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Quartararo n'est pas Zarco mais il va aussi devoir assumer

Quartararo n'est pas Zarco mais il va aussi devoir assumer

Le 17/05/2019 à 07:51Mis à jour Le 17/05/2019 à 09:00

GRAND PRIX DE FRANCE – Au Mans, Fabio Quartararo (Yamaha Petronas SRT) sera l'attraction. Il doit autant ce statut à un début de saison remarqué qu'aux difficultés de Johann Zarco (KTM). Son week-end sera réussi s'il parvient à l'assumer comme l'avait fait son aîné. Mais avec d'autres qualités.

On pourrait presque dire que Fabio Quartararo (Yamaha Petronas SRT) a fait le plus dur. Son talent a dissipé le scepticisme ambiant, nourri par des détracteurs qui n'avaient vu que le curriculum vitae du bonhomme, un peu comme les recruteurs réclamant trois années d'expérience à un étudiant pour un job d'été.

Son manque d'expérience et de réussite, qui l'avait privé de ses premiers points à Losail et d'un premier podium à Jérez, a été contrebalancé par le record de précocité qu'il a établi à l'exercice de la pole en Andalousie. Aussi par son enthousiasme et, il faut bien le dire, le personnage qu'il s'est créé. Le bagage a beau être – déjà – significatif, au point "d'épater" le légendaire Valentino Rossi, il ne dit rien de ce qu'il pourra lui apporter au Grand Prix de France.

Le Mans et toute la pression qu'il exerce

Pour lui, le circuit Bugatti sera la montagne que Johann Zarco avait tenté de gravir. Si l'on considère que la victoire en est le sommet, le pilote KTM, lui, l'a déjà tutoyé : il y a mené quelques tours, décroché une pole en 2018 et son premier podium en 2017. Cela suffit à démontrer qu'un pays de moto ne l'est pas seulement par le nombre de spectateurs qu'il envoie sur le circuit le dimanche – il y en avait eu 105.203 au Mans en 2018, record de la saison – mais bien par ce qu'il est capable de transmettre à ses pilotes locaux.

Johann Zarco (Yamaha Tech3) devant la tribune lors du Grand Prix de France 2018

Johann Zarco (Yamaha Tech3) devant la tribune lors du Grand Prix de France 2018Getty Images

Voici donc Quartararo face à l'enjeu de l'engouement et l'intérêt qu'il soulève. "El Diablo" est Français et a, lui aussi, créé un enthousiasme répandu au-delà des frontières de l'Hexagone. Et c'est à peu près tout ce qu'il a en commun avec son aîné. Au Mans, Zarco avait approché le point culminant au profit de son expérience de double champion du monde Moto2 et de son approche de la course, que l'on peut qualifier de "scientifique", voire pragmatique.

Quartararo va vraiment se tester

Quartararo, lui, n'a jamais calculé car il n'en a jamais eu le temps. Il a débarqué en championnat du monde de vitesse alors qu'il n'en avait même pas l'âge minimum – 16 ans – et son style est celui de l'instinct et de la découverte. S'il en est à s'affirmer comme le rookie le mieux classé après quatre manches, sans une machine d'usine et malgré quelques coups du sort, c'est aussi parce qu'il est "capable d'absorber toutes les nouvelles informations", comme l'a noté le modèle à suivre, Marc Marquez (Honda HRC).

Fabio Quartararo (Yamaha Petronas SRT) au Grand Prix d'Espagne 2019

Fabio Quartararo (Yamaha Petronas SRT) au Grand Prix d'Espagne 2019Getty Images

Sur le plan technique, le jeune pilote est conforté par cette qualité-là et il a hérité d'une M1 dont les lacunes avaient été gommées, l'année dernière, par le revêtement récent du circuit manceau. Reste à appréhender l'excédent émotionnel. Au Qatar, le Français avait explosé en larmes, coupable d'avoir calé sur la grille de départ. Ce qu'il a réussi aux grands prix suivants a démontré qu'il n'avait été affecté que sur le moment. Et s'il digère l'excitation du Mans comme il a fait fi de la casse de son sélecteur en Andalousie, il ne devrait pas être très loin du sommet.

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