Il vous reste deux ans avant de livrer les principaux ouvrages olympiques, fin 2023, où en êtes-vous?
Nicolas FERRAND : Depuis le début, on n'arrête pas de réfléchir à ce qui pourrait faire que les ouvrages ne soient pas livrés à temps. Dans le planning, on a prévu trois mois de blanc pour pouvoir anticiper, soit une inondation type 1910, soit une canicule majeure qui oblige à arrêter les chantiers pendant près d'un mois, soit une rupture d'approvisionnement, soit une grève type 1995. Ainsi, nous avons prévu que les plus gros chantiers soient finis en septembre 2023 (pour décembre 2023, ndlr). Aujourd'hui, on est dans les délais et dans les coûts.
Les salariés de la Solideo expliquent que le compte à rebours, à la seconde près, est installé sur chaque ordinateur. C'est vous qui avez eu cette idée?
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N.F. : On ne peut pas l'enlever. Au début quand j'ai fait ça, il restait 72 mois. Je faisais rigoler tout le monde! Là à 24 mois, les sourires se crispent (rires). On est bien. On est capable de livrer le 31 décembre 2023, et Paris 2024 commencera à rentrer dans les murs.

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Que pensez-vous des opposants qui, pour certains, ont fait des recours juridiques, comme sur le village des médias ou la piscine d'Aubervilliers?
N.F. : On a toujours dit qu'on était dans un Etat de droit et que toute opposition pouvait s'exprimer. La question de fond posée par les opposants c'est qu'ils remettent en cause pas seulement le projet de la Solideo mais le projet politique. Ils nous disent aussi qu'on fait du "greenwashing". Ce n'est pas vrai. Quand on travaille avec des associations d'environnement, celles-ci disent : "ce que vous faites a dix ans d'avance sur ce qui se fera en France."
Quels sont les chantiers dont on entend moins parler ?
N.F. : Il y a Yves Du Manoir à Colombes. On l'oublie tout le temps ! C'est le site historique de 1924 (où s'est tenu la cérémonie d'ouverture en 1924, ndlr) ! C'est un site de compétition de hockey sur gazon, il faut le sortir. Ce sont 90 millions d'euros d'engagés. Le site (actuel) sera rasé et reconstruit. Nous avons aussi le chantier de la voile à Marseille. Il y a également des projets d'innovations, comme à l'intérieur du village des athlètes pour les gens qui ont des troubles cognitifs et qui n'arrivent plus à lire, nous avons lancé un appel à projet pour développer de la signalétique et du mobilier urbain.
Récemment une délégation de plusieurs syndicats, français et internationaux, s'est insurgée de ne pas pouvoir visiter les chantiers olympiques, que répondez-vous?
N.F. : Je suis tombé de ma chaise, et Bernard Thibault (ex-secrétaire général de la CGT, qui siège au comité d'organisation des JO, ndlr) est aussi tombé de sa chaise. On a mis en place des conditions d'accès des syndicats aux chantiers. J'ai été extrêmement surpris, quand l'IBB (syndicat international des travailleurs du bois et de la construction basé à Genève) nous compare au Qatar, on a quand même pas le même droit social en France. Il y a des représentants syndicaux normaux des entreprises. Dire qu'il n'y a pas de syndicats sur les chantiers, c'est faux.

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Avez-vous des chiffres sur les accidents du travail ?
N.F. : On a des statistiques et nous avons une charte pour faire de la prévention, pour limiter le nombre d'accidents. Dans ceux qui nous sont remontés, nous avons enregistré 5 accidents graves, c'est-à-dire avec plus de 7 jours d'arrêt, et une trentaine d'accidents légers depuis le début des travaux. On est là pour que les ouvrages soient livrés et qu'il y ait le moins d'accidents possibles.
Les chantiers olympiques sont très protégés, avez-vous eu des vols ou des intrusions?
N.F. : Nous n'avons pas eu de vol, de dégradation, ni d'intrusion. Les chantiers sont surprotégés, on a rajouté 4,8 millions d'euros sur la sécurisation du village olympique. On a un point tous les mois avec la préfecture de police.
Propos recueillis par Déborah CLAUDE et Cyril TOUAUX
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