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Tokyo 2020

La prise de conscience de Riner : "Quand je vois la corpulence que j'avais développée..."

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Teddy Riner, battu lors du tournoi de Paris 2020

Crédit: Getty Images

ParAFP
18/07/2020 à 14:33 | Mis à jour 18/07/2020 à 15:05

JEUX OLYMPIQUES - La crise du coronavirus n'a pas fait dévier Teddy Riner de son ambition de conquérir un troisième sacre olympique historique à Tokyo, à l'été 2021. Le double tenant dans la catégorie poids lourds estime que sa défaite au tournoi de Paris, début février, sa première depuis près de dix ans, lui a servi d'"électrochoc". Il revient sur la période "la plus difficile de (sa) carrière."

Question : Quel regard portez-vous sur ces dix-huit derniers mois ?

Teddy Riner : Clairement, c'est l'année la plus difficile de ma carrière, avec tout ce qu'il m'est arrivé, les blessures (côte cassée et hernie au bas ventre fin 2019, ndlr), la défaite (au 3e tour du tournoi de Paris, face au Japonais Kokoro Kageura), le confinement... Le fait aussi que la catégorie change: ce n'est pas les mêmes adversaires que j'ai connus, ils sont de plus en plus jeunes, de plus en plus véloces. C'est ça aussi le jeu, la compétition, le haut niveau, c'est s'adapter.

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Le chantier physique était considérable...

T. R. : Quand je vois sur les images la corpulence que j'avais développée, waouh... Je comprends pourquoi mes entraîneurs me disaient : "Il faut se laisser le temps, il faut perdre du poids, en préparation physique, tu ne pourras retoucher tes 'max' que quand tu redescendras (en poids), au judo, tu es moins rapide pour ça..." Je sentais que j'étais lourd, mais je ne me voyais pas. Si je m'étais vu, sur la nourriture, tout ça, j'aurais pris plus de décisions beaucoup plus tôt...

Avec le recul, vous dites-vous qu'il aurait mieux valu ne pas combattre à Paris ?

T. R. : Oui, mais je ne regrette pas. Je n'aurais pas dû y aller parce que je ne voulais pas y aller. Mais j'y suis allé, et c'est très bien. C'est un mal pour un bien. Ca me permet de me servir de cette défaite pour bien préparer les Jeux olympiques. Si je veux rapporter cette médaille d'or, je n'ai pas le droit à l'erreur, donc autant se servir de ces informations et de cet échec pour être meilleur dans l'avenir.

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Quel effet a eu cette défaite ?

T. R. : Cela a été un électrochoc qui m'a permis derrière de tout réguler, le mental, l'alimentation, la préparation physique et mon judo. Pour être champion olympique une nouvelle fois à Tokyo, il faut être bon dans tous les secteurs, même extrêmement bon. Si je veux cette médaille, il va falloir être encore meilleur que les années précédentes.

Votre entraîneur Franck Chambily ne s'attendait pas à un confinement aussi studieux de votre part. Et vous ?

T. R. : Même moi, non ! Je pense que c'est un tout, c'est l'électrochoc de Paris, le fait que dans ma tête il y avait les JO. Et après, il faut rebondir, par rapport à cet échec, mais aussi par rapport au report des JO. Il faut s'adapter, c'est ce que je continue de faire.

Considérez-vous finalement le report des JO comme un mal pour un bien ?

T. R: : Oui et non. Quand la pandémie est arrivée, je commençais à être très bien, j'avais fait une grosse, grosse période d'entraînement, préparation physique et tout, et j'étais en train de monter à mon meilleur niveau. Maintenant, il faut se servir de tout. C'est reculer pour mieux sauter, c'est prendre son mal en patience et se dire tu as plus de temps qui t'est offert, prends-le et deviens meilleur. Il faut rester positif. Quoi qu'il arrive, ça ne fait que du bien de s'entraîner.

On ne vous a pas vu aussi en forme physiquement depuis longtemps... La clé désormais, c'est la constance ?

T. R. : Cela fait un moment, oui ! La constance, c'est le maître-mot, pour l'instant je tiens bon, je prends plaisir. Clairement, c'est ça qui fera qu'il y aura cette médaille d'or en 2021, j'en suis persuadé. Là, (l'objectif) c'est de s'entraîner durement - Pourquoi ? Je ne sais pas, c'est vrai qu'on est en stand-by avec ce virus - (mais c'est de) garder un très bon niveau, pour que lorsqu'on va réattaquer, il n'y ait quasiment rien (de plus) à faire, à part trois mois de préparation intensive juste avant les JO pour y être extrêmement bon.

Propos recueillis par Elodie SOINARD

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