Bastianini surprend encore, les Français passent à côté. Pourtant annoncé comme le grand favori à la vue de son rythme de course affiché tout le week-end durant, Fabio Quartararo a dû se contenter de la quatrième place, loin derrière un duo de Ducati impérial. Enea Bastianini (Gresini) a profité de la chute de Pecco Bagnaia pour tranquillement s'imposer dimanche sur le circuit Bugatti du Mans devant Jack Miller.
Grand Prix de France
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A la lutte avec "El Diablo" pour la dernière marche du podium, Aleix Espargaro (Aprilia) confirme avec sa troisième place qu’il faudra compter sur lui pour le championnat. L’Espagnol revient d’ailleurs à 4 points de Quartararo au général, qui a malgré tout sauvé l’essentiel. Parti de trop loin, Johann Zarco a fini cinquième.

La chaleur a inhibé les Tricolores

68 ans après, Pierre Monneret attendra encore son successeur. Malgré l’affluence record dans les tribunes (plus de 110 000 spectateurs) et les promesses semées par les deux tricolores durant les essais et la qualification, le soufflé a surchauffé et s’est ratatiné. Concentré sur son rythme et ses pneus, Fabio Quartararo a roulé sur des œufs chauffés à blanc.
La température de la piste du circuit Bugatti a poussé El Diablo à la prudence, dans l’attente d’une fin de course plus débridée. Pas de chance, Ducati a prévu le scénario inverse. Au prix d’un envol parfait, le duo de la firme de Bologne s’est fait très vite la malle.

Fabio Quartararo (Yamaha) lors du Grand Prix de France

Crédit: Getty Images

Englué entre les Honda de Takaaki Nakagami (LCR Honda) et Marc Marquez (Repsol Honda), Quartararo a eu toutes les peines du monde à s'exfiltrer de cette nasse. Une fois débarrassé de la fourmi de Cervera, le Niçois a fait l’élastique derrière les échappements d’Aleix Espargaro (Aprilia).
En délicatesse à la réaccélération, le pilote officiel Yamaha a pu profiter des malheurs de Suzuki pour gratter quelques places à moindre coût. Alex Rins et Joan Mir hors du jeu, le top 5 semblait assuré. Une place derrière mais plus loin sur la piste, Johann Zarco (Pramac) n'a en revanche eu aucun mal à se défaire d’un Marc Marquez mis au supplice par sa machine.

Bagnaia se saborde, Bastianini s’affirme

Chez les Rouges, l’usure du pneu avant "tendre" de Jack Miller a éjecté l’Australien de la bagarre pour la gagne, à laquelle s’est greffé Enea Bastianini (Gresini). "Bestia" a lancé les hostilités à sept tours du terme. Sans doute échaudé par l’insolence de son jeune compatriote, Francesco Bagnaia a répondu sans attendre avec autorité.
Mais l’asphalte surchauffé a eu raison du Turinois, coupable d’un tout droit quelques virages plus tard, avant de perdre l’avant à six tours de l’arrivée. Trop présomptueux, le transalpin a perdu gros dans l’affaire, lui qui accuse désormais 46 points de retard au championnat sur Quartararo, qui n’en demandait pas tant.
Le Niçois n’a certes pas réussi à déborder Aleix Espargaro, troisième dimanche et revenu à quatre longueurs au général, mais le champion du monde en titre a limité les dégâts avec sa quatrième place. Une place devant Johann Zarco, cinquième, qui a attendu la mi-course pour rivaliser avec les chronos alignés par les leaders.
Un trio s’échappe dorénavant en tête du général que domine toujours Quartararo. Candidat au titre après sa troisième victoire de la saison, Bastianini étonne par sa science des temps forts et faibles. Le pilote du Team Gresini n’est qu’à huit points de la tête du classement. Comme quoi, il y a toujours un transalpin enfourchant une Ducati pour compliquer la tâche du nouveau roi de la MotoGP.

Fabio Quartararo (Yamaha) salue la foule après le Grand Prix de France, le 15 mai 2022

Crédit: Imago

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