La première absence était prévisible. L’autre, beaucoup moins. À l'écart des tapis depuis les Jeux Olympiques de Tokyo, Clarisse Agbegnenou - qui a accouché en juin - ne reprendra pas la compétition avant un long moment, et il était acquis de longue date qu’elle ne participerait pas aux championnats du monde 2022. Teddy Riner, lui, avait initialement prévu de se rendre à Tachkent, pour y disputer ses premiers Mondiaux depuis 2017. Las, le Guadeloupéen a finalement déclaré forfait en raison d’une blessure à une cheville.
À eux deux, la patronne des -63 kg et la légende des +100 kg ont collecté neuf des treize médailles d’or planétaires décrochées par la France depuis 2013. Ce qui en dit très long, en particulier sur leur capacité à assumer la pression et embellir (ou sauver) un bilan comptable qui, parfois, aurait été bien pâle sans leurs exploits. La délégation qui défendra les couleurs tricolores pendant la semaine à venir (6-13 octobre) devra donc faire sans ses deux principaux leaders. Il y a de la place à prendre en haut de l’affiche. Et plusieurs peuvent espérer y inscrire leur nom.
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Malonga et Gahié pour retrouver les sommets

À commencer par les deux championnes du monde sélectionnées pour ce rendez-vous : Madeleine Malonga et Marie-Ève Gahié. La sociétaire de l’ES Blanc-Mesnil et celle du PSG Judo avaient été sacrées en 2019, à Tokyo, dans le sillage d’une Agbegnenou qui avait montré la voie à ses camarades fougueuses et décomplexées. Malonga (-78 kg) avait été détrônée deux ans plus tard, étant dominée par Anna-Maria Wagner en finale. L’heure de la revanche a peut-être sonné puisque l’Allemande, devenue n°1 mondiale, sera bien en Ouzbékistan.

Une victoire au Golden Score et Wagner a chipé le titre de Malonga

Gahié (-70 kg), de son côté, avait été éliminée dès le premier tour en 2021. Il faut dire que la Parisienne était alors en plein dans le creux de la vague. Ses performances décevantes venaient de lui coûter sa place aux JO, le staff français lui ayant préféré Margaux Pinot (qui sera aussi présente à Tachkent). La combattante de 25 ans a retrouvé des couleurs en 2022, comme en attestent ses récents triomphes au Grand Slam d’Antalya et aux championnats d’Europe. Il n’y a plus qu’une couronne à reconquérir, désormais, pour confirmer ce net regain de forme.

Pas de doublé pour Gahié, éliminée dès son premier tour aux Mondiaux

Buchard, Dicko… la plus haute marche n’est plus très loin

La densité de l’équipe de France féminine est telle que dans toutes les catégories ou presque, le podium paraît accessible. Et pourquoi pas le titre ? Médaillée de bronze en 2014 et 2018, Amandine Buchard (-52 kg) était passée tout près de remporter l’or aux Jeux il y a un an, butant sur Uta Abe au terme d’une finale étouffante. Il ne lui manque plus grand-chose pour gravir la dernière marche. Même constat pour Sarah-Léonie Cysique. La vice-championne olympique des -57 kg collectionne les breloques depuis son arrivée sur le circuit seniors, mais le plus précieux des métaux s’est, jusqu’à présent, toujours refusé à elle.

Buchard a laissé filer l'or sur une immobilisation

Leader mondiale de sa catégorie, Shirine Boukli (-48 kg) a pour sa part beaucoup gagné ces derniers temps. La championne d’Europe sortante n’a plus goûté à la défaite depuis fin novembre et la finale du Grand Slam d’Abu Dhabi, soit douze victoires d’affilée. Enfin, impossible d’ignorer Romane Dicko. La pépite des +78 kg disputera ses premiers Mondiaux et son gigantesque potentiel en fait une très sérieuse prétendante - si ce n’est la favorite - au titre.

Une immobilisation pour le bronze : Le combat victorieux de Dicko en images

Khyar, Djalo, Valadier-Picard… qui pour offrir une belle surprise ?

Longtemps, Teddy Riner a été l’arbre qui cachait la forêt des carences de l’équipe masculine. Et forcément, sans leur principal atout, les Bleus auront du mal à s'approcher de l’or mondial. Il n’est cependant pas interdit d’espérer que certains d’entre eux grimpent sur la boîte, ce qui serait déjà une très agréable surprise. On pense notamment à Walide Khyar. Judoka imprévisible et souvent spectaculaire, le champion d’Europe 2016 évolue maintenant dans la catégorie supérieure, celle des -66 kg, et s’il doit encore prendre quelques repères, il peut en faire trembler plus d’un.

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On doit également citer Alpha Djalo (-81 kg), brillant vainqueur du Grand Prix de Zagreb en juillet dernier et qui cherchera à confirmer sur le tapis ouzbek. On suivra avec une réelle curiosité Romain Valadier-Picard (-60 kg), 20 ans et beaucoup de culot à revendre, ainsi que Kenny Liveze (-100 kg), qui a le même âge et a récemment sacré champion du monde juniors. Et puis, on aura un œil attentif sur Joseph Terhec (+100 kg), remplaçant de Riner chez les lourds. Pour la première fois, le Normand aura l’occasion d’abattre sa carte personnelle lors d'un Mondial. Autant de belles histoires qui mériteraient d’être racontées. Alors, mesdames et messieurs, à vous de jouer.

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