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Malgré le coronavirus, les athlètes français font avec les moyens du bord pour se préparer

Malgré le coronavirus, les athlètes français font avec les moyens du bord pour se préparer
Par AFP

Le 19/03/2020 à 15:39Mis à jour Le 19/03/2020 à 15:56

JEUX OLYMPIQUES 2020 - Malgré le confinement décrété à cause de la propagation du coronavirus, les athlètes français ne manquent pas d'idées pour se préparer aux JO de Tokyo.

Rester en forme et motivé. Confinés comme tous les Français, les sportifs tentent de préserver leur préparation aux Jeux olympiques de Tokyo 2020, sans être sûrs qu'ils auront lieu. "C'est difficile de faire un programme quand on ne sait pas pour quelle échéance. J'ai déjà du mal à trouver un sens quand je vois l'actu... Mais il faut continuer à m'entretenir", confie à l'AFP Camille Lecointre, médaillée de bronze en voile à Rio 2016 et déjà qualifiée pour Tokyo 2020.

Confinée chez elle, à Brest, avec son mari et leur fils, elle cherche tant bien que mal à faire "le minimum", en allant courir ou en travaillant sa condition physique à la salle de sport du pole nautique de Brest, "où je suis seule", précise-t-elle. A quatre mois de la cérémonie d'ouverture des JO d'été de Tokyo, ce graal pour lequel ils s'entraînent physiquement depuis des mois - et parfois depuis des années - la pandémie de coronavirus a percuté de plein fouet leur préparation. Mais tous savent que dans le sport de haut niveau, la capacité d'adaptation est aussi un critère de performance. Et unanimement, ils soulignent qu'il ne faut pas se plaindre, donner la priorité aux soignants et aux malades.

" Je me suis créé ma petite salle de muscu"

Qualifié pour ses premiers Jeux à 33 ans, le judoka Axel Clerget a loué le garage d'un voisin, collé à son domicile en région parisienne. "Je me suis créé ma petite salle de muscu. J'ai un rameur, 200 kg de poids pour faire mes séances, avec un banc de couché pour faire du tirage, et quelques haltères", décrit-il, s'avouant "super chanceux" même si "c'est un peu rustique".

Jean-Baptiste Bernaz est parti s'entraîner en altitude

Jean-Baptiste Bernaz est parti s'entraîner en altitudePanoramic

Le marin Jean-Baptiste Bernaz, membre de l'équipe de France de laser, a fui Cannes, où "l'ambiance était anxiogène", pour aller vivre avec deux amis dans une ferme familiale "au-dessus de Saint-Etienne, en altitude, à 1 200 m, au milieu de nulle part". "Vélo, muscu, gym sur la terrasse, je passe le reste du temps à la survie, couper du bois, faire à manger. Et s'il n'y a plus rien à l'épicerie, au pire j'irai chasser", explique-t-il. Au mieux, ils peuvent rester affûtés, ne pas trop perdre en puissance et être prêts le jour-J, pour la reprise de véritables entraînements. "Je serai très fort physiquement et après il faudra réapprendre la voile, on va dire", glisse Bernaz, qui a aussi "repris la méditation et le yoga".

"Le mot d'ordre de mon entraîneur c'est : ne prends pas 10 kilos, maintiens ta masse musculaire et dès qu'on a le feu vert, on ré-attaque, on met les pointes et on fonce", explique le hurdler Pascal Martinot-Lagarde, champion d'Europe et médaillé de bronze mondial sur 110 m haies, qui a rejoint sa famille en région parisienne pour le confinement, et s'entraîne "en courant sur le béton ou dans la nature".

"J'ai une corde à sauter, des élastiques, un home trainer pour le vélo, des côtes à 50 mètres de là où je me trouve pour faire des montées rapidement, je peux travailler mes déplacements sur la terrasse, énumère à son tour la fleurettiste Astrid Guyart. La seule chose qui manque, ce sont les assauts", ajoute-t-elle. Tous font avec les moyens du bord, une situation loin d'être idéale quand on parle de haute performance.

" Rester dans un appartement avec un tapis roulant, ce n'est pas possible"

"Pour un triathlète qui prépare les JO, rester dans un appartement avec un home trainer et un tapis roulant, ce n'est pas possible", expliquait mardi à l'AFP le directeur technique national du triathlon, Benjamin Maze, en imaginant "les solutions les plus responsables : aller dans des endroits éloignés du public, pour courir, rouler et bricoler avec les lignes d'eau disponibles". Mais pour l'instant, il devra revoir ses plans les plus sophistiqués, comme la question de l'acclimatation à la chaleur attendue cet été à Tokyo.

Dans ce contexte, le report des Jeux semble la solution la plus raisonnable à certains, pour que tout le monde soit mis sur un pied d'égalité dans sa préparation, et que l'équité soit maintenue dans les chances de se qualifier aux Jeux. Même si c'est la solution qu'elle privilégie, la surfeuse Johanne Defay, déjà qualifiée et numéro 8 mondiale, espère qu'il ne faudra pas recommencer à zéro les sélections. "Je n'ai pas forcément envie d'être dans cette position de tout re-prouver mais s'il faut le faire, il faudra le faire", conclut-elle.