Samedi, il s'était couché avec la certitude d'avoir "un petit truc en plus". À vrai dire, les feuilles des temps ne disaient pas autre chose : au Mans, lors des essais, Fabio Quartararo (Yamaha) fut effectivement capable d'aligner les tours avec un rythme sensiblement élevé pour la concurrence. Sur une piste globalement dégagée.
Dimanche, en course, la donne a radicalement changé lorsque le Français, quatrième sur la grille, a été débordé par la meute à l'extinction des feux. S'il a rapidement pu effacer Johann Zarco (Ducati Pramac) puis Marc Marquez (Honda HRC), le champion du monde n'a jamais été en mesure de faire sauter le bouchon Aleix Espargaro (Aprilia). Pour en trouver la raison, il faut se souvenir d'une autre observation glissée par le Niçois la veille : pour exister au guidon d'une M1 que Franco Morbidelli a difficilement pu mener dans les points (15e... devant les deux autres Yamaha), Quartararo doit rouler à la limite à chaque virage.
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Fabio Quartararo (Yamaha) lors du Grand Prix de France

Crédit: Getty Images

Je roulais une demi-seconde plus vite...
Impossible pour lui, donc, de trouver les deux ou trois dixièmes nécessaires pour gratter une position face à des machines toujours plus performantes que la sienne, notamment en ligne droite. "On ne peut pas dépasser, il nous manque toujours la même chose, a-t-il martelé après la course sur Canal+. Je n'ai aucune opportunité de faire un dépassement. Je roulais une demi-seconde plus vite mais quand on est bloqué derrière et qu'on n'arrive pas à doubler, ça donne un résultat comme celui-ci."
C'est ainsi que Quartararo a échoué au pied du podium, profitant plutôt des chutes successives de Rins, Mir puis Bagnaia devant lui. À plusieurs reprises, il s'est bien retrouvé dans l'échappement de l'Aprilia mais il a toujours fini par céder un peu de terrain en tentant de forcer le verrou. "Quatrième était la meilleure position que l'on pouvait obtenir aujourd'hui", a-t-il estimé.

La régularité est sa meilleure arme... mais jusqu'à quand ?

Frustré par cet insoluble problème, le pilote de 23 ans a tout de même su garder ses nerfs en piste pour amasser des points importants et conserver la tête du championnat, quatre points devant Aleix Espargaro. Ce que certains, comme Francesco Bagnaia aujourd'hui ou bien d'autres lors des manches précédentes, n'ont pas été capables de faire. Lui n'a jamais quitté le Top 10 en course cette saison. Il est le seul. Et il est bien placé pour savoir que cette régularité-là est peut-être plus importante que des victoires épisodiques, puisque c'est ainsi que Joan Mir s'était sacré en 2020 alors que le Français avait alterné l'excellent et le médiocre.
Bémol : le Niçois espérait probablement récolter de meilleurs résultats sur ce début de tournée européenne, alors que la deuxième partie de saison devrait être plus favorable aux Ducatistes, dont les machines sont franchement impressionnantes depuis deux Grands Prix. "Cette première place au championnat, c'est bien mais au bout d'un moment il va falloir faire des bons résultats parce que là, il nous manque énormément de potentiel pour viser plus haut, a-t-il confié. C'est frustrant de savoir que l'on peut se battre pour la victoire mais qu'on ne peut rien y faire." Surtout devant des tribunes garnies de plus de 110000 spectateurs qui, eux, n'espéraient que ça.

Fabio Quartararo (Yamaha) lors du Grand Prix de France, le 15 mai 2022 au Mans

Crédit: Getty Images

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