Ces dernières semaines, Fabio Quartararo a beaucoup répété qu'il avait hâte de rouler à Misano. Il suffisait de se souvenir de ce que le Français fut capable de réaliser sur le circuit des bords de l'Adriatique pour le croire. Mais ce que l'on ne savait pas encore, au moment où le leader du Championnat du monde évoquait cette manche, c'est qu'un autre élément bien moins apprécié du pilote avait lui aussi prévu de s'inviter au rendez-vous. La pluie a largement perturbé les premiers essais libres du Grand Prix de Saint-Marin, ce vendredi. Et compte bien, selon les prévisions météorologiques, arroser le circuit Marco Simoncelli une bonne partie du week-end, pour ne pas dire l'intégralité.
Pour "El Diablo", c'est tout sauf une bonne nouvelle. S'il a toujours refusé, jusqu'ici, d'imaginer les différents scénarii qui pourraient le mener au sacre mondial, il avait aussi une idée très claire des tracés sur lesquels il avait beaucoup à gagner, et de ceux sur lesquels il avait plus à perdre. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard s'il avait assuré qu'il "ne penserait au titre qu'à partir du Grand Prix de Saint-Marin." La manche la plus difficile sur le papier - le Grand Prix d'Aragon - est maintenant derrière. Et à cinq épreuves de la fin de saison, plus aucun tracé ne lui fait "peur". En tout cas, pas dans des conditions "normales".
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Quartararo a encore de la marge

Avec la pluie, c'est une autre paire de gants. Dimanche, les chances que des averses s'abattent sur le circuit de Misano sont supérieures à 70% entre 12h30 et 17h30. Départ de la course : 14h00. Pas très rassurant, même si la marge de Quartararo en tête du Mondial est encore très confortable. Avec 53 unités d'avance sur Francesco Bagnaia, le Français pourrait se permettre de perdre 10 points par Grand Prix et enlever la couronne au bout. Problème, tous ces petits calculs ne tiennent pas compte d'un facteur de moins en moins négligeable au fur et mesure que la pente s'élève : la dynamique et l'aspect mental.

Fabio Quartararo (Yamaha Factory) dans le cadre du Grand Prix d'Aragon, le 10 septembre 2021

Crédit: Imago

Sur ce dernier plan, le Français a fait de gigantesques progrès et l'a démontré tout au long de la saison. Au Mans, le podium qu'il a décroché sous la pluie en mai dernier avait servi de déclic, un an après avoir quelque peu bu la tasse (9e) sur le même circuit et dans des conditions similaires. "C'est bien d'avoir obtenu ce résultat dans ce contexte, disait-il alors. Dans des conditions très humides, on n'était pas les meilleurs, mais plutôt entre la 7e et la 10e place. Je suis très content et je pense que ça va m'aider à l'avenir."
En Autriche, mi-août, la course flag-to-flag a tout de même démontré que le déficit de performance sur l'humide ne venait pas uniquement de lui. Mais aussi de sa machine. "Je n'ai pas de confiance, notait-il après une séance d'essais pluvieuse. On a un problème qu'on ne peut pas résoudre et je ne peux pas garder de la vitesse en courbe. Sur l'angle, les sensations sont horribles."

Quartararo comme Lorenzo

Ces remarques ressemblaient comme deux gouttes d'eau aux plaintes de Jorge Lorenzo, à l'époque où lui aussi peinait à contrôler sa Yamaha dans des conditions délicates. Ce même Lorenzo qui, cette semaine encore, a comparé le style de pilote du Français au sien. Tiens, tiens.
Si Yamaha a comblé une bonne partie du retard accumulé sur les autres constructeurs du point de vue technique, la firme nippone patine toujours sur le mouillé. Tout le contraire de Ducati, référence dans le contrôle de la traction. Ce qui permet à ses pilotes de faire de grosses différences dans les conditions difficiles. À Spielberg, Francesco Bagnaia et Jorge Martin avaient arraché le podium après un passage par la voie des stands, alors que Quartararo, qui luttait pour la gagne avant cela, avait dû se contenter du 7e rang.
Bref, le rival italien, qui a réussi un joli coup en s'imposant en Aragon la semaine dernière devant Marquez, pourrait bien effectuer la danse de la pluie dans son motorhome. D'autant qu'il apprécie lui aussi le circuit de Misano. Il le connaît même par cœur. L'ancien élève de Valentino Rossi a passé beaucoup de temps dans le coin.
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