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Le rêve des motos électriques devient réalité pour le MotoGP

Le rêve des motos électriques devient réalité pour le MotoGP
Par AFP

Le 04/07/2019 à 17:46Mis à jour Le 05/07/2019 à 08:39

MotoE - La vitesse moto prend un nouveau virage ce week-end au Sachsenring avec la première épreuve électrique de l'histoire. Et d'anciens pilotes de MotoGP ont été convaincus par cette nouvelle aventure comme Randy de Puniet ou Bradley Smith.

Sur le circuit allemand du Sachsenring dimanche à 10h du matin, il n'y aura plus un bruit mais des motos tourneront quand même, celles du championnat MotoE, "E" pour électrique.

Le silence de ces machines, toutes fabriquées par le constructeur espagnol Energica, est tel que les pilotes disent entendre le frottement sur le bitume de leurs "sliders", ces coques en plastique leur permettant de s'appuyer sur leurs genoux et coudes dans les virages. "Cela va surprendre certains spectateurs", reconnait dans un entretien à l'AFP Nicolas Goubert, responsable de ce championnat à la Dorna.

"On pourra même entendre le bruit des pneus", avance M. Goubert, un Français qui a travaillé chez Michelin. Il envisage de placer des micros sur la moto pour que les téléspectateurs puissent entre de "nouveaux" bruits lors des retransmissions télévisées.

Valentino Rossi

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L'importance des infrastructures

Contrairement aux courses de voitures monoplaces électriques, dans le cadre du championnat de Formula E, qui ont lieu dans le centre des villes, les courses de MotoE auront lieu en ouverture des courses de MotoGP sur des circuits "classiques".

"On ne pourra le faire pour des raisons de sécurité", indique le responsable, rappelant que les pilotes motos ont besoin de grandes zones de dégagement pour ne pas heurter d'obstacles. "On pourra aussi bénéficier ainsi de toutes les infrastructures déjà en place pour un weekend de Grand Prix moto comme les médias, les télévisions et d'une sécurité de haut niveau".

Le championnat MotoE a bien failli ne pas avoir lieu. Le 13 mars, alors que les 18 motos inscrites au championnat participaient à des essais sur le circuit de Jerez, un court-circuit sur un chargeur a provoqué un incendie qui les a toutes détruites dans la nuit.

Maverick Viñales (Grand Prix des Pays-Bas 2019)

Maverick Viñales (Grand Prix des Pays-Bas 2019)Getty Images

Des courses de… 15 minutes

Loin de se décourager, les organisateurs ont commandé autant de nouveaux engins à Energica et le calendrier du championnat a été revu, avec toujours six épreuves mais sur seulement quatre circuits différents. Une course aura lieu en Autriche les 9/11 août, deux courses le même weekend du 13-14 septembre à Misano et encore deux autres à Cheste, les 15 et 17 novembre.

Les courses dureront un peu moins de 15 minutes, le nombre de tours parcourus variant selon la longueur du circuit, pour tenir compte de l'autonomie encore limitée des motos qui peuvent atteindre 250 km/h. "Autant, je peux être un peu inquiet concernant la réaction du public face à l'absence d'ambiance sonore, autant sur la durée des courses, je ne le suis pas car la référence d'un temps de course en MotoGP c'est 45 minutes ce qui est déjà beaucoup plus court qu'une course de F1. Il y a déjà aussi beaucoup de formats de course de moto qui sont de 15 minutes", affirme Nicolas Goubert.

La formule monotype, qui ne permettra pas à une machine de dominer les autres assurera aussi des courses très "intenses", affirme-t-il. Des essais ont également eu lieu ces derniers mois avant la première course en Allemagne, qui ont permis aux 18 pilotes inscrits de se familiariser avec leurs engins.

Fabio Quartararo

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D'anciens champions pour démocratiser la discipline

Parmi eux, des champions de moto "classique" comme le Britannique Bradley Smith, qui courait encore en MotoGP l'an dernier, les Français Mike di Meglio, Randy de Puniet et Kenny Foray ainsi qu'une femme, l'Espagnole Maria Herrera.

Des courses de motos électriques existent déjà dont le "TT zero", organisé depuis 2010 sur le mythique tracé naturel de l'île de Man où a lieu chaque année le célèbre TT. Contrairement au championnat MotoE, différents constructeurs y sont admis et s'y livrent chaque année une lutte technologique.

"Est-ce qu'il y aura une évolution pour ouvrir la discipline à plusieurs constructeurs, c'est évidemment ce que l'on espère. Combien de temps cela va prendre, je ne sais pas", indique Nicolas Goubert.

"Nous avons un contrat de trois ans avec Energica mais trois ans cela passe très vite. Les constructeurs investissent dans la mobilité électrique que cela soit en voiture ou en moto et ils vont regarder de très près le déroulement des courses, la réaction du public, celle des médias", souligne-t-il.

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