Viisiblement, l'Eglise cultive de plus en plus des liens avec le monde du sport. "Dans le monde, 80% de la population a un lien avec le sport, entre ceux qui le pratiquent, les familles qui emmènent les enfants ou ceux qui le regardent à la télévision", estime Mgr Emmanuel Gobilliard, évêque auxiliaire de Lyon, le premier évêque à se voir confier une telle mission sportive par l'Etat pontifical. Le sport est un moyen pour l'Église de "rester au contact de ce que vivent les gens", juge ce responsable religieux, l'un des intervenants d'un colloque international sur le sport organisé jeudi et vendredi par le Vatican.
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Le pape François, féru de sport, doit présenter en conclusion une "déclaration" fidèle à "l'esprit de la charte olympique, sur les valeurs de fraternité, de cohésion, d'accueil de la fragilité", notamment à travers l'inclusion sociale et des personnes handicapées, précise Mgr Gobilliard, qui fut le porte-parole du diocèse à Lyon pendant la tempête médiatique du procès Barbarin. L'autre valeur sportive dans laquelle ce représentant d'une Eglise moderne se reconnaît est l'esprit de "communauté": "Jésus a été un formidable entraîneur quand même! D'abord dans l'Evangile, il marche tout le temps. Il est avec une équipe de douze, ils sont tous totalement différents, avec des histoires différentes, et il va en faire une équipe unie jusqu'à la mort".
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Le Pape Françsois entouré des footballeurs Maxi Rodriguez, Ronaldinho et Dani Alves en 2022.

Crédit: Getty Images

L'Athletica Vaticana, l'association sportive fondée en 2019, a co-organisé l'an dernier des championnats d'athlétisme, l'occasion pour Mgr Gobilliard de disputer un 4x400 m "symbolique" dans une équipe composée de deux migrants et un prêtre: "On a fait un temps catastrophique, mais c'est le record national du Vatican, puisque c'était la première course...", sourit l’évêque lyonnais. L'intérêt de l'Eglise pour le sport n'est "pas qu'intellectuel", précise-t-il Le Vatican est actuellement membre de trois fédérations internationales: cyclisme, taekwondo et padel.
Pour la première fois, les Championnats du monde de cyclisme ont ainsi enregistré dimanche un participant de l'Etat pontifical. Le Néerlandais Rien Schuurhuis, 40 ans, a pu courir avec la tunique frappée des armoiries du Vatican, avec les clés de Saint-Pierre, en tant que mari de l'ambassadrice de l'Australie au Saint-Siège.

Rien Schuurhuis lors des derniers Championnats du monde de cyclisme sous les couleurs du Vatican

Crédit: Getty Images

Le Vatican aux Jeux en 2028 ?

Pour créer un comité national olympique, et participer aux JO, il faut au minimum appartenir à cinq fédérations reconnues dans les disciplines olympiques. Avec les prochaines reconnaissances attendues en athlétisme, basket ou escrime, le plus petit pays au monde (moins de 0,5 km2) peut nourrir des espoirs pour 2028 à Los Angeles. "Même s'il faudra faire les minima...", tempère Mgr Gobilliard. "Pour le moment, les Jeux ne sont pas une perspective, plus tard peut-être", confirme à l'AFP Giampaolo Mattei, président de l'Athletica Vaticana.
"Beaucoup de nos athlètes s'entraînent dur, mais c'est pour pousser le fauteuil de personnes handicapées pendant des marathons. Ils renoncent à des performances individuelles, ce qui témoigne du sens de notre association. L'équipe du pape, ça doit d'abord être ça", dit-il, tout en saluant la neuvième place cet été au semi-marathon des Jeux méditerranéens de Sara Carnicelli, 27 ans

Eglises autour du village olympique à Paris

"Concernant les Jeux, on est davantage pour le moment sur une logique symbolique, de montrer que les valeurs de l'olympisme nous intéressent, en particulier dans le domaine de la paix, dans le contexte actuel", reprend Mgr Gobilliard.
Pour Paris-2024, le lien restera donc principalement religieux avec la mise à disposition de "plusieurs églises autour du village olympique pour proposer des temps de prière et d'accueil en différentes langues pour les athlètes", ainsi que la co-gestion du "lieu multiconfessionnel de prières" prévu au village olympique. "Car le sport regarde la totalité de la personne, pas que le corps", rappelle l'évêque, en rappelant notamment la fragilité psychologique exprimée par des stars comme la joueuse de tennis japonaise Naomi Osaka ou la gymnaste américaine Simone Biles.
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