Le Grand Prix moto d'Autriche a été marqué dimanche par deux accidents très violents impliquant plusieurs pilotes, mais qui miraculeusement n'ont pas fait de blessés graves, ce qui n'en a pas empêché certains de reprocher à leurs rivaux de prendre des risques inconsidérés. D'abord dans la catégorie Moto2 puis en MotoGP, la discipline suprême, motos désintégrées et pilotes sonnés mais indemnes ont émaillé les courses, courues à huis clos mais retransmises dans le monde entier.

Grand Prix d'Autriche
Zarco sanctionné pour "pilotage irresponsable"
21/08/2020 À 09:09

Le premier incident a eu lieu en Moto2. L'Italien Enea Bastianini a perdu le contrôle de sa moto à la sortie d'un virage, et son engin a été percuté de plein fouet par le Malaisien Hafizh Syahrin qui a effectué un spectaculaire vol plané avant de rester un long moment allongé sur la piste. Là encore, Syahrin n'a pas été gravement blessé, ne souffrant que d'une contusion pelvienne.

Le Saint des motards a encore fait du bon boulot aujourd'hui

La légende italienne Valentino Rossi, septuple champion du monde en catégorie reine et qui court encore à 41 ans, n'a pas mâché ses mots après avoir été impliqué malgré lui dans l'accident en MotoGP. "J'ai presque failli être tué", s'est-il exclamé après la course.

S'il n'a pas directement été mêlé à l'accident en MotoGP entre le Français Johann Zarco et l'Italien Franco Morbidelli, il a failli être percuté par leurs machines, qui ont rebondi sur la piste à pleine allure juste devant lui. "La moto de Morbidelli m'a presque tué et celle de Zarco m'est passée à quelques mètres de la tête", a-t-il ajouté.

Revenu aux stands car la course avait été arrêtée par un drapeau rouge, il est descendu de sa moto en se tenant le casque et, une fois celui-ci retiré, a montré un visage décomposé. "J'ai eu si peur, je suis secoué, reprendre le deuxième départ a été difficile. J'ai pris le plus gros risque de ma carrière", a-t-il déclaré à la télévision Sky Italia.

"Le Saint des motards a encore fait du bon boulot aujourd'hui, c'était très dangereux", a affirmé le champion italien, qui affirme vouloir encore courir plusieurs années et a terminé 5e de la course dimanche.

Rossi, Morbidelli en colère : Zarco en a pris pour son grade

Morbidelli ne souffre miraculeusement d'aucune fracture et Zarco n'a que des brûlures provoquées par sa longue glissade sur la piste. Rossi n'a pas hésité ensuite à accuser Zarco de la responsabilité de l'accident.

"Nous faisons un sport très dangereux, il faut respecter ses adversaires sur la piste", a-t-il lancé. "Ce n'est pas la première fois que Zarco fait ce genre de chose et ce qui est arrivé est très clair : Zarco a dépassé Morbidelli dans la ligne droite et ensuite il ne voulait pas être repassé alors il a freiné devant lui".

Morbidelli a été encore plus direct, n'hésitant pas à traiter le pilote français de "meurtrier" dans des déclarations aux médias italiens.

Ce n'était pas une manoeuvre faite exprès

Ce dernier s'en est défendu : "Je ne sais pas ce qui s'est passé. J'ai l'impression que la moto de Morbidelli m'a poussé. J'ai pu le dépasser dans la ligne droite, j'étais déjà bien devant et, au moment du freinage, je me suis déporté sur la droite et c'est là où nous nous sommes heurtés. Ce n'était pas une manoeuvre faite exprès", a-t-il affirmé lors d'un point presse.

"Je m'en suis expliqué avec Franco et Vale (le surnom de Valentino Rossi). Mais voir les deux motos complètement détruites, c'était effrayant. On devait être à 270 km/h au moment de l'accident", a-t-il estimé. Il avait lui-même été victime d'un accident similaire lors du Grand Prix d'Australie 2018 en heurtant l'arrière de la moto de l'Espagnol Marc Marquez qui changeait de trajectoire devant lui.

Le vainqueur du jour, l'Italien Andrea Dovizioso, est resté prudent sur les causes de l'accrochage : "Il s'est produit quelque chose d'étrange et il faut analyser ce qui s'est passé", a-t-il souligné en conférence de presse.

Interrogé sur ce qui poussait les pilotes motos à remonter sur leurs machines surpuissantes après avoir assisté, ou avoir été eux-mêmes victimes, de tels accidents, il a répondu : "Nous sommes des êtres humains mais dans ce genre de situation, il ne faut pas être trop humain. Si on est rationnel, on ne peut pas pousser son corps à la limite. Dans cette situation, il faut continuer car sinon vous ne pouvez pas être pilote. Cela fait partie de notre sport".

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