Vous avez évoqué un état d'urgence à trois ans des JO de Paris...
Claude Onesta : Le haut niveau, c'est par nature un état d'urgence permanent. La nature de l'état d'urgence c'est pour nous quelque chose de normal, parce que déjà il reste peu de temps pour concrétiser et que le système est parfois un peu lourd à bouger. Il est hors de question d'en perdre.
Vous avez parlé d'un accompagnement renforcé pour certaines fédérations, cela veut dire quoi concrètement?
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C.O : Si vous avez un enfant qui est très bon à l'école et qui ne nécessite pas un accompagnement spécifique, vous allez le laisser avec plus d'autonomie. Quand son frère y arrive moins bien, vous allez vous en occuper un peu plus.
Êtes-vous inquiet pour l'athlétisme par exemple, qui n'a plus de DTN ni de directeur de la haute performance, et qui n'a ramené qu'une seule médaille de Tokyo?
C.O : Quand ça représente pratiquement 150 médailles potentielles et qu'on n'en a fait qu'une (Kevin Mayer, médaille d'argent, ndlr), si ce n'est pas une inquiétude, je ne sais pas comment vous voulez l'appeler. Il ne s'agit pas d'accuser qui que ce soit dans le moment. Je crois qu'il faut repenser le système et ne pas essayer de trouver une espèce de personnage miraculeux qui règlerait tous les problèmes. C'est un faisceau d'acteurs (...), c'est compliqué. Mais ce n'est pas la seule (fédération, ndlr). Avec la natation, on est sur les mêmes résultats.
L'un de vos axes stratégiques consiste à mieux rémunérer les entraîneurs, à aller les recruter à l'étranger s'il faut...
C.O : L'axe, c'est d'avoir les expertises pour accompagner les athlètes qui cherchent à faire des médailles. Si on est en faiblesse d'expertise chez nous, il faut savoir aller chercher ailleurs. Quand il y a des Français qui sont capables de le faire mais qui aujourd'hui produisent à l'étranger, la priorité c'est de les faire revenir.
Avez-vous trouvé l'objectif fixé par Emmanuel Macron de finir dans le top 5 mondial un peu optimiste?
C.O : Reprenez précisément ce qu'il dit, vous verrez que ce n'est pas de l'optimisme puisqu'il ne parle pas d'un objectif arrêté à 2024. Il parle d'échéance plus lointaine. Il positionne ça dans un projet. Effectivement, tout l'investissement qui est fait aujourd'hui sur la transformation du modèle, on veillera à ce qu'il réussisse du mieux possible pour Paris, mais c'est un investissement pour l'avenir. Le modèle sur lequel on vit aujourd'hui est un modèle qui a 60 ans (...). Ce qui est sûr c'est que ce modèle là doit évoluer.

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L'articulation entre vous et certaines fédérations semble plus sensible...
C.O : On amène plus d'argent, on en distribue plus aux fédérations, on en distribue plus aux athlètes, on en distribue plus bientôt aux entraîneurs. Tout ce qu'on amène comme solution complémentaire, on va le chercher. Et de temps en temps ça nous autorise à parfois poser la question qui des fois dérange. Après, tu peux pas d'un côté vouloir l'argent public et d'un autre côté dire "foutez-nous la paix on en fait ce qu'on veut".
Teddy Riner, le soir de la réception des médaillés de Tokyo à l'Élysée, a dit qu'il aurait fallu investir plus il y a sept ans. Êtes-vous d'accord avec lui?
C.O : Eh bien oui. Quand les contradicteurs sont ceux qui étaient aux manettes à l'époque... J'ai entendu David Douillet expliquer partout que tout ça ne servait à rien, que l'agence faisait n'importe quoi. Il ne faut pas oublier qu'en 2011, c'est lui qui était ministre des sports. Si lui s'y était pris en temps voulu, peut-être qu'aujourd'hui on serait en situation plus favorable pour réussir.
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