Prudence. Voilà comment on peut résumer, à 100 jours de la cérémonie d'ouverture, la position de la délégation française en termes d'objectifs de médailles à Tokyo cet été. Si la tête, les jambes et le cœur des athlètes tricolores seront à 100% au Japon du 23 juillet au 8 août, les dirigeants du sport français auront déjà le regard à moitié tourné vers les Jeux de Paris 2024 qui, suite au report d'un an de ceux de Tokyo, arriveront très vite. Au-delà du résultat nippon, il s'agira de faire de ces Jeux 2021 une forme de tremplin pour Paris.
Plutôt pessimiste en février 2020, avant l'annonce du report, Claude Onesta, manager de la haute performance à l'Agence nationale du sport qui a été créée en 2019 dans l'optique de Paris 2024, s'est montré d'un optimisme relatif mercredi à J-100. Selon lui, malgré l'apparition de cinq nouveaux sports au programme olympique, il sera difficile, en nombre de médailles, de faire mieux qu'à Rio, d'où les Bleus étaient repartis avec 42 médailles, à une petite unité du record de Pékin en 2008 (43). Un chiffre qui était en revanche en hausse par rapport à celui de Londres (35).

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Onesta veut "du culot" à Tokyo

Si personne ne s'est engagé sur des chiffres précis, le chiffre "d'une quarantaine" de médailles est revenu dans plusieurs bouches, notamment celle de Michel Vion, le Chef de mission pour Tokyo, et celle de Claude Onesta. Selon l'ancien sélectionneur de l'équipe de France de handball, se maintenir autour du niveau de Rio constituerait une vraie satisfaction : "Se maintenir autour de 40 médailles, être capable de pérenniser un nombre de médailles conséquent, dans un contexte qui devient de plus en plus complexe car le nombre de pays qui investissent sur le haut niveau est très important, ce serait un signe de qualité."
L'ANS assure par ailleurs avoir beaucoup œuvré depuis plus d'un an pour accompagner les athlètes à la suite du report des Jeux de Tokyo en raison de la pandémie du Covid-19. "On a accompagné les acteurs, athlètes et encadrement, en termes d'organisation, dans cette phase qui a été forcément compliquée" pour eux, explique Onesta.
Ce dernier y voit néanmoins une opportunité pour beaucoup de briller cet été : "Le contexte est inhabituel pour tout le monde, mais le champ des possibilités ouvert pour les outsiders sera plus important. Donc ceux qui auront du culot auront plus de chances d'atteindre cet objectif que dans un contexte plus normal. On entre dans la dernière ligne droite, il reste 100 jours pour que cette délégation se charge de confiance de culot de détermination et d'enthousiasme."

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"Tokyo sera révélateur pour identifier les acteurs prioritaires qui devront être soutenus pour Paris"
Dès le lendemain des Jeux de Tokyo, il deviendra ensuite urgent de lancer la préparation pour Paris. Là est la véritable mission pour Claude Onesta et la "haute performance" dont il a la charge. "En deux ans, on n'a pas pu influencer de manière importante les débats, dit-il. On travaille au quotidien pour transformer les modèles, pour apporter de l'expertise on se donne au maximum. Tokyo sera révélateur pour identifier les acteurs prioritaires qui devront être soutenus pour Paris. On a déjà beaucoup fait, mais on est conscient que la tâche reste immense."
Dans trois ans, personne ne parlera de réussite avec 40 médailles. Si personne n'avance de chiffres, d'abord parce que les Jeux de Tokyo ne sont pas encore passés, et peut-être plus encore à cause de la sortie médiatique très mal reçue en 2017 de la ministre des Sports de l'époque, Laura Flessel, qui avait évoqué un objectif de plus de 80 médailles pour 2024, le sport français n'aura d'autre choix que de se montrer ambitieux.
"On a l'ambition d'augmenter le nombre de médailles pour Paris de façon significative, promet Claude Onesta. On se veut déjà ambitieux pour Tokyo, mais ça ne nous suffit pas et nous suffira encore moins pour Paris. Donc on mettra les bouchées doubles pour 2024." Mais un bon bilan à Tokyo aiderait à préparer le rendez-vous parisien avec un peu plus de sérénité...

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