Il y a bien longtemps que l'on sait que Marc Marquez (Honda HRC) est un homme pressé. Et si certains en doutaient encore, l'Espagnol les a certainement convaincus en décrochant son cinquième titre MotoGP, ce dimanche, à Motegi. A 25 ans, 8 mois et 4 jours, le prodige devenu patron a encore tout fait très vite, enlevant la couronne dès sa première opportunité.
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Jamais Marquez n'avait gagné en s'élançant depuis le sixième rang sur la grille. Jamais il n'a voulu, depuis le début du week-end, s'affirmer comme le favori pour la victoire, concédant volontiers la supériorité d'Andrea Dovizioso et de sa Ducati sur le tracé nippon. Mais qu'importe les signaux, qu'importe son statut : devant les yeux du grand patron de Honda, l'idole de Cervera s'est offert une victoire à l'image de la saison. Durant les 24 tours de l'épreuve, le n°93 a fait tout ce qu'il a voulu. Quand il l'a voulu.

Marquez, encore plus fort en "mode Dovi"

Irrésisible au départ, dans la roue de Dovizioso dès le premier tour après avoir profité d'un contact précoce entre Johann Zarco (Yamaha Tech3) et Jack Miller (Ducati Pramac), Marquez a appliqué la stratégie gagnante établie en Thaïlande. En "mode Dovi", comme il aspire à l'être perpétuellement désormais, le champion a patienté, 20 tours durant, laissant encore l'Italien s'épuiser devant lui.
Entre-temps, l'Espagnol l'a aussi chahuté, comme lorsqu'il l'a attaqué, une première fois, à mi-course, la roue dans la gazon à la sortie d'un vibreur. Puis il l'a débordé, définitivement, à quatre tours du terme, comme il en a pris l'habitude. Lassé par la supériorité de son rival, Dovizioso a finalement craqué, deux boucles plus tard, en chutant de la même manière qu'à Valence, la saison dernière, lorsqu'il était déjà un candidat au titre.
L'histoire se répète, les écarts se creusent. Derrière, loin derrière, Cal Crutchlow (Honda LCR) et Alex Rins (Suzuki Team), qui ont complété le podium, lui ont concédé 1"5. Valentino Rossi (Yamaha Factory), Alvaro Bautista (Ducati Angel Nieto) ou encore Johann Zarco (Yamaha Tech3), qui ont suivi dans cet ordre, se sont encore contentés des miettes. Une nouvelle fois, Marquez s'est isolé. Il semble l'être, de plus en plus.