Le visage marqué par les coups, Margaux Pinot s'est presentée devant les micros ce jeudi. Accompagnée par son avocat Me Rachid Madid, la judokate française est revenue sur ses accusations de violences formulées à l'encontre d'Alain Schmitt, son entraîneur et compagnon. Alors que ce dernier a livré sa version des faits ce jeudi, Pinot, elle, a dénoncé des "mensonges" via son avocat. Elle raconte.
"Les faits se sont déroulés dans la nuit de samedi à dimanche, je rentrais d'un restaurant avec des amis, il était convenu qu'on se retrouve avec Alain, confie-t-elle. Il est arrivé plus tard, vers 2h du matin, alcoolisé. Je lui ai fait la remarque qu'il était tard. Je suis allée me coucher, il m'a rejoint en me disant : "Pas la peine de m'emmener à l'aéroport demain". Il s'est levé deux minutes après, et s'est rhabillé. Il a commencé à me dire qu'il allait rentrer chez lui. Je lui ai dit : "d'accord, pas la peine de rester." Il a commencé à tenir des propos méchants, violents, en me disant que ma carrière était foutue, que j'étais débile. Je me suis bouchée les oreilles, j'ai l'habitude d'entendre ce genre de propos de sa part. Il s'est approché du lit, je l'ai repoussé. Il m'a pris par les cheveux et m'a mise sur le sol. J'étais sur le dos, il s'est mis sur moi et m'a mis des coups de poings des deux mains. J'ai essayé de l'arrêter." En vain.
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J'ai ouvert la porte, j'ai couru
"Je ne me suis même pas défendue, j'ai essayé de le raisonner, de me relever, poursuit Margaux Pinot. Il a tapé dans le mur. J'ai réussi à aller dans la pièce d'à côté. Il a ensuite cogné ma tête sur le sol, plusieurs fois. Après cet épisode, il a voulu m'étrangler, en mettant ses mains autour de mon cou. J'ai essayé de serrer fort mes jambes pour qu'il ait moins de prises. Je lui ai dit : "stop, on va discuter". J'ai pu le repousser sur le côté et me relever, courir dans le couloir. Il m'a rattrapé, il m'a tiré les cheveux. Je me suis dit : "soit tu arrives à te dégager, soit tu es morte." J'ai ouvert la porte, j'ai couru. On est arrivés dans le couloir. Il m'a retenu une dernière fois, j'ai sprinté en criant au secours, j'ai demandé de l'aide. Les voisins m'ont ouvert la porte."

Margaux Pinot via son compte Instagram

Crédit: From Official Website

Choquée, la Française confie avoir eu peur pour sa vie. "J'ai cru que j'allais y laisser ma vie. Ses coups ont été nombreux, je n'avais jamais fait face à une violence comme ça. Je parle pour les femmes qui ont pu mourir pour des actes aussi violents, qui peut-être n'avaient pas la carrure ou le mental pour s'en sortir. Je suis reconnaissante envers le judo, la vie. Je suis triste du dénouement de l'audience", estime-t-elle. Pour rappel, Alain Schmitt, médaillé de bronze aux Mondiaux de 2013, a été relaxé dans la nuit de mardi à mercredi par le tribunal correctionnel de Bobigny qui n'avait "pas assez de preuves de culpabilité".
"Pourquoi la décision du tribunal a été rendue ? L'heure à laquelle a été appelée cette affaire dit quelque chose des conditions de travail des magistrats, assure quant à lui Rachid Madid. S'il n'y avait pas eu 10 affaires à juger avant, peut-être que la lecture des éléments aurait conduit à une condamnation. La défense a aussi essayé de retourner la situation, en parlant de la question d'emprise. La question n'est pas de savoir si elle était sous l'emprise d'un pervers narcissique. C'est de savoir si elle s'est faite casser la figure. Tous les éléments permettent de répondre oui."
Enfin, Margaux Pinot explique qu'elle souhaitait se séparer de son compagnon. "Je voulais arrêter cette relation depuis plusieurs mois, j'attendais qu'il parte pour vraiment me séparer de lui (...) Sa conférence de presse ? J'ai regardé, il reste sur sa lancée, il ment. Il continue de me faire passer pour une femme hystérique. Il ment. Sa relaxe ? J'ai été étonnée, tout le monde était de mon côté. On me disait qu'il allait être puni. Cela a été une longue journée. On a passé des heures à attendre. Il est relâché dans la nature, j'ai peur, je ne suis pas retournée chez moi. C'est la première fois qu'il me touchait le visage. Il y a eu deux épisodes violents avec lui en 4 ans. Il avait saccagé mon appartement."
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