Trois ans après un accrochage en course qui avait été le point de départ d'une brouille de plus d'un an, Marc Marquez et Valentino Rossi sont à nouveau repartis de Termas de Rio Hondo passablement fâchés, dimanche. Mais si, à l'époque, ils avaient su contenir leurs jugements, le ton est monté dès l'after de ce Grand Prix d'Argentine. Surtout du côté de l'Italien, victime d'un abordage qui l'a dévié de sa trajectoire, mené dans l'herbe et à une chute dont il s'est péniblement remis pour finir 19e.
Il l'a fait exprès, pas par erreur. Il vise entre la jambe et la moto car il sait qu'il ne tombera pas mais on tombe. Il espère qu'on va tomber.
Au fond du stand Yamaha, il a d'abord envoyé son grand ami Uccio Salucci signifier à l'Espagnol qu'il ne voulait pas de sa main tendue et de ses explications. Puis, en conférence de presse, il a été sans concession pour l'impétueux. "Il a détruit notre sport car il n'a aucun respect pour ses adversaires, jamais", a déclaré le vétéran de 39 ans. "Ça peut arriver à n'importe qui de rater un freinage, de toucher quelqu'un d'autre ; c'est la course. Mais depuis vendredi matin, il a fait ça avec Vinales, Dovizioso, moi le samedi matin, et il est rentré dans quatre pilotes en course."
"Il l'a fait exprès, pas par erreur. Il vise entre la jambe et la moto car il sait qu'il ne tombera pas mais on tombe. Il espère qu'on va tomber. Si on commence à jouer à ça, on élève le niveau à un point très dangereux. On est dans un sport très dangereux et ça peut mal finir."

"Il n'a pas les couilles de venir me voir"

"J'ai dit à Mike Webb [le directeur de course, NDLR] qu'il fallait faire quelque chose pour que Marquez ne se comporte plus comme ça. Cette année, au premier virage au Qatar, il a touché Zarco et Dovizioso. il entre dans les virages 20 km/h plus vite, et il n'y a rien à faire. C'est tout lui, ça fait quinze courses qu'il fait ça. Il essaie toujours de vous faire peur et de vous sortir de la piste. J'ai peur en piste quand je suis avec Marquez, car je sais qu'il va m'attaquer. Là, il faut espérer ne pas se faire percuter."

Revenant sur la tentative de conciliation de son adversaire, il a été très clair : "Il l'a fait avec son management (Alberto Puig et Emilio Alzamora) devant les caméras. Il n'a pas les couilles de venir me voir à mon bureau. Et j'espère qu'il n'essaiera pas."
"Je pense n'avoir rien fait de dingue", a répondu Marc Marquez, sanctionné de 30 secondes à l'arrivée, et qui ne redoute pas une nouvelle brouille avec Rossi. "Honnêtement, je m'en fiche. Je m'occupe de mon box et je sais ce qui s'est passé. J'essaie juste d'attaquer toujours à 100%. Valentino attaque beaucoup, mais il a aussi eu 25 ans et tout le monde s'en souvient."