Ce n'est sans doute pas ainsi qu'ils les avaient imaginés. Leurs premiers Jeux. Leurs derniers Jeux. Leurs Jeux, tout simplement. Mais c'est ainsi qu'ils les vivront et les embrasseront. Le grand saut dans l'inconnu, c'est pour vendredi, au cœur d'une capitale électrique dont on ne sait encore comment elle va vivre son instant.
Les Jeux Olympiques - et c'est une litote -, ça ne passe pas tous les jours en ville. En général, mieux vaut en profiter, quand l'ère du temps s'y prête, bien évidemment. L'incroyable métropole tokyoïte, une pieuvre délicate qui vous enserre de ses tentacules sans jamais vous étouffer, le sait mieux que quiconque. Ou tout autant que Paris, la prochaine sur la liste. Certes, Tokyo n'a pas patienté un siècle, comme la Ville des Lumières avant de revoir la flamme. Mais 57 ans. Et ce fut long. Surtout sur la fin. Surtout cette dernière année de rab, ces quatre saisons de malheurs, décrétées par une pandémie qui a failli tout foutre en l'air.
Tokyo 2020
"C'est une journée qui n'est pas loin d'être catastrophique"
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A cette heure, et jusqu'au 8 août, date de la cérémonie de clôture, personne ne peut être complètement sûr qu'elle ne mettra pas le chapiteau par terre. On l'a encore vu en début de semaine, quand les cas de covid positifs sont venus faire grimper le mercure, réveiller les doutes et les craintes de Japonais peu enclins à accueillir le monde dans ces conditions. Mais, maintenant qu'on y est, maintenant que la flamme approche de sa vasque, espérons que fête il y aura. Et qu'elle soit belle, autant que faire se peut.

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Ces Jeux de Tokyo seront uniques, et ce n'est pas un effet de manche. Parce que disputés, déjà, sans public. Au grand dam de quelques 11 000 athlètes venus au Japon pour soulever les foules. On ne sait pas qui manquera le plus à qui. Les sportifs au public. Ou le public aux sportifs. Une chose est sûre, il leur faudra être sacrément fort pour aller au bout de soi-même et décrocher l'or d'une vie.
On espère que beaucoup d'entre eux seront français. Ils partent à 378, à combien reviendront-ils médailles autour du cou ? Une bonne quarantaine, comme à Rio et la délégation aurait le sourire, trois ans avant de viser le double de récompenses à la maison. Mais de Kevin Mayer aux handballeuses, en passant par les revenants footballeurs ou aux incontournables Clarisse Agbegnenou et Teddy Riner, tout ce petit monde plonge tête la première dans un bassin dont personne ne connaît réellement la profondeur. Un cycle olympique dure quatre ans. Quatre ans de labeur, de sueur et de larmes. L'Olympiade qui a relié Rio à Tokyo s'est étendue de 365 jours supplémentaires. Et ça aussi, ça comptera forcément.

La vie sans Phelps, sans Bolt mais avec Biles

La dernière fois que la flamme a mis les pieds à Tokyo, en 1964, la capitale nippone célébrait son retour au premier plan et sur la scène internationale, près de deux décennies après la fin de la seconde guerre mondiale. La vasque avait été embrasée par un certain Yoshinori Sakai qui, plus que son patronyme, s'était fait remarquer par sa date et son lieu de naissance : le 6 août 1945, à Hiroshima. Les stars de cette quinzaine d'octobre s'appelaient alors Anton Geesink, Dawn Fraser ou encore Larisa Latynina. Cette dernière, soviétique, allait parachever son œuvre et décrocher les six dernières de ses 18 médailles olympiques, un record qui tiendrait jusqu'à l'avènement et l'accomplissement d'un certain Michael Phelps (23 titres, 28 médailles au total), pour qui rien ne fut jamais impossible.
Phelps était là à Rio. Comme Bolt. Aucune de ces deux légendes, fers de lance de l'Olympisme au XXIe siècle, ne sera à Tokyo et des Jeux sans l'un des deux-là, ce n'était plus arrivé depuis… Atlanta en 1996. Le flambeau a changé de main. Reste à savoir qui aura les épaules pour le reprendre. Du côté des bassins, on pourrait aisément penser à Caeleb Dressel. Du côté de la piste, c'est plus ouvert, parce que les performances du printemps, étourdissantes, ont rebattu les cartes.
Mais, s'il fallait flécher un successeur au nageur et au sprinteur, on serait quand même plus tenté de se tourner vers une successeuse. Déjà quadruple championne olympique et révolution à elle seule, Simone Biles part à la conquête de nouveaux sommets et en quête d'un nouveau récital. A 24 ans, elle plane au-dessus de la gymnastique et vise le sans faute : 6 titres. Six sacres qui feraient dix et lui permettraient de devenir la gymnaste la plus titrée de l'histoire des Jeux devant… Larisa Latynina (9 or olympique). Latynina, qui avait donc définitivement accroché la légende à Tokyo. Ces JO ne ressembleront à aucuns autres. Mais le fil de la grande histoire est bel et bien tendu, toujours. Et il n'est pas près de rompre.

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