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Johann Zarco (Yamaha Tech3), la faute à la maison

Zarco, la faute à la maison

Le 20/05/2018 à 20:22

GRAND PRIX DE FRANCE - Johann Zarco (Yamaha Tech3) voulait mener sa course à domicile pour rendre la vie difficile à Marquez (Honda HRC). Pas à l'aise derrière Lorenzo (Ducati Team), le Français est allé au-delà de la limite, au 8e tour. Une "boulette" selon son patron Hervé Poncharal. Certes rare mais qui fait mal.

De sa pole position, Johann Zarco était prêt à assumer encore crânement la première place pour faire SA course. Prêt à supporter l'énorme charge émotionnelle suscitée par un public acquis comme jamais à la cause d'un Français. Prêt à rouvrir le grand livre de l'histoire de la moto tricolore et dépoussiérer quelques statistiques.

Le pilote de Tech3 avait beaucoup appris de ses six tours de leader au Mans en 2017, devant les Yamaha officielles de Valentino Rossi et Maverick Viñales. Il avait suffisamment bien géré la pression de la qualification, samedi, pour se dire qu'il était capable de remettre ça sur les 27 tours. Il avait même trouvé un rythme de pilotage "relâché" pour ne pas se crisper.

Deux tours, et Lorenzo lui lâchait les commandes

Il faut être clair : il avait les épaules pour aller au bout de son rêve. Riche de quelques expériences décevantes mais ô combien instructives. Comme ses 17 tours en tête en ouverture de la saison, au Qatar. A l'issue desquels il était tombé comme un fruit mûr, en détresse pneumatique. Mais là aussi, son vendredi et son samedi l'avaient rassuré sur la parfaite tenue des Michelin.

Dimanche, le Cannois n'a pas fait la course qu'il espérait. Auteur d'un départ jugé "mauvais", il s'est fait embarquer dans une course sur la défensive, derrière un Jorge Lorenzo à l'évolution saccadée. Tardif sur les freins comme l'exige Ducati, "arrêté" dans les virages. Tout le contraire des trajectoires harmonieuses de sa Yamaha.

A ce niveau de la compétition, les détails n'en sont plus et prennent des proportions gigantesques. Jusqu'à celle de la chute. #JZ5 aurait-il pu faire autrement ? Patienter jusqu'à ce que l'Espagnol s'écroule une fois de plus, comme il l'avait fait pas plus tard qu'il y a deux semaines à Jerez de la Frontera, après avoir fait le beau ? Deux tours supplémentaires auraient donné raison au protégé de Laurent Fellon. Mais peut-être pas construit sa légende. Dans la Sarthe, Marc Marquez était encore techniquement le plus fort à travers un choix de gommes décalé et judicieux.

"C'était difficile de faire le yoyo derrière Lorenzo"

"Ça a été un peu difficile", a concédé le double champion du monde de Moto2, venu répondre en toute franchise au micro d'Eurosport après un long moment passé à ressasser sa chute, dans le box qui a marqué son deuxième abandon en MotoGP après 21 courses impeccables.

"Sur la course, mauvais départ…", a-t-il repris, pour en venir au fait. "J'arrive à rattraper le coup sur la première chicane pour être deuxième. Mais j'ai quand même eu des difficultés derrière Lorenzo : il freine très fort et il accélère aussi très fort. C'était difficile de faire le yoyo derrière lui. Moi, mes points forts, ils sont ailleurs, c'est-à-dire essayer de passer vite en virage. Là, impossible de prendre le rythme. Ça m'a rendu la course difficile…"

Il y avait un plan à appliquer : s'échapper pour écœurer Marc Marquez. "Je ne pouvais pas me permettre de patienter derrière lui sinon je perdais encore des places", a-t-il expliqué. "Donc le but, c'était de le doubler. Mais en début de course, avec la moto un peu pleine (ndlr : en essence)… J'aurais sans doute dû attendre que la moto soit plus légère."

"La première boulette depuis quasiment deux ans, on la fait à la maison"

Un regret ? "Pour l'instant, c'est dur d'analyser ça et de se dire : 'Patiente, attends que la moto soit légère, tu seras meilleur à la mi-course' ", a-t-il avoué. Sans autre forme de découragement. "A un moment, ça devrait le faire. Il ne faut pas lâcher prise", a-t-il conclu.

Pour, Hervé Poncharal, la dragée est forcément dure à avaler. "Ça fait 21 courses que Johann était dans les points", a souligné le patron de Tech3. "Il avait son plan, il voulait partir devant, faire le break tout de suite pour pouvoir imposer son rythme. Ça ne s'est pas passé comme prévu. Il a complètement raté son envol sur la grille. Il était très agressif."

"Le but c'était de faire un nouveau podium et de bétonner la position au championnat", a-t-il indiqué. "Voilà... La première boulette depuis quasiment deux ans, on la fait à la maison, c'est toujours un petit peu dommage. Mais je pense aussi que c'est parce qu'on était à la maison qu'il y a eu boulette. On est toujours plus intelligents après... Ça fait partie des choses qui vont l'aider à grandir."

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