Tous les champions vous le diront. Rien de pire que de se retenir, rien de pire que de se restreindre, rien de pire que de ne pas pouvoir utiliser ses capacités à fond. Quand vous avez appris à gagner, que vous êtes persuadé de pouvoir continuer à le faire, se battre pour des accessits est une source de frustration terrible. C'est ainsi qu'il fallait lire les multiples déclarations de Fabio Quartararo depuis le début de saison, mécontent de sa Yamaha et des résultats décevants obtenus avec.
Sa première partie de saison a donc ressemblé à une longue mission survie : rester dans le coup, gratter des points là où il pouvait en attendant des jours meilleurs. Ils ont fini par arriver. Ce dimanche, à Portimao, il y avait Quartararo et les autres. La meute l'a rapidement compris en le voyant prendre les commandes dès le troisième tour sans jamais les lâcher. El Diablo a démarré vite, il a fini fort. Six secondes le séparaient notamment de Johann Zarco à l'arrivée, symbolisant sa domination tyrannique ce dimanche.
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Démarrage en trombe

"Dès le warm-up, j'ai senti que j'avais quelque chose en plus mais je savais que si je ne faisais pas un bon premier tour, c'était foutu pour la victoire et le podium, a commenté le héros du jour sur Canal +. C'est pour ça que j'ai fait des dépassements très agressifs pour prendre la tête de la course et aller chercher cette première victoire depuis un petit moment".
Parti en pole mais en délicatesse en début de course, Zarco ressemblait au témoin idéal ce dimanche pour confirmer l'impression dégagée par le tenant du titre. "Quand je suis revenu sur Fabio et Mir, j'ai d'abord pensé à passer Mir pour me bagarrer avec Fabio mais j'ai vite senti qu'il était un cran au-dessus, qu'il allait trop vite pour moi donc j'ai roulé à l'économie derrière Mir", expliquait-il à Canal +.
Le résultat : un beau doublé français, après celui de l'an passé à Doha, et aucun regret pour le dauphin du jour, conscient du phénomène qu'est Quartararo. "C'était une belle Marseillaise, elle n'était pas jouée pour moi mais j'ai au moins pu la chanter, a-t-il souri. Fabio est parti tout de suite très fort. Quand il arrive à imposer son style, il va très vite. C'était sa course, il a creusé l'écart puis a géré son avance mais cette deuxième place me fait vraiment du bien, j'ai passé un gros cap et ça c'est bon !".
Je suis désormais capable de faire des choses que je ne faisais pas avant
Un cap, c'est aussi ce qu'a franchi Quartararo ce dimanche. Le revoilà aux commandes d'un championnat du monde anarchique, à égalité de points avec Alex Rins et juste devant une meute constituée de Aleix Espargaro, Enea Bastianini voire Zarco. Le patron est-il de retour aux affaires ? En tout cas, cette victoire lui a redonné le feu intérieur et des pistes pour les prochaines échéances.
"C'est un rêve parce que la première partie de saison était très compliquée mais fidèle à mes habitudes je n'ai jamais baissé les bras, s'est réjoui le Niçois. Je ne m'attendais pas à pouvoir tenir un tel rythme, j'ai trouvé quelques points positifs qui devraient bien nous aider à Jerez". En Espagne, il aura l'occasion de prendre le pouvoir seul et se réaffirmer comme le candidat le plus crédible à sa propre succession.
"Je suis très optimiste pour cette course, grâce à cette victoire je vais être en pleine confiance sur ce circuit que j'adore. J'avais eu des soucis physiques là-bas l'an dernier mais je suis en meilleure forme cette année et l'objectif sera forcément très haut. J'ai appris énormément de choses dans les moments compliqués comme l'Argentine et les États-Unis et je suis désormais capable de faire des choses que je ne faisais pas avant. Je me sens vraiment bien en ce moment". Pas forcément une bonne nouvelle pour la concurrence…
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