On aimerait beaucoup vous dire que chaque jour qui passe vous rapproche de la reprise du championnat MotoGP. Malheureusement, ce n'est pas encore tout à fait vrai, puisque la date de rentrée de Rossi, Marquez, Quartararo and co ne cesse d'être repoussée, au rythme des différents reports et des décisions gouvernementales destinées à restreindre au maximum la propagation du Covid-19.

Mais le temps d'attente est aussi celui de nombreuses questions capitales portant sur les nouveaux enjeux sportifs, économiques et logistiques liés à la suspension du championnat. Voici les plus importantes, et leurs réponses.

Saison 2020
L'espoir demeure pour un report du Grand Prix de France
15/04/2020 À 15:51

A quand la reprise du championnat ?

A l'instant où vous lisez ces lignes, le lancement de la saison 2020 de MotoGP est fixé au 9 août prochain, en République tchèque, sur le circuit de Brno. La manche inaugurale, habituellement disputée au Qatar, a été annulée pour la catégorie reine. Les épreuves prévues en Thaïlande, aux Amériques et en Argentine ont été reprogrammées, alors que les Grands Prix d'Espagne, de France, d'Italie et de Catalogne ont été reportés.

Plus récemment, le Grand Prix d'Allemagne a annoncé se chercher une nouvelle place dans le calendrier, le gouvernement local ayant interdit tout rassemblement populaire jusqu'au 31 août. La problématique est la même pour le très populaire Grand Prix des Pays-Bas. Mais elle est légèrement différente pour la toute nouvelle épreuve finlandaise, dont le circuit n'a pas encore été homologué, et ne pourra pas l'être avant le 12 juillet. Voilà pour la théorie.

Dans quelles conditions seront disputées les courses ?

Bien évidemment, toutes les épreuves ne pourront être recasées dans le calendrier. La Dorna, promoteur du championnat, travaille sur plusieurs scénarios, comme l'a fait savoir Carmelo Ezpeleta sur Onda Cero. Le plus optimiste consisterait à disputer tous les Grands Prix encore programmés. Mais il reste, à ce jour, utopique. Le moins réjouissant acterait l'annulation pure et simple de la saison.

Deux autres cas, plus probables, sont envisagés. Le premier porte sur une dizaine d'épreuves. Une moitié en Europe, disputée à la fin de l'été et au début de l'automne. L'autre moitié aurait lieu dans des pays où la météo est plus clémente en novembre et lors de la première quinzaine de décembre. Le deuxième entraînerait l'organisation d'une dizaine de courses sur deux ou trois circuits différents, afin de réduire au maximum les problématiques logistiques.

Les supporters de Valentino Rossi (Yamaha) lors du Grand Prix d'Italie 2019

Crédit: Getty Images

Le paddock, lui, serait également réduit et les équipes, restreintes. L'accès aux journalistes et aux invités pourrait être contrôlé ou limité. L'idée étant de contenir le nombre de personnes y circulant à un petit millier, contre trois fois plus habituellement. Il y a de fortes chances qu'une grande majorité des Grands Prix soient disputés à huis clos.

Faut-il s'inquiéter pour le spectacle ?

A priori, non. Les pilotes s'entretiennent et s'impatientent, les machines sont développées… Seul le scénario prévoyant l'organisation de plusieurs courses sur un même circuit pourrait avoir un véritable impact sur le spectacle. En effet, certains tracés pourraient considérablement avantager des constructeurs ou des pilotes. Spielberg est, par exemple, particulièrement favorable à Ducati. Et les circuits antihoraires sont un terrain de jeu idéal pour Marc Marquez.

Quelles sont les conséquences économiques ?

Le modèle économique de la discipline est bien plus sain que d'autres. Ce qui ne veut évidemment pas dire que la crise n'aura pas d'impact sur le championnat. Les structures privées, les plus fragiles, vont recevoir un coup de pouce de la Dorna, le promoteur, à hauteur de 250 000 euros par mois en avril, mai et juin. Ces aides devraient être renouvelées en juillet. Mais elles ne couvriront pas les pertes liées aux sponsors, qui pourraient "casser" les contrats si le calendrier est amputé et les courses disputées à huis clos.

La Commission Grand Prix a ordonné le gel du développement et les prototypes développés pour la saison 2020 seront conservés à l'identique en 2021, afin de réduire les coûts. A plus grande échelle, la crise ne sera pas absorbée de la même manière par tous les constructeurs.

"Depuis des années, Honda roule avec un seul pilote : Marquez"

Honda produit 20 millions de motos par an et son rayonnement à travers le monde dépasse largement le cadre du MotoGP. Le pont d'or récemment offert à Marc Marquez – entre 50 et 75 millions d'euros selon les sources – pose finalement un problème plus éthique que financier. Au Japon, les usines n'ont pas mis leurs activités à l'arrêt complet.

Quasiment pas implanté en Asie, Ducati vend à peine plus de 50 000 machines annuellement et investit massivement dans la compétition, sa principale vitrine. En proportion, le budget injecté par le constructeur de Bologne est beaucoup plus important. Le constat est sensiblement le même pour KTM. Il ne faut pas oublier, non plus, que le soutien économique des entreprises varie dans d'importantes proportions en fonction des pays.

Quid de l'avenir de Valentino Rossi ?

A l'origine, la promotion de Fabio Quartararo au sein de l'équipe d'usine n'avait pas impacté son plan. Valentino Rossi a toujours clamé qu'il souhaitait disputer quelques courses afin de jauger son niveau, ce avant de prendre une décision sur son avenir. Désormais, il est très difficile d'imaginer la légende de la discipline ranger le cuir au bout d'une saison aussi particulière que celle qui s'annonce. Surtout, son influence sur ce sport est telle que le championnat ne surmontera pas la crise de la même manière avec ou sans lui.

Valentino Rossi (Yamaha) lors des essais de pré-saison en Malaisie, le 8 février 2020

Crédit: Getty Images

C'est bien la raison pour laquelle Yamaha lui a réservé une place au sein de la structure Petronas. Problème, la firme aux diapasons attendait une réponse fin juin au plus tard, comme l'a fait savoir Lin Jarvis, patron de l'écurie officielle, à Speedweek. Désormais sous pression, le Docteur va donc devoir prendre une décision sans rouler, à 41 ans, alors qu'il a récemment exprimé l'envie de devenir papa. Et qu'il lui sera très difficile de négocier un salaire attrayant.

Le point sur le calendrier MotoGP

  • Grand Prix du Qatar : 8 mars 2020 - Annulé
  • Grand Prix de Thaïlande : 22 mars 2020 - Reporté au 4 octobre 2020
  • Grand Prix des Amériques : 5 avril 2020 - Reporté au 15 novembre 2020
  • Grand Prix d'Argentine : 19 avril 2020 - Reporté au 22 novembre 2020
  • Grand Prix d'Espagne : 3 mai 2020 - Reporté à une date ultérieure
  • Grand Prix de France : 17 mai 2020 - Reporté à une date ultérieure
  • Grand Prix d'Italie : 31 mai 2020 - Reporté à une date ultérieure
  • Grand Prix de Catalogne : 7 juin 2020 - Reporté à une date ultérieure
  • Grand Prix d'Allemagne : 21 juin 2020 - Reporté à une date ultérieure
  • Grand Prix des Pays-Bas : 28 juin 2020 - Reporté à une date ultérieure
  • Grand Prix de Finlande : 12 juillet 2020 - Circuit non homologué
  • Grand Prix de République tchèque : 9 août 2020
  • Grand Prix d'Autriche : 16 août 2020
  • Grand Prix de Grande-Bretagne : 30 août 2020
  • Grand Prix de Saint-Marin : 13 septembre 2020
  • Grand Prix d'Aragon : 4 octobre 2020
  • Grand Prix du Japon : 18 octobre 2020
  • Grand Prix d'Australie : 25 octobre 2020
  • Grand Prix de Malaisie : 1er novembre 2020
  • Grand Prix de Valence : 15 novembre 2020
Saison 2020
La poisse continue : troisième opération pour Marquez et une possible absence longue durée
HIER À 22:44
Saison 2020
Stoner : "En disputant la moitié du Mondial, Marquez aurait été champion"
24/11/2020 À 12:01