From Official Website

Rétro JO: Lake Placid 1932

Rétro JO: Lake Placid 1932
Par Eurosport

Le 17/01/2006 à 13:48Mis à jour

Avant l'ouverture des XXIe Jeux Olympiques d'hiver, le 12 février à Vancouver, nous vous proposons de revivre quotidiennement les 20 éditions précédentes. Suite de cette saga avec Lake Placid, qui fut en 1932 la première ville non-européenne désignée pour organiser les JO.

AU COEUR DES JEUX

Candidate face à Montréal et six autres sites américains, dont Yosemite Valley, le Lake Tahoe et Denver, la petite bourgade de Lake Placid, avec ses 4000 habitants, hérite de l'organisation des IIIe Jeux olympiques d'hiver. Fait exceptionnel dans l'histoire des J.O. modernes, le nombre de participants est en baisse par rapport à l'édition précédente. Deux raisons expliquent ce net recul: l'éloignement (c'est la première fois que les Jeux d'hiver se disputent sur le continent américain) et surtout la crise économique, qui frappe alors de plein fouet les Etats-Unis.

La mise en place de ces Jeux d'hiver de 1932 s'avère d'ailleurs être un véritable casse-tête, tant l'argent manque. Au point que Godfrey Dewey, président du comité d'organisation, doit faire don d'un terrain appartenant à sa propre famille pour la construction d'une piste de bobsleigh. Globalement, cette troisième édition vire au fiasco, les conditions météos déplorables tout au long des dix jours de compétition compliquant encore la tâche des organisateurs.

Ainsi, les concours de saut à skis se déroulent tous sous un soleil de plomb, au point qu'il devient vite nécessaire d'acheminer de la neige par trains entiers en provenance du... Canada. Mais celle-ci fond à vue d'oeil. Pour ne rien arranger, la pluie fait son apparition au bout de quelques jours, transformant l'aire de réception en une mare, voire en piscine olympique. On est alors plus proche du ski nautique que du saut à ski...

Lake Placid ne sera pas le théâtre des innovations en termes d'épreuves, qui tournent toujours autour des quatre sports majeurs que sont le patinage artistique, le patinage de vitesse, le ski de fond et le saut à ski. Chez eux, les Américains dominent assez nettement le tableau des médailles, même si les Scandinaves restent intouchables en ski de fond. Avec un total de 12 médailles en 14 épreuves, dont six en or, les Etats-Unis devancent la Norvège, qui glane dix médailles. Un seul podium pour la France, synonyme d'or, grâce au couple Brunet en patinage.

A SAVOIR

Nombre de nations: 17
Nombre de participants: 252
Nombre d'épreuves: 14
Dates: Du 4 au 15 février 1932
Tableau des médailles: Etats-Unis (12)
Nombre de médaille française: 1 (en or)
Ouverture officielle: Franklin D. Roosevelt
Serment olympique John Shea

LA PETITE HISTOIRE

Le podium est introduit pour la première fois dans le protocole olympique, afin d'organiser une cérémonie permettant de distinguer aux trois médaillés de chaque discipline.

C'est l'illustre Franklin Delano Roosevelt qui proclame l'ouverture officielle de cette troisième olympiade hivernale. Mais le dirigeant démocrate n'agit pas encore en qualité de président des Etats-Unis, mais simplement comme gouverneur de l'Etat de New York.

La course de chiens de traineaux fait son entrée au programme, en démonstration.

Lors de la cérémonie d'ouverture, le porte-drapeau britannique est... une porte-drapeau, une première dans l'histoire des Jeux modernes, d'été ou d'hiver.

LES HEROS

John Shea (Etats-Unis, Patinage de vitesse)

John Shea aura été le héros américain de ces Jeux de Lake Placid du début à la fin. C'est lui qui prêta serment au nom de tous les athlètes engagés lors de la cérémonie d'ouverture, avant de dominer les épreuves de patinage de vitesse. Shea remporte la médaille d'or dans le 500 mètres, devant Bernt Evensen, avant de récidiver dans le 1500 mètres.

Il a toutefois profité de l'absence de la star finlandaise, Clas Thunberg, triple champion olympique, qui refuse de participer aux épreuves de Lake Placid. Motif: les Etats-Unis ont décidé d'appliquer le règlement nord-américain, en donnant le départ en ligne et non pas par série de deux concurrents avec classement au temps.

Birger Ruud (Norvège, Saut à ski)

Une grande référence de l'histoire du saut à ski. A Lake Placid, Birger Ruud a tout juste 20 ans, mais le Norvégien s'est déjà taillé une solide réputation. La compétition est rythmée par le duel entre Ruud et son compatriote, Hans Beck. Les deux hommes sont originaires de la même ville. En retard après le premier saut, Ruud s'impose finalement in extremis, en sortant nu second saut exceptionnel, dans des conditions pourtant déplorables, sous des trombes d'eau. "La prochaine fois, je prendrais une bouée, car je ne sais pas nager", dit-il aux journalistes.

Il sera à nouveau sacré quatre ans plus tard à Garmisch, tout en participant au combiné, en ski alpin, dont il prendra d'ailleurs la quatrième place. En 1948, soit 16 ans après son premier sacre, Birger Ruud décrochera une médaille de bronze. Sans la Guerre, il aurait pu se tailler un palmarès ahurissant. Si le champion était adulé, l'homme suscita également l'admiration de tout un peuple pour son engagement contre l'occupation nazie. Ruud s'est éteint le 8 juin 1998, à l'âge de 86 ans, à Kongsberg, où il est statufié.

Edward Eagan (Etats-Unis, Bobsleigh)

Edward Eagan occupe une place à part dans l'histoire des Jeux Olympiques. Il est en effet le seul à avoir obtenu une médaille d'or à la fois lors des Jeux d'été et des jeux d'hiver. En 1920, à Anvers, l'Américain s'était imposé en boxe, dans la catégorie des mi-lourds, en battant en finale le Norvégien Sörsdal. A Lake Placid, Eagan avait troqué ses gants contre un bobsleigh, pour triompher en bob à quatre aux côtés de l'immense Billy Fiske, sans doute le plus grand bobeur américain de l'histoire. Grâce à cette équipe de rêve, Eagan tenait sa place dans la légende olympique...

MEDAILLES FRANÇAIS

Or (1)

Pierre et Andrée Brunet (Patinage artistique)

Si Sonja Henie focalise l'attention et les honneurs, le patinage artistique confirme également l'immense talent du couple français Pierre et Andrée Brunet. Couple, ce mot a pris un sens tout particulier pour eux un an plus tôt, puisqu'ils se sont mariés. Sur la glace, l'union se fait pour le meilleur. Déjà titrés quatre ans plus tôt à Saint-Moritz, ils s'imposent cette fois devant les Américains Beatrix Longhran et Sherwin Badger. Devant une foule impressionnante et impressionnée, les époux Brunet reçoivent à l'issue de leur programme une ovation et une médaille d'or méritées.

Rendez-vous cet après-midi pour la suite de notre rétro... avec les JO de 1936.

0
0