L'équipe de France était arrivée en Hongrie avec trois dossards rouges de championnes du monde (Agbegnenou, Malonga et Marie-Eve Gahié en -70 kg) et elle en repart avec un seul. En ne ramenant que deux médailles elle signe son plus mauvais bilan depuis le milieu des années 1980, quand la compétition est devenue mixte. Et la médaille d'argent obtenue dans l'épreuve par équipes mixtes, comme en 2018 et 2019, ne le rend qu'à peine moins terne.
"On est déçu parce qu'il y a quelques filles qu'on aurait aimé voir sur la boite, voire quelques mecs", a reconnu Larbi Benboudaoud, directeur de la haute performance et patron des Bleus. "Mais ça reste un championnat du monde particulier. Beaucoup d'athlètes ont la tête aux JO et on fait aussi partie de ces équipes qui n'ont pas aligné que des n°1", a ajouté l'ancien médaillé olympique. Même si le bilan général est mitigé, la semaine hongroise a confirmé que les valeurs sûres se trouvent du côté des femmes.
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Le bilan masculin est beaucoup plus terne

Après une année difficile, marquée par le report des JO qu'elle a particulièrement mal vécu, Agbegnenou a remporté un cinquième titre mondial avec énormément d'assurance et a fait le plein de confiance avant Tokyo. Malonga a quant à elle abandonné sa couronne en finale et constaté qu'elle avait moins de marge qu'Agbegnenou, mais pour elle aussi, l'or olympique est un objectif légitime. "Elles tiennent leur rang. Elles avaient envie parce qu'elles avaient le dossard rouge et elles ont le titre olympique en ligne de mire", a confirmé Benboudaoud. "Je suis un peu plus déçu pour les autres. Marie-Eve (Gahié, éliminée d'entrée), le dossard rouge il était resté à la maison", a-t-il ajouté. Chez les plus jeunes, Julia Tolofua est passée tout près du bronze en +78 kg, une catégorie très dense chez les Françaises, mais Shirine Boukli (-48 kg) n'est pas parvenue à obtenir le bon résultat qui l'aurait ramenée parmi les têtes de série du tournoi olympique.
Avec une 5e place pour Walide Khyar et deux 7es positions pour les sélectionnés olympiques Alexandre Iddir et Kylian Le Blouch, le bilan masculin est beaucoup plus terne. "C'est assez mitigé pour moi. J'ai un peu de frustration sur ce bilan. Ça aurait pu être beaucoup mieux mais on ne va pas être dans le regret, on va voir ce qu'il y a à mettre en place pour la suite. Il va falloir travailler sur les détails pour les deux qui vont faire les Jeux, mettre l'accent sur ce qui leur a manqué", a résumé Christophe Gagliano, le responsable du secteur masculin. Le staff avait tout de même choisi de ne pas prendre de risques avec Guillaume Chaine (-73 kg) et Axel Clerget (-90kg), blessés et qui seront à Tokyo avec certaines ambitions.
Et puis, bien sûr, il y aura Teddy Riner. "On va resserrer les rangs dès la semaine prochaine, avec juste les sélectionnés olympiques. On va se remobiliser pour ce qui est "THE" objectif, les Jeux Olympiques", a prévenu Benboudaoud. "On va passer un message sur l'état d'esprit, qui ose gagne. On va regarder devant et il n'y a rien qui est impossible", a-t-il ajouté. Même message pour Gagliano, qui veut laisser derrière lui "ce championnat du monde qui n'a pas été extraordinaire, loin de là". Après ces Mondiaux incongrus sur la route des Jeux, il est temps de "basculer sur Tokyo à 100%".
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