Mai Tarumi, une Japonaise de 33 ans, rêve depuis des années d'être bénévole aux Jeux olympiques de Tokyo (23 juillet - 8 août), mais l'incertitude générée par la pandémie de Covid-19 l'amène à se demander si ces JO seront à la hauteur de ses attentes. Comme d'autres Japonais qui espèrent participer à l'événement cet été, elle n'est pas sûre du succès de l'expérience si les Jeux, reportés d'un an de 2020 à cette année, se déroulent à huis clos ou sans spectateurs étrangers.
Selon les organisateurs, ces restrictions pourraient s'avérer nécessaires pour que les Jeux se tiennent en toute sécurité, mais Mai Tarumi craint que la grande fête qu'elle a longtemps imaginée ne se transforme en grosse déception. Des JO sans spectateurs, "ce serait comme n'importe quel autre événement sportif" en ce moment, explique la jeune femme à l'AFP devant un site prévu pour accueillir les épreuves olympiques de taekwondo, où elle compte être volontaire. "C'est complètement différent de l'esprit des Jeux olympiques, où l'on rassemble des gens du monde entier, on organise des compétitions, on échange sur le plan culturel et on profite de la fête", ajoute-t-elle.

Vague de monde à la mairie de Tokyo lors de l'annonce du logo officielle des Jeux Olympiques de Tokyo

Crédit: AFP

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Les responsables de Tokyo-2020 avaient recruté une armée de 80.000 volontaires pour les dates initiales l'année dernière, mais le report des JO a empêché nombre d'entre eux de pouvoir y participer cet été. Mai Tarumi, qui a eu l'idée de poser sa candidature après avoir séjourné au Canada pendant les Jeux d'hiver de Vancouver en 2010, a toujours l'intention d'être bénévole, même si les spectateurs sont exclus.

"Une fois dans la vie"

Une décision sur le nombre de spectateurs sera prise au printemps. Le relais de la flamme olympique au Japon doit par ailleurs commencer le 25 mars, mais avec des festivités réduites et des consignes de distanciation physique. Environ 10.000 coureurs devraient participer au relais, dont Kazuo Okano, 62 ans, un professeur de karaté. L'inclusion de cet art martial au programme olympique à Tokyo lui a donné envie de participer au relais, explique-t-il à l'AFP. "Même sans public je serais aux anges (de pouvoir participer au relais, NDLR). Ça n'arrive qu'une seule fois dans la vie", justifie-t-il.
Pour Yoshiko Tanaka, 56 ans, le succès des Jeux dépendra de l'admission ou non des spectateurs. Elle et sa famille ont quatre billets pour la compétition de judo, gagnés lors d'une loterie après avoir fait une demande pour une trentaine d'épreuves différentes. Mais cette spectatrice ne s'attend pas à ce que l'expérience soit à la hauteur de ses souvenirs intenses des Jeux d'hiver de Nagano (centre du Japon) en 1998, où elle avait assisté en direct à des courses de patinage de vitesse.

Retour de flamme ?

"J'avais été frappée par le nombre de personnes présentes" à Nagano, se remémore Mme Tanaka, évoquant le "silence impressionnant" avant le départ des courses, puis la clameur et "la foule en liesse" à l'arrivée, une atmosphère "incroyable". Elle craint ainsi une morne ambiance à Tokyo cet été en cas de JO à huis clos: "Même dans le stade ce serait un peu comme de regarder l'événement à la télé. Sans public, ce serait le silence complet, sans encouragements ni rien... J'ai vraiment du mal à imaginer ce que seraient les JO dans ces conditions".

Les JO de Tokyo, reportés de 2020 à 2021.

Crédit: Getty Images

Comme la bénévole Mai Tarumi, Yoshiko Tanaka préfèrerait que les Jeux soient reportés d'un an, voire jusqu'en 2024. Mais elle dit qu'elle comprendrait également si l'événement était annulé, ce qui est catégoriquement exclu pour le moment par les organisateurs. Si les Jeux ont quand même lieu alors que les infections au Covid-19 restent élevées, Mai Tarumi pense que le message olympique d'espoir et d'égalité pourrait se retourner contre les organisateurs.
"Si les choses reviennent à la normale d'ici là et les gens arrivent du monde entier, ce sera une grande fête d'avoir vaincu le virus", estime Mme Tarumi. Mais si l'événement est maintenu dans un contexte sanitaire toujours aussi difficile qu'aujourd'hui, "organiser les Jeux pourrait laisser penser que l'on se moque de la situation", prévient-elle. "Je pense que le monde verrait cela avec mépris".
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