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Mis en examen, la président du comité olympique japonais annonce son départ

Mis en examen, la président du comité olympique japonais annonce son départ
Par AFP

Le 19/03/2019 à 11:01Mis à jour Le 19/03/2019 à 11:52

JEUX OLYMPIQUES 2020 - L'homme-clef des Olympiades à Tokyo, Tsunekazu Takeda, a annoncé mardi sa décision de quitter en juin la présidence du Comité olympique japonais, à la suite de sa mise en examen pour corruption par la justice française.

La nouvelle tombe mal à un an des Jeux de Tokyo : le président du Comité olympique japonais, mis en examen pour corruption active par la justice française, a décidé de se retirer, niant cependant tout lien avec l'affaire. "Ma décision n'a rien à voir avec l'enquête en cours, j'y réfléchissais depuis quelque temps en raison de la limite d'âge", a déclaré Tsunekazu Takeda, 71 ans, devant la presse à Tokyo.

" Je n'ai commis aucune irrégularité"

Le responsable, qui préside l'instance olympique japonaise depuis 2001, espérait initialement pouvoir rester jusqu'aux JO prévus l'été 2020, mais il se trouvait sous pression depuis l'annonce en janvier de sa mise en cause par les enquêteurs français. Il quitte également le Comité international olympique (CIO).

"Je n'ai commis aucune irrégularité", a-t-il répété mardi. "Je ne peux rien dire sur le fond car les investigations sont en cours".

Quelques minutes plus tôt, il était apparu affecté devant les autres membres du Comité. Il a fait part de son départ après une réunion ordinaire d'environ une heure et demie, une annonce qui n'a surpris personne car sa décision avait largement été éventée dans les médias.

"Pendant 18 ans, j'ai présidé le comité. Tokyo a été choisi grâce aux efforts de tous, les préparatifs avancent comme il faut", mais il est temps de passer le relais aux nouvelles générations "à l'approche des JO", a-t-il souligné, visiblement affecté. "Une nouvelle ère s'ouvre", a-t-il ajouté.

D'après les médias, plusieurs candidats sont en lice pour le remplacer, dont l'ex-champion olympique de judo Yasuhiro Yamashita, déjà membre du comité.

Versements suspects

M. Takeda est soupçonné par le juge français Renault Van Ruymbeke d'avoir autorisé deux versements suspects, en juillet et octobre 2013, pour obtenir "des votes favorables de membres du Comité international olympique" (CIO) lors de l'attribution des JO à Tokyo, le 7 septembre 2013.

Depuis que sa mise en examen a été rendue publique en janvier, il a limité les apparitions publiques. Il a dû annuler des déplacements et avait refusé lors d'une conférence de presse d'à peine 7 minutes à Tokyo de répondre aux questions des journalistes, se contentant de lire un texte où il réfutait les accusations portées à son encontre.

Tsunekazu Takeda

Tsunekazu TakedaGetty Images

Les deux virements représentant 2,8 millions de dollars singapouriens (1,8 million d'euros au cours actuel) ont atterri sur le compte d'une société totalement inconnue, Black Tidings, sous le libellé "Tokyo 2020 Olympic Game Bid", officiellement pour rémunérer des opérations de conseil.

Or cette firme est proche de Papa Massata Diack, fils de l'influent Sénégalais Lamine Diack, ancien patron de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF), au carrefour de plusieurs enquêtes pour corruption dans le sport.

M. Takeda, qui nie avoir mal agi, a donné sa version, laborieuse, aux juges d'instruction le 10 décembre 2018 lors d'une audition à Paris au cours de laquelle lui a été signifiée sa mise en examen.

"Je ne connaissais pas Papa Massata Diack, je n'ai jamais eu de conversation avec lui, j'ignore tout de lui", a insisté l'ancien cavalier olympique, selon son audition dont l'AFP a eu connaissance.

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