Andrea Dovizioso grand vainqueur, Marc Marquez grand gagnant. Dimanche à Misano, le Grand Prix de Saint-Marin a fait deux heureux, pour des raisons différentes. Son coéquipier Jorge Lorenzo en forme toujours plus ascendante en pole position, l'Italien avait besoin de restaurer son autorité dans l'équipe Ducati Team, et il a magistralement réussi dans son entreprise en inscrivant enfin l'épreuve à son palmarès.
Après cinq tours en tête de "Por fuera", posté jusqu'à deux secondes devant la meute, "Dovi" est passé à l'attaque, imparablement. Il s'est immédiatement échappé et seule sa gestion prudente de la fin de course a laissé espérer le Majorquin. Et l'a peut-être piégé en même temps. Car c'est en forçant pour revenir sur le leader frappé du n°04, en compagnie de Marc Marquez (Honda HRC), que Lorenzo a perdu l'avant de sa GP18, à deux tours du but.
Avant sa chute, le triple champion du monde, futur titulaire du HRC, était à 1"3 mais il aurait probablement fallu une erreur de Dovizioso pour changer le nom du vainqueur.

Zarco à 27 secondes

Le pilote de la Desmosedici n°99 reparti pour une 17e place sans point, Marc Marquez a donc réalisé la bonne affaire avec les 20 unités d'une deuxième place qui le rapproche d'un cinquième titre mondial majeur. Tout ça devant 96758 spectateurs quasiment tous acquis à la cause de son rival Valentino Rossi (Yamaha Factory), septième, il avait de quoi jubiler à l'arrivée. D'ailleurs, il ne mène plus le championnat devant "le Docteur" mais devant le vainqueur du jour. Pour 67 points.
Jack Miller (Ducati Pramac) deuxième sur l'aire de départ mais rapidement au tapis, Cal Crutchlow (Honda LCR) a donc capitalisé sur une sage course solitaire pour aller chercher son deuxième podium de la saison, à 7"2, loin devant un groupe de déboussolés emmené par Alex Rins (Team Suzuki), quatrième à 14"687, qui a précédé un Maverick Viñales (Yamaha Factory) en baisse de régime après une qualification prometteuse.
C'est une étrangeté mais bien une réalité : peu de pilotes avaient des raisons d'être satisfaits au baisser du drapeau à damier. Johann Zarco (Yamaha Tech3), 10e à plus de 27 secondes, en fait partie.