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L'oeil de Rio : Trois jours, une seule médaille, et alors ?

L'oeil de Rio : Trois jours, une seule médaille, et alors ?

Le 09/08/2016 à 08:06Mis à jour Le 09/08/2016 à 10:53

RIO 2016 - Dédramatisons la situation côté tricolore. Hormis le relais 4x100m, aucune médaille ne semblait absolument incontournable depuis le début des JO. En revanche, à partir de ce mardi, le clan tricolore a des ambitions beaucoup plus grandes.

Voilà. Trois jours et c'est déjà la curée. "Fiasco". "Naufrage". "Jeux pourris". "Nuls". "Bons à rien". Je mets tous ces termes entre guillemets car j'ai eu l'occasion de les lire, et plutôt massivement, ces derniers jours. Déjà habillée pour le reste de la quinzaine, la délégation française peut limite reprendre l'avion : Rio ne répond plus. Je vous l'accorde, il est difficile de soutenir que le début de campagne carioca des Tricolores relève du triomphe absolu. Ce n'est pas le propos. Il y a deux jours, j'évoquais ici même l'importance de la dynamique, au sein d'un même sport, et plus globalement dans l'ensemble de la délégation, sur un événement comme celui-ci.

Encore une fois, engagés qu'ils sont sous une même bannière (ils ont même défilé derrière elle), les champions viennent assouvir une ambition individuelle mais qui s'inscrit dans une œuvre collective. Clairement, pour l'heure, la dynamique n'est pas bonne, le cercle est bien vicieux et tout cela ne sent pas bon, je vous le concède volontiers.

Lauren Rembi

Lauren RembiPanoramic

Pour autant, je pense qu'on se trompe en se focalisant sur le nombre de médailles. Sur ce plan, il n'est pas encore temps de dramatiser. Surtout par rapport au nombre de médailles d'or, d'ailleurs, sans doute, quand on sait que les principaux atouts maitres n'ont pas été abattus. Je ne dis pas que la France atteindra les 40 médailles fixées en guise d'objectif en toute tranquillité avec une caïpi à la main, mais si l'on regarde calmement les résultats de ces trois premières journées, elle pêche plus par l'absence de bonnes surprises que par les fiascos répétés de leaders incontournables.

Des médaillables potentiels, mais pas plus

Prenez le judo et l'escrime. Trois jours, neuf épreuves, aucune médaille. Mais dans aucune de ces neuf disciplines les podiums n'étaient particulièrement attendus. Ils pouvaient être espérés, oui. Ce n'était pas impossible. Mais personne ne peut sérieusement affirmer qu'ils étaient probables. Voir Lauren Rembi et Manon Brunet échouer à la quatrième place est très frustrant, mais elles ont surperformé par rapport à ce qui était prévu. Dans ces deux sports majeurs pour elle, la France n'a pas encore abattu ses meilleures cartes.

Sur ces trois journées, la seule épreuve dans laquelle une absence du podium aurait été vécue comme une catastrophe, c'est le relais 4x100m nage libre. Il a répondu présent, même si l'or lui a échappé. Les autres, de Camille Lacourt à Automne Pavia en passant par les fleurettistes, étaient des médaillables potentiels. Mais face à une forte concurrence, leur niveau du moment ne garantissait absolument en rien leur présence sur la boite. Idem pour les deux courses en ligne en cyclisme. Epreuves très ouvertes, et par définition plus aléatoires.

Le nageur français Camille Lacourt dans le bassin olympique de Rio

Le nageur français Camille Lacourt dans le bassin olympique de RioAFP

Posez-vous la question : si la logique avait été respectée dans toutes les épreuves depuis le début des Jeux, à combien de médailles la France devrait-elle émarger à l'issue de cette journée de lundi ? Sans doute pas beaucoup plus que sa toute petite breloque argentée de l'Aquatic Center. Ce qui renforce ce sentiment de ratage global, c'est surtout l'enchainement des mauvaises nouvelles. Mais en l'occurrence, paradoxalement, les plus "graves" d'entre elles n'ont en rien plombé le total de médailles actuel.

Mardi, le jour J

Le plus ennuyeux sur ces premiers jours, ce n'est en effet pas que la France dispose d'une seule médaille. C'est qu'elle en ait d'ores et déjà vu s'envoler pour plus tard. Et ça, c'est beaucoup plus préjudiciable. En premier lieu, je pense évidemment aux deux doubles en tennis. Mahut-Herbert et Mladenovic-Garcia. Les voir disparaitre au premier tour est clairement un fiasco. Ces deux-là étaient bien intégrés dans le contingent des 40 médailles. Il faudra les rattraper ailleurs. Les débuts chaotiques des basketteurs ou des volleyeurs sont également ennuyeux et ont contribué à l'impression générale. Mais dans leur cas, rien n'est perdu.

Nicolas Mahut et Pierre-Hugues Herbert après leur défaite au 1er tour du tournoi de double à Rio

Nicolas Mahut et Pierre-Hugues Herbert après leur défaite au 1er tour du tournoi de double à RioPanoramic

En réalité, la journée de mardi qui s'annonce est la plus importante pour la France depuis le coup d'envoi des Jeux. Parce que, cette fois, elle s'avance avec un énorme potentiel de médailles. Les épéistes, eux, s'avancent en favoris. En judo aussi, les ambitions, et donc les exigences, vont monter d'un cran avec Agbegnenou et Pietri. Ajoutez le canoë ou l'équitation (par équipes et en individuel), et ce sont six à huit médailles qui peuvent être visées sur cette seule journée. Les Français ont grillé des jokers pour plus tard et n'ont pas eu de bonus pour tout de suite. C'est un double problème. Mais appuyez sur le bouton "panique" est encore prématuré. Evidemment, si mercredi matin, à votre réveil, le compteur est toujours bloqué à une médaille, j'aurai beaucoup de peine à tenir le même discours...

Clarisse Agbegnenou lors des derniers championants d'Europe

Clarisse Agbegnenou lors des derniers championants d'EuropeAFP

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