Tokyo et les Jeux entretiennent une histoire particulière. Tokyo et les Jeux, c'est un premier rendez-vous programmé pour 1940, rayé du calendrier en raison, non pas de la Seconde Guerre mondiale, mais de la politique expansionniste et de la guerre que les insulaires menaient alors avec la Chine et ceci depuis 1937. Helsinki avait pris le relais et porté la flamme durant quelques mois, avant de finalement renoncer à l'événement, la Finlande ayant été envahie par l'URSS dès le début du conflit planétaire.
Pour retrouver trace de Tokyo dans le calendrier olympique, il aura fallu patienter jusqu'en 1964, pour les premiers Jeux disputés en Asie. Et donc 2020, ou plutôt 2021, en raison de la pandémie de Covid-19. Pandémie qui n'aura pas seulement repoussé le rendez-vous quadriennal mais modifié ses conditions.

De 1964 à 2021, de Tokyo à Tokyo

Tokyo 2020
A moins de trois mois des JO, état d'urgence prolongé jusqu'à fin mai à Tokyo
IL Y A 8 HEURES
Si Tokyo 2020/2021 a échappé aux tribunes vides, celles-ci ne seront garnies que de spectateurs locaux. Pour éviter une prolifération incontrôlée de la pandémie, le Japon s'est résolu à ouvrir ses frontières aux seuls athlètes, officiels et membres des médias. Jean-Loup Chappelet, professeur émérite à l'Université de Lausanne et spécialiste des JO, rappelait il y a peu le caractère unique de cette décision : "Ce n'est jamais arrivé que des spectateurs étrangers soient interdits d'entrer dans le pays-hôte au moment des Jeux, même pendant la grippe espagnole lors des Jeux olympiques d'Anvers en 1920".
La billetterie devait rapporter quelques 670 millions d'euros, estimation désormais incertaine en raison de la décision nippone et, de surcroît, d'une jauge qui pourrait clairsemer les tribunes des épreuves olympiques.

L'intégralité du combat final, la célébration et l'or autour du cou : revivez le 2e sacre de Riner

L'héritage des JO 1964

Avec des recettes "allégées", il sera tout de même question pour la capitale japonaise de rentrer dans ses frais tant que faire se peut, alors que les Jeux de Tokyo seront les plus chers de l'histoire des JO d'été. Report oblige, les organisateurs ont dû remettre au pot, alors qu'ils avaient tablé sur un budget de 10,7 milliards. Au final, Tokyo 2020 coûtera 13 milliards, un peu plus cher que Londres 2012 (12,2) mais toujours moins que les Jeux d'hiver 2014, organisés à Sotchi (17,9 milliards).
Avant même le déclenchement de la pandémie qui continue de secouer la planète et a forcé Tokyo à revoir ses plans, le comité organisateur des Jeux de la XXXIIᵉ olympiade de l'ère moderne avait tablé pour une édition raisonnée. La capitale n'était pas partie d'une feuille blanche - comme ce fut souvent le cas lors des dernières éditions des JO - mais avait décidé de réutiliser une partie des installations olympiques déjà bâties : sur les 43 sites, 25 existaient déjà, dans la "zone héritage" pour certains. Ceux-ci avaient déjà servi pour la précédente édition des Jeux Olympiques disputée à Tokyo. On pense notamment au Budokan ou au stade de Yoyogi, positionné au cœur de la capitale et à deux pas de l'un des poumons verts de la ville.
https://i.eurosport.com/2020/03/22/2797212.jpg

Du neuf sur cinq disciplines

Si la part belle a été faite au passé et sur l'héritage de 1964, il n'en reste pas moins que les JO s'apprêtent à ouvrir une fenêtre d'expression à des disciplines qui vont effectuer leur entrée - ou leur retour - dans le giron olympique. Elles sont au nombre de cinq : surf, escalade sportive, karaté, baseball/softball et skateboard.
Tokyo et le CIO ont également mis l'accent sur l'inclusion et l'égalité. Pour la première fois, 49% des athlètes participant aux Jeux seront des femmes, conformément au quota alloué par le CIO (ndlr : 40,5% lors des Jeux paralympiques). Ajoutez à cela que les épreuves mixtes seront au nombre de 18 désormais, soit le double de Rio.
La mixité sera également le mot d'ordre de la cérémonie d'ouverture. Une cérémonie qui, pandémie oblige, ne sera aussi fourmillante d'athlètes qu'à l'accoutumée (ils devraient être 6000 sur 11000 participants aux Jeux). Néanmoins, elle sera marquée par une première : le mouvement olympique a encouragé les nations participantes à défiler derrière un double porte-drapeau, un homme et une femme.
Durant la compétition, les athlètes pourront accéder au Village Olympique cinq jours avant leur entrée en lice et devront en repartir deux jours après la fin de leurs épreuves. Avec, pour les plus heureux, un retour au pays avec des médailles autour du cou.
Tokyo 2020
Pour faciliter les JO, Pfizer et BioNTech vont donner des vaccins aux sportifs
IL Y A 21 HEURES
Tokyo 2020
World Athletics comprend les préoccupations des Japonais mais appelle à la tenue des JO
05/05/2021 À 09:55