Le calendrier est ainsi fait qu’on a failli passer à côté. Programmé le même week-end que les championnats de France de première division et quelques jours avant les championnats d’Europe par équipes (12 novembre), le Grand Slam de Bakou a finalement été plus riche que prévu pour l'équipe de France, malgré sa délégation bien mince. Et ce avant même que Madeleine Malonga (-78 kg) n'entre en lice dimanche. Car, ce vendredi, Shirine Boukli a remporté le tournoi en -48 kg. Un petit soulagement, au fond.
Il faut dire que la trajectoire suivie par la Gardoise depuis plus de deux ans ne peut laisser indifférent. Début 2020, la pépite des poids super-légers ne faisait pas vraiment partie des plans pour participer aux Jeux Olympiques de Tokyo. Mais son surprenant titre européen, cumulé à sa probante capacité à vaincre des cadors de la catégorie (Daria Bilodid, Funa Tonaki, Distria Krasniqi) ont instillé le doute dans l’esprit des entraîneurs nationaux. Ils ont finalement tranché en avril 2021, préférant la fougue de Boukli à l’expérience de Mélanie Clément, certes très régulière mais devant, la plupart du temps, se contenter des places d’honneur.
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Série brutalement stoppée

C’est ainsi que la native d’Aramon s’est envolée pour le Japon, afin d’y vivre sa première expérience olympique. Une expérience dont elle garde encore une certaine amertume. Éliminée au premier tour en individuel, la sociétaire du FLAM 91 n’a pas été retenue pour l’épreuve par équipes (dans laquelle la catégorie la plus basse est celle des -57 kg). Elle n’a donc pas pris part à l’historique sacre collectif des Bleus et a été la seule membre du groupe France à quitter les Jeux sans breloque. Dans l’avion du retour, elle s'est installée en classe éco, pendant que ses camarades médaillés avaient le privilège de voyager en classe affaires.

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"À Tokyo, je voulais tout prendre et finalement j'ai été un peu spectatrice. Les autres filles, ça faisait quatre ans qu'elles attendaient les JO, moi un an avant je ne devais pas les faire", s’est remémorée Boukli dans les colonnes de L’Équipe. Pas de quoi, toutefois, abattre la judoka désormais âgée de 23 ans, qui s’est remis la tête à l’endroit et a empilé 13 succès d’affilée entre février et octobre 2022, avec notamment un nouveau sacre européen à la clé. Une belle série qui a brutalement pris fin au deuxième tour des championnats du monde, LE rendez-vous majeur de l’année.
J'ai la rage en moi
"Elle avait tous les feux au vert pour être sur la boîte. Elle est passée à côté. J’espère qu’elle réagira sur les prochains championnats", a constaté Larbi Benboudaoud, le directeur de la haute performance, qui n’a pas son pareil pour piquer l’orgueil de ses protégés. Souvent brillante au cours de la saison, celle qui a appris le judo auprès de son oncle peine donc encore à confirmer à l’occasion des grandes échéances, lors desquelles il faut savoir se sublimer et ne pas trop tergiverser. L’apprentissage se poursuit, et il n’y a rien d’anormal à cela.
Ce vendredi, c'est donc une petite bouffée d'oxygène qu'elle s'est offert. En finale, elle a expédié Francesca Milani en moins de trente secondes sur un mouvement de hanches éclair. Une durée de combat qui lui a permis de ne pas vraiment tergiverser. Mais il ne s’agit que d’une étape menant à un but bien plus grand. "Je sais ce que je veux : être championne olympique, a-t-elle affirmé à la presse à la suite de sa désillusion aux Mondiaux. J'ai la rage en moi, je sais que j'ai la possibilité de le devenir. L'objectif, c'est d'être prête ce jour-là, car c'est le Graal."

Shirine Boukli après sa victoire en finale de la catégorie -48 kilos lors des Championnats d'Europe 2022

Crédit: Getty Images

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