale face aux Etats-Unis a définitivement fait de lui un héros canadien. C'est une chose d'être un phénomène, une star médiatique, un multi-millionaire. Mais Crosby est devenu à jamais un "winner". "Avant la prolongation, dans le vestiaire, on se disait que quelqu'un allait devenir un héros. Ce n'est pas un hasard que ce soit Sid", avait estimé son coéquipier Jonathan Toews. Un but qui pèse tant que Steve Yzerman, autre ancienne gloire canadienne, avait jugé après la finale que, désormais, Crosby "méritait d'être classé dans la même catégorie qu'un Gretzky parce que, comme lui, il était destiné à devenir un héros. Il y a des gens comme ça". Lorsqu'il est revenu à Cole Harbour après le titre pour défiler, 70.000 personnes étaient là. Il y a 25.000 habitants…

2010 JO Vancouver Finale Canada Crosby

Crédit: AFP

En 2011, il a vécu dans le "brouillard"

Cela reste la période la plus pénible de sa carrière, et de très loin. Vainqueur de la Coupe Stanley en 2009, champion olympique en 2010, auteur d'une série de 25 matches avec au moins un point au début de la saison 2010-2011 (plus longue série depuis près de 20 ans), Crosby est au sommet de son art de et sa réputation lorsque commence l'année 2011. Mais celle-ci va s'avérer bien sombre. Le 1er janvier, lors du Winter Classic face à Washington, il reçoit un premier choc à la tête. Quatre jours plus tard, rebelote avec une charge de Victor Hedman contre Tampa Bay. Après le match, le Canadien commence à ressentir des maux de tête. Il est pris de vertige. Le bilan est sans appel: commotion. Les neuf lettres qui terrorisent en NHL.

Crosby ne rejouera qu'au mois de novembre, mais après quelques matches, ressentant toujours les effets de sa commotion, il choisit de s'arrêter à nouveau. Ce n'est finalement que le 15 mars 2012 qu'il va reprendre le fil de sa carrière après 15 mois de ce qu'il qualifie "un grand brouillard". Crosby avouera avoir touché le fond au mois d'août 2011. Là, quand, assis sur son canapé, il voyait les murs du salon tourner autour de lui huit mois après son premier choc, il s'est demandé si sa carrière n'était pas finie: "Quand vous ne pouvez même pas faire les choses basiques du quotidien, oui, vous vous demandez comment vous pourrez à nouveau être un athlète de haut niveau. Je mentirais si je disais le contraire." Aujourd'hui, tout cela est derrière lui mais à chaque mise en échec, à chaque choc, ce spectre en neuf lettres ressurgit.

2011 NHL Sidney Crosby Commotion

Crédit: Eurosport

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