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"Un jour, une Française a fondu en larmes" : Le Kodokan, une expérience pour judokas du monde entier

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Le Kodokan, une expérience pour judokas du monde entier

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ParAFP
18/02/2020 à 13:55 | Mis à jour 18/02/2020 à 13:55

Tels des pélerins, des judokas affluent tous les ans des quatre coins de la planète pour fouler les tatamis du Kodokan de Tokyo, la "Mecque du judo" où beaucoup disent vivre une expérience quasi mystique.

C'est un peu comme si un joueur de tennis amateur se retrouvait à échanger des balles sur le Centre Court de Wimbledon. Sauf que le dojo du Kodokan, à Tokyo, est ouvert à tout un chacun, quel que soit son origine, son niveau ou son âge. Le Kodokan "représente tout ce qu'est le judo", déclare à l'AFP Emyr Rees, un Gallois de 29 ans qui brûlait de venir sur place depuis qu'il a commencé ce sport à l'adolescence.

"C'est juste le fait d'être sur les tatamis ici, de s'entraîner avec tous ces instructeurs géniaux, de recueillir leurs enseignements. Des gens du monde entier se retrouvent ici, apprennent les uns des autres, ce qui est précisément une des devises du judo", ajoute M. Rees. Le summum d'un pélerinage au Kodokan : participer à son célèbre "kangeiko", un entraînement hivernal de dix jours où les séances commencent chaque matin à 5h30 tapantes.

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Je suis enfin arrivée là, après avoir économisé

Le responsable des entraînements au Kodokan, Motonari Sameshima, 70 ans, raconte à l'AFP l'émotion qui saisit souvent les étrangers quand ils pénètrent pour la première fois dans le dojo, après s'être respectueusement inclinés devant la statue du fondateur du judo, Jigoro Kano (1860-1938).

"Un jour une Française a même fondu en larmes en entrant. Elle disait : "Je suis enfin arrivée là, après avoir économisé". Elle se tenait ici à l'entrée, en pleurs. Moi-même j'ai été ému en la regardant. C'est l'effet que fait cet endroit", confie M. Sameshima.

"On sent la douleur"

Lors du kangeiko, un entraîneur anglophone initie les judokas étrangers aux rites du lieu et leur explique les différents ateliers qu'ils peuvent intégrer : l'entraînement libre, ou "randori", un autre entraînement réservé aux femmes, ou la pratique de techniques spécifiques. Durant ce stage ayant lieu chaque année début janvier, Japonais comme étrangers doivent tous participer à l'appel quotidien et se plier à des échauffements ardus, sans oublier d'écouter le premier jour le discours du Nouvel An du président du Kodokan. Et en japonais uniquement.

Sameshima reconnaît la difficulté causée par la barrière linguistique, mais souligne que le judo est une "activité fondamentalement physique", qui dépasse la parole. Même s'ils ne comprennent pas le japonais, les étrangers "projettent ou sont projetés au sol. On sent la douleur, bien sûr, quand on est projeté au sol, mais on peut ainsi établir un lien avec l'autre", estime-t-il.

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Crédits Getty Images

Le jour de la visite de l'AFP au Kodokan le mois dernier, une douzaine de judokas étrangers étaient présents. Au total, sur les dix jours du kangeiko, 50 participants étrangers étaient inscrits, venant de 16 pays différents : Australie, Etats-Unis, Allemagne, France, Royaume-Uni ou encore Brésil. C'est après avoir perdu son emploi que Nick Forbes, un Australien de 29 ans, a décidé de s'offrir ce stage au Kodokan, dont il rêvait depuis longtemps.

"Je voulais depuis toujours venir à "la Mecque du judo". C'est là où tout a commencé", explique-t-il à l'AFP, précisant dormir dans un dortoir de 18 personnes sur place pour limiter ses dépenses. "C'est l'endroit où quiconque ayant déjà fait du judo rêve de venir, et surtout pour l'entraînement hivernal. Tout le monde en a entendu parler", assure Sandro Endler, un promoteur immobilier brésilien résidant aux Etats-Unis.

"J'ai commencé le judo à l'âge de sept ans. A l'époque, il n'y avait pas internet et venir au Japon pour pratiquer le judo ressemblait à un rêve lointain. Maintenant, à 48 ans, je peux enfin réaliser ce rêve", ajoute-t-il.

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