Eileen Gu

Pays : Chine
Sport : Ski acrobatique
Médailles : 3
Eileen Gu est entrée dans la troisième dimension. Si la Chine a réussi ses Jeux à domicile avec une troisième place au tableau des médailles (15, le plus faible total du Top 6, mais 9 de ces 15 médailles sont en or), Gu a incontestablement été la grande vedette de sa délégation. Née en Californie d'un père américain et d'une mère chinoise, l'adolescente, tout juste 18 ans, était l'objet de toutes les attentions dans le pays organisateur. Mais en dépit de cette forte pression, elle a tenu bon. Plutôt trois fois qu'une.
Pékin 2022
Des ralentis à gogo pour revivre les plus belles images des Jeux Olympiques de Pékin 2022
25/02/2022 À 15:16
Championne olympique en big air, où elle a soufflé l'or d'un cheveu à la Française Tess Ledeux, Eileen Gu a ensuite conquis l'argent en slopestyle, au mental, avant de survoler le half-pipe, sa discipline de prédilection, malgré une fatigue pas loin de confiner à l'épuisement au bout d'une quinzaine harassante. "Je ne sais pas comment elle fait. Elle est engagée dans trois disciplines et monte à chaque fois sur le podium, a salué sa dauphine, la Canadienne Cassie Sharpe, admiratrice. Elle est extrêmement talentueuse. C'est une machine".

Un run pour entrer dans la légende : Comment Gu a écrasé la finale

Johannes Boe

Pays : Norvège
Sport : Biathlon
Médailles : 5 (4-0-1)
Voilà qui s'appelle répondre présent au rendez-vous que l'on se fixe. Très en retrait cet hiver (7e du classement général, une seule victoire), Johannes Boe avait rapidement tout misé sur les Jeux de Pékin, son grand objectif de la saison. Après une grosse explication en interne, il a rectifié le tir à Noël et sa légère montée en puissance en janvier s'est confirmée magistralement aux J.O. Dès le relais mixte, où il a été décisif, le ton était donné. Et s'il est (un peu) resté dans l'ombre de Quentin Fillon Maillet la première semaine, il a achevé sa quinzaine en trombe lors du relais masculin et de la mass-start.
Il termine avec cinq médailles, comme son rival tricolore et sa compatriote Marte Roiseland, mais il est le seul avec quatre titres, même s'il bénéficie en partie de la puissance collective norvégienne (sur les seules épreuves individuelles, il figure juste derrière Fillon Maillet). Quatre médailles d'or en biathlon, seul un certain Ole Einar Bjoerndalen avait réussi cela jusqu'ici. "Tout le monde sait qui est Ole Einar Björndalen, le roi du biathlon. Avoir mon nom associé au sien est un honneur", a-t-il jugé. Johannes Boe a cimenté sa place dans la légende olympique à l'occasion de ces Jeux.

Johannes Boe s’empare de l’or sur le sprint devant QFM : Revivez son arrivée

Quentin Fillon Maillet

Pays : France
Sport : Biathlon
Médailles : 5 (2-3-0)
Arrivé en Chine fort de son statut de numéro un mondial de la saison, Quentin Fillon Maillet était attendu au tournant. Il a répondu présent. Il a aussi changé de dimension en accomplissant une performance inédite depuis près d'un siècle dans l'histoire du sport olympique français : décrocher cinq médailles lors d'une même édition des J.O. Physique de feu et mental de fer, QFM a porté le biathlon tricolore vers les sommets, surpassant même les accomplissements de Martin Fourcade à Sotchi ou Pyeongchang (il s'était arrêté à trois médailles).
Alors, bien sûr, Fillon Maillet est passé à une petite balle d'écrire une page de légende des Jeux. S'il n'avait pas craqué au dernier debout dans la mass-start, le Jurassien serait devenu le premier athlète avec six médailles sur une quinzaine aux Jeux d'hiver. Cette occasion-là ne se représentera peut-être jamais. Il n'en reste pas moins que celui qui sera probablement sacré vainqueur de la Coupe du monde d'ici quelques semaines a traversé ces Jeux comme dans un rêve. Mais un rêve où tout n'était que maîtrise.

Magistral Quentin Fillon Maillet à Pékin : ses 5 médailles olympiques

Marte Olsbu Roeiseland

Pays : Norvège
Sport : Biathlon
Médailles : 5 (3-0-2)
Elle dominait la Coupe du monde, elle a survolé les Jeux. A l'instar de Johannes Boe et Quentin Fillon Maillet, Marte Olsbu Roeiseland a glané cinq médailles à Pékin. Elle compte certes une médaille d'or de moins que son compatriote (trois contre quatre) mais contrairement aux deux garçons qui ont laminé la concurrence, Roiseland a signé le Grand Chelem dans les épreuves individuelles : or en sprint et poursuite, bronze en individuel et sur la mass-start. Elle qui se disait nerveuse en arrivant en Chine a visiblement bien géré ses Jeux.
Marte Roeiseland peut maudire ce relais féminin, où les Norvégiennes avaient toutes les armes pour monter a minima sur le podium. Mais l'absence d'Ingrid Tandrevold, forfait après son malaise sur la poursuite trois jours plus tôt, et le craquage de Tiril Eckhoff au tir debout (deux tours de pénalité) ont condamné la Norvège. Lorsque Roeiseland s'est élancée, tout espoir de médaille était perdu. Un petit regret, mais qui n'entrave en rien le relief de son exceptionnel bilan.

Roeiseland intouchable sur la poursuite : son arrivée triomphale

Lindsey Jacobellis

Pays : Etats-Unis
Sport : Snowboard
Médailles : 5 (3-1-1)
Lindsey Jacobellis aurait dû être championne olympique de snowboardcross en 2006, à Turin. Elle avait 19 ans. Elle filait vers l'or, avant un dernier grab fatal juste avant l'arrivée. Elle s'était contentée de l'argent. 16 ans plus tard, l'Américaine a réglé son compte avec les J.O. La snowboardeuse du Connecticut a sorti une finale parfaite, menant d'un bout à l'autre du run et résistant à la menace de la Française Chloé Trespeuch. Un juste retour des choses pour Jacobellis, désormais la snowboardeuse la plus âgée avec une médaille d'or olympique autour du cou.
Ou plutôt, deux médailles d'or. Après son triomphe dans l'épreuve individuelle, cette pure rideuse a également conquis le titre dans l'épreuve par équipes mixte en compagnie de Nick Baumgartner, à côté duquel elle fait office de gamine puisque son compatriote est désormais quadragénaire. Le palmarès monstrueux de Jacobellis (cinq fois championne du monde, huit titres aux X Games) vient de voir son dernier vide comblé.

Turin 2006 - Pékin 2022 : De la chute au titre olympique, l'incroyable revanche de Jacobellis

Alexander Bolshunov

Pays : Russie (Comité Olympique Russe)
Sport : Ski de fond
Médailles : 5 (3-1-1)
Cinq épreuves, cinq médailles. Dont trois titres olympiques. Alexander Bolshunov a achevé ses Jeux lors du 50km (réduite à 30km) le dernier week-end comme il les avait entamés à l'occasion du skiathlon : par une victoire et une démonstration de force. Également vainqueur du relais 4x10 km, Bolshunov est le roi de cette quinzaine de Pékin en ski de fond. Pour parfaire sa collection, il a conquis aussi de l'argent dans le 15 km classique et du bronze dans le sprint par équipes en compagnie de Alexander Terentyev.
Mais c'est bien la mass-start qui lui a permis de s'isoler. Jusqu'ici, la star norvégienne Johannes Klaebo affichait exactement le même bilan : deux titres, une médaille d'argent et une de bronze. Mais Klaebo, moins à l'aise que son rival sur les longues distances, a abandonné lors de ce 50km en modèle réduit. Quadruple médaillé à Pyeongchang en 2018, Bolshunov totalise donc désormais neuf podiums olympiques. Mais en Corée, il ne s'était pas paré d'or. A Pékin, le patron, c'était lui, symbole d'un Comité Olympique Russe qui a surplombé la Norvège dans la hiérarchie du ski de fond.

Bolshunov, roi de la longue distance : revivez son arrivée

Suzanne Schulting

Pays : Pays-Bas
Sport : Short-track
Médailles : 4 (3-0-1)
Les Pays-Bas varient (un peu) les plaisirs. Non content de dominer les débats en patinage de vitesse, les Néerlandais se sont montrés également redoutables sur piste courte. En immense partie grâce à une seule athlète. Suzanne Schulting a décroché trois médailles sur les trois épreuves individuelles : l'or sur le 1000m, l'argent sur le 500m et le bronze sur le 1500m. La collection complète. Avec ses partenaires du relais, elle a ajouté une seconde médaille d'or.
Quatre médailles dont deux titres, Suzanne Schulting ne pouvait rêver mieux, même si elle avait mal débuté avec une chute en demi-finales du relais mixte. Elle a largement rattrapé le temps perdu par la suite. C'est cependant tout sauf une surprise, tant la patineuse néerlandaise a dominé son sujet tout au long de l'Olympiade. Depuis les Jeux de Pyeongchang, elle avait cumulé neuf médailles aux Championnats du monde. Elle aura été une des reines de Pékin.

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Irene Schouten

Pays : Pays-Bas
Sport : Patinage de vitesse
Médailles : 4 (3-0-1)
Comme d'habitude, les Pays-Bas ont dominé les épreuves de patinage de vitesse, avec 12 médailles et 6 titres en 14 épreuves, même si le Suédois Niels van der Poel leur a presque volé la vedette chez les hommes. Mais la tête orange qui dépasse de la meute orange, c'est Irene Schouten. Avec son triplé 3000m – 5000m – Mass-start, plus une médaille de bronze dans l'épreuve par équipes, elle ressort de ces Jeux avec le bilan le plus flatteur de tous les patineurs néerlandais, et du patinage de vitesse, ce qui, au fond, revient au même.
Schouten est devenue la quatrième femme à récolter quatre médailles aux Jeux en patinage de vitesse, mais la première avec trois titres dans une même édition après sa compatriote Yvonne Van Gennip, à Calgary, en 1988. Même la grande Ireen Wust n'a jamais réussi une telle moisson dorée. "Mon premier titre a été le plus important, a-t-elle estimé samedi après sa troisième couronne, dans la mass-start. En arrivant ici, j'étais très stressée, mais ma première médaille d'or m'a permis d'évacuer toute cette tension."

Irene Schouten

Crédit: Getty Images

Nathan Chen

Pays : Etats-Unis
Sport : Patinage artistique
Médailles : 2 (1-1-0)
Si les larmes de Kamila Valieva resteront comme l'image des épreuves de patinage artistique et même sans doute de ces Jeux dans leur globalité, Nathan Chen aura été la star sur la glace chinoise. Déjà roi de l'Olympiade, avec ses trois titres de champion du monde en 2018, 2019 et 2021 (les Mondiaux n'ont pas eu lieu en 2020, Covid-19 obligé), l'Américain est aussi devenu à Pékin le roi de l'Olympe en décrochant la médaille d'or qui manquait à son palmarès.
Son expérience olympique s'était avérée douloureuse à Pyeongchang il y a quatre ans. Un programme court en forme de cauchemar absolu l'avait relégué au 17e rang, avant qu'il ne revienne à la 5e place à l'issue du libre. Mais le patineur de Salt Lake City a grandi depuis.
Le "Roi des quads" demeure intouchable techniquement. Il a battu le record du monde lors du programme court et ponctué son libre de cinq quadruples sauts. Mais il a aussi beaucoup progressé au niveau artistique. Mieux, il a même affiché ses émotions plus qu'à l'accoutumée. Bref, une réussite totale.

Nathan Chen décroche l’or et met le feu sur la glace : sa prestation olympique

Therese Johaug

Pays : Norvège
Sport : Ski de fond
Médailles : 3 (3-0-0)
Imbattable. Trois courses, trois médailles d'or, en skiathlon, 15 km et 30 km le tout dernier jour des Jeux. Si le ski de fond norvégien a parfois été bousculé sur ses bases à Pékin, Therese Johaug, elle, a assumé son statut. Première championne olympique de la quinzaine, elle aurait aussi dû en être la toute dernière si les organisateurs n'avaient pas avancé de deux heures et demie le 30km, dimanche. Peu importe.
Finalement, sa plus grande frayeur, Johaug l'a connue... avant le début des Jeux. Cas contact au Covid-19, elle n'avait pu arriver que le mercredi soir sur le site de Zhangjiakou. Pas idéal, mais dès le samedi, elle dominait déjà la concurrence sur le skiathlon. La Norvégienne n'avait remporté qu'une seule médaille d'or aux Jeux jusqu'ici. C'était à Vancouver, en 2010, mais sur le relais. Il lui manquait un titre pour elle toute seule. Elle en compte désormais trois et a tourné la page de Pyeongchang, où elle n'avait pas pu s'aligner à la suite d'un contrôle positif et d'une longue suspension.

Johaug impériale sur le 30 km : revivez son arrivée

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