Si Ducati est franche avec elle-même, elle a probablement admis la supériorité de Marc Marquez (Honda HRC). S'est-elle, pour autant, résignée à offrir la couronne mondiale à Andrea Dovizioso ? La deuxième hypothèse est inenvisageable, au bout d'une saison où l'équipe italienne a, maintes et maintes fois, fait jeu égal avec le mastodonte espagnol, et au terme d'une séance de qualification qui lui a été entièrement favorable, à Sepang. Au pied d'une montagne haute de 33 points, dont le sommet semble impossible à gravir "à la régulière" puisque c'est le sujet, la firme de Borgo Panigale a peut-être d'autres cordes pour y parvenir. Elle peut compter sur les autres. Car elle a toute la liberté de passer des consignes.

Dovizioso, Petrucci, Lorenzo et les petits calculs

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26/10/2017 À 07:02
A vrai dire, le constructeur de Bologne aurait déjà pu profiter de son vaste réseau -une équipe officielle, trois autres satellites ou clientes (Pramac, Aspar et Avintia)- en Australie, si ses machines ne s'étaient pas perdues au-delà du Top 10. L'avait-elle envisagé ? "Ils en avaient déjà parlé à Phillip Island. Nous sommes dans un paddock et tout se sait", assurait Marquez... pendant que "Dovi" disait le contraire : "Nous n'en avons pas parlé. Je ne suis pas très favorable à ce type de manœuvres, surtout quand nous ne sommes pas à la dernière course, se défendait l'Italien. Nous sommes dans un sport individuel. Il ne faut pas s'accrocher à cela ni regarder les pilotes des autres marques qui te prennent des points."

Andrea Dovizioso (Ducati Team), favori sur le circuit de Sepang ?

Crédit: Getty Images

Pour appuyer son discours, Dovizioso aurait pu évoquer un exemple tout frais. Dans la baie de Western Port, Scott Redding, pilote Pramac, lui a filé sous le nez sur la ligne d'arrivée, emmenant même Dani Pedrosa (Honda HRC) dans sa roue. L'épilogue lui a coûté deux précieux points. Mais il n'avait rien de surprenant. En froid avec son employeur, le Britannique a acté, depuis plusieurs semaines, son départ chez Aprilia en 2018. Il n'avait aucune raison de s'incliner. Mais malgré cela, le Forlimpopoleso a de véritables alliés. Régulièrement en lutte pour le podium sur piste humide -le ciel de Sepang est toujours menaçant- Danilo Petrucci (Ducati Pramac) a d'ores et déjà démontré, à Motegi, qu'il était capable d'opposer bien plus de résistance à l'Espagnol qu'à son compatriote. Et Sepang est un circuit autrement plus favorable à la Desmosedici.

Marquez espère de la tranquillité, mais il s'est préparé à lutter

Malgré cela, l'équation comporte une inconnue majeure. Elle concerne Jorge Lorenzo. "Por Fuera" sera-t-il capable d'ouvrir un boulevard à son voisin de box s'il mène, dimanche, sur le SIC, comme il l'a si souvent fait depuis le début de saison ? Le Majorquin a une fierté de triple champion du monde, une sixième place à arracher à Johann Zarco (Yamaha Tech3) et surtout, une victoire salvatrice à décrocher pour apaiser une première saison délicate sous la bannière italienne. Interrogé par nos confrères de Motorsport.com avant le Grand Prix d'Australie, il avait réfuté une telle hypothèse... au moins pour les deux courses précédant la "finale" à Valence. Mais au moment où il a été interrogé, l'écart séparant Marquez de son coéquipier n'était "que" de onze points. Il a triplé depuis. Entre-temps, Lorenzo a probablement revu son jugement, lui qui a, parfois, au cours de l'année, déçu son employeur.

Jorge Lorenzo (Ducati Team) lors des essais libres du Grand Prix de Malaisie 2017

Crédit: Ducati Motor Holding S.p.A

Et les autres ? Deux ans après le "Sepang clash", Valentino Rossi (Yamaha Factory), installé en deuxième ligne -devant Marquez- pourrait jouer les arbitres. Après la qualification, VR46 a souri lorsqu'un journaliste de Marca lui a soufflé l'idée. "Je vais faire ma course et espérer être assez rapide pour me battre pour le podium, comme je l'ai toujours fait durant ma carrière", a-t-il ensuite rétorqué. En interne, Yamaha espère probablement que le titre échappe à l'Espagnol, tant il est devenu "bankable" pour le constructeur rival.
Que Dovizioso et ses "alliés" soient en nombre ou non, Marquez disposera d'un champ des possibles bien plus large. Il sera sacré, quoiqu'il arrive, s'il boucle la course en vainqueur ou en dauphin. "J'ai une chance : je ne suis dépendant de personne", disait justement le surdoué de Cervera en conférence de presse. Et une semaine après avoir maté une horde de cinq pilotes affamés, il est rôdé : "J'ai adoré notre course au Grand Prix d'Australie. Mais ici, je préférerais être plus tranquille", assurait-il. Dans le cas contraire, il a déjà prévenu :"S'il faut lutter, je lutterai".
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