Rien de mieux que de s'inspirer des meilleurs pour en faire partie. Sacré champion du monde dimanche, à Misano, Fabio Quartararo a assumé toutes les comparaisons, flatteuses et parfois encombrantes, dont il a fait l'objet durant ses trois saisons en catégorie reine. La preuve.
De pilote médiocre de Moto2 à digne successeur de Rossi : comment Quartararo est devenu le roi

Dissipée, la pression de la succession de Valentino Rossi

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Quartararo, force émotionnelle dans les épreuves et solidité au combat
25/10/2021 À 00:01
Quartararo fut l'élu. Après avoir repoussé l'échéance des années durant, refusant d'abord d'offrir ce rôle à Johann Zarco, tentant ensuite d'y préparer Maverick Viñales, Yamaha a finalement choisi le Français pour succéder à Valentino Rossi. Si la responsabilité sportive s'était quelque peu amincie, compte tenu des résultats décevants de l'Italien ces dernières saisons, le poids du symbole, lui, n'était pas négligeable.
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Valentino Rossi (Yamaha SRT) et Fabio Quartararo (Yamaha Factory) au Grand Prix des Amériques, le 3 octobre 2021

Crédit: Getty Images

Propulsé sur la machine qui fut celle du "Docteur" durant quinze ans, le jeune Niçois a brillamment incarné le renouveau. "Je ne prends pas sa place, je prends juste sa moto dans l'équipe, confiait-il, habile, auprès de l'AFP en début de saison. Sa place, personne ne peut la toucher. Même si Marc Marquez gagne 15 titres, Rossi est Rossi, c'est pour moi la légende de ce sport."
Fin communicant, capable de s'affirmer sans écorner le mythe, "El Diablo" n'a pas laissé de place au doute. "Pour être honnête, je n'avais pas trop de pression de la part de l'équipe, révélait-il au début de l'été. Elle venait plutôt de l'extérieur. Tu essaies de ne pas écouter mais tu entends forcément que tu remplaces le roi et, inconsciemment, ça te met une petite pression. Je voulais que ça s'arrête et donc j'ai été très content de gagner (dès le 2e Grand Prix, au Qatar, NDLR). A partir de là, je n'ai plus entendu ça."
Avec ce titre, la page est définitivement tournée mais Quartararo a tout pour devenir un champion multidimensionnel, comme le fut l'idole italienne. A l'aise avec les médias, actif sur les réseaux sociaux, le Niçois a aussi le sens du show... et des célébrations. Après certains de ses succès, on l'a vu imiter Kylian Mbappé, sauter comme Cristiano Ronaldo ou s'inspirer de Khaby Lame, le célèbre influenceur de Tik Tok.

Dépassée, la filiation avec Jorge Lorenzo

S'il a remplacé Rossi, Quartararo a aussi succédé à Jorge Lorenzo, dernier pilote sacré champion du monde au guidon d'une Yamaha. Et ce n'est pas un hasard. C'est en s'inspirant du style de l'Espagnol que le Niçois est devenu, dès sa première saison en MotoGP, le plus performant des pilotes de la marque aux diapasons.
"Il a un style similaire au mien, confirmait le Majorquin, à Marca. Il est très fin, très précis et si je devais choisir un successeur, je choisirais Fabio." Lorenzo avait effectivement bâti ses succès autour de sa vitesse de passage en courbe, sa finesse au guidon de la M1 et sa capacité à boucler les courses en métronome.
Quartararo a naturellement un style de pilotage fluide et précis. Mais il n'aurait peut-être pas coiffé sa première couronne s'il n'avait pas ajouté d'autres cordes à son arc. Sur sa machine, le Français est en réalité beaucoup plus mobile, verticalement, là où son prédécesseur se limitait à des mouvements horizontaux. Grâce à cela, le pilote niçois a rehaussé son niveau d'agressivité au freinage et dans les différentes manœuvres de dépassements. Une sorte de Lorenzo 2.0.

Imitée, la recette de Marc Marquez

Il y a 1001 manières de devenir champion du monde. Demandez donc à Joan Mir, sacré en 2020 en n'ayant remporté qu'un seul Grand Prix. Fabio Quartararo, lui, a opté pour la méthode avec laquelle Marc Marquez avait décroché ses deux dernières couronnes, en 2018 et 2019. La recette ? Performance, omnipotence, consistance.
Cette saison, "El Diablo" a dominé de la tête et des épaules. Il est le pilote qui compte le plus de poles (5), le plus de podiums (10), le plus de meilleurs tours en course (5) et, évidemment, le plus de succès (5).

Fabio Quartararo (Yamaha) devant Marc Marquez (Honda) au Grand Prix d'Autriche 2021

Crédit: Imago

"Plus que les victoires, cette année, je pense que la différence avec l’an dernier, ce sont les places de troisième au Sachsenring, au Mans et en Styrie, confiait-il en Autriche. En 2020, j'étais soit vainqueur, soit quinzième. On a progressé sur le plan de la régularité et c’est comme ça qu’on gagne un championnat."
En 2021, Quartararo n'a jamais bouclé une épreuve au-delà de la 8e place si l'on excepte le Grand Prix d'Espagne, où il avait reculé jusqu'au 13e rang après avoir perdu toute sa force dans le bras droit, ce qui lui avait d'ailleurs valu une opération, par la suite. Autre pilier de sa constance : il n'a jamais chuté le dimanche avant d'être sacré. Et ça, même Marquez n'y était pas parvenu.
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