Les calculs ont été remis à plus tard. Pour son Grand Prix national, deux semaines après avoir dû digérer une gigantesque frustration - avant une opération - dans son autre jardin, à Jérez, Fabio Quartararo n'avait pas l'intention de se faire des nœuds au cerveau. Samedi, les conditions climatiques mancelles ont mis les nerfs des pilotes et des techniciens à rude épreuve. Mais pour "El Diablo", tout fut clair comme de l'eau de pluie.
Sur une piste séchante mais sous un ciel menaçant, le pilote français a choisi la solution offensive. "J'étais nerveux avant la qualification, a admis le poleman auprès du site officiel. Mais quand je suis sorti, j'ai vu que la piste était sèche et j'ai choisi de passer immédiatement aux stands pour repartir avec des pneus slicks. Après cela, je me suis dit : 'Soit je me crashe, soit je fais la première ligne.'" La pièce est retombée sur la bonne face. Mais puisqu'il a décroché une troisième pole consécutive cette saison, la deuxième en deux ans au Mans, on se gardera bien de croire qu'il a mis son destin dans les mains du hasard.
Grand Prix de France
État mental et quête de rebond : Quartararo face au défi du Mans
14/05/2021 À 08:13
Et si cette position de pointe a encore démontré qu'il était l'incontestable patron de la discipline, au moment où d'autres, comme le leader du Mondial Francesco Bagnaia, ont quelque peu pris l'eau, elle ne garantit pas grand-chose pour dimanche. La météo est encore très incertaine et une averse au départ risquerait d'atténuer tous les bénéfices de cette pole. "S'il pleut, on ne sera pas capable de se battre sur le podium, a avoué Quartararo au micro de Canal+ dans le parc fermé. Il faut être clair."

La météo... et l'avant-bras

Dans ces conditions, l'avantage déjà conséquent qu'offrent les outils de contrôle de la traction aux Ducati deviendrait encore plus grand. Les M1 de Quartararo et de son coéquipier Maverick Viñales - deuxième en qualification - elles, souffrent encore d'un déficit d'accélération sur le mouillé. L'année dernière, les "Yamaha Boys" avaient dû se contenter des neuvième et dixième rangs respectifs après une bagarre de chiffonniers sous un climat d'automne. À plus de 16 secondes de Danilo Petrucci, vainqueur sur une machine italienne.
Reste une autre inconnue : la douleur. Jusqu'ici, aux essais comme en qualification, le Français n'a pas énormément souffert de son opération de l'avant-bras, même s'il a admis ressentir que la cicatrice "tirait un peu". Les températures mancelles, clémentes, sont un avantage. Les 27 tours d'une course qui pourrait vite devenir une bataille de nerfs, beaucoup moins. "Je n'ai pris aucun médicament cette semaine, a-t-il expliqué sur Canal+. Dimanche, je pense prendre quelque chose [un anti-douleur, NDLR] pour les 27 tours. Mais je me sens bien." Et confiant, si le ciel se décide enfin à épargner le circuit Bugatti : "Dans ce cas, je pense qu'on aurait une belle opportunité."

Fabio Quartararo (Yamaha Factory), auteur d'une deuxième pole au Mans - Grand Prix de France 2021

Crédit: Imago

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