La moisson de médailles françaises a démarré. Le DTN Claude Fauquet annonçait des Tricolores en confiance et ambitieux, Nicolas Rostoucher en a été le premier exemple. Le pensionnaire de Mulhouse s'est adjugé la médaille de bronze sur le 400 m libre en explosant une nouvelle fois son record de France. Il lui avait mis une seconde dans la vue le matin en série (3'48"08 contre 3'49"00), il en a remis une couche en finale: 3'47"04. En quelques heures, Rostoucher a donc amélioré le record national de deux secondes, s'est offert son premier podium européen en individuel, ainsi que son ticket pour les prochains mondiaux de Melbourne. Belle journée.
L'Alsacien n'a jamais été vraiment dans le coup pour le titre. Logique, il ne partait pas favori. C'est d'abord Massimiliano Rosolini qui démarre en trombe. L'Italien part sur des bases élevées et garde une longueur d'avance jusqu'aux 200m sur ses principaux rivaux, Yuri Prilukov et donc, Rostoucher. Adepte des longues distances, le Français parvient à combler légèrement son retard sans jamais inquiéter les deux hommes. Il assure tranquillement jusqu'au bout sa breloque tandis que le Russe termine fort et coiffe Rosolino au poteau pour le titre.
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Des relais bronzés aussi
Dans la foulée, ce sont les relais 4x100 m qui ont brillé. Les filles d'abord avec Alena Popchanka, Aurore Mongel, Céline Couderc et Malia Metella. Derrières les intouchables Allemandes (nouveau record du monde en 3'35"22), les Françaises ont été idéalement lancées par Popchanka qui signe le meilleur 100 m de sa carrière. Metella termine le travail et permet à l'équipe de monter sur la troisième marche du podium avec un nouveau record de France à la clé (3'38"83). Pas le temps de respirer ou de savourer, c'est au tour des hommes de se jeter à l'eau pour la même épreuve.
Après un démarrage en douceur avec Alain Bernard et Grégory Mallet, Fabien Gilot, auteur du deuxième meilleur temps (48"42) de la course, permet aux Bleus de prendre la tête. Avec Amaury Leveaux en finisseur, la médaille d'or est à portée de main mais le quatrième nageur français craque complètement. Lancé avec 50 centièmes d'avance sur le deuxième, il échoue à la troisième place à 1"30 de l'Italien Filippo Magnini et son impressionnant 47"62. Le Russe lui souffle même l'argent pour six centièmes. Dommage.
Manaudou déçoit
Ces trois médailles atténuent quelque peu la déception de la matinée: l'élimination de Laure Manaudou dès les séries du 400 m 4 nages. La semaine qui démarre à Budapest devait être celle de son hégémonie sur le continent et la confirmation que la nageuse de Melun fait partie d'une galaxie où ne se côtoie que les étoiles de la discipline. La route est encore longue. Si son aura, son charisme et sa classe ne font aucun doute, son entrée dans le bassin hongrois en ce lundi a laissé une impression plus que mitigée.
Une série du 400m 4 nages abordée avec la 2ème référence mondiale qui ne devait être qu'une formalité avant d'aborder la finale de l'après midi se transforma petit à petit en un véritable chemin de croix. Un premier 100m papillon parfaitement géré, un 100m dos bien tenu et puis l'épreuve tant redoutée de la brasse qui va plonger la Française dans la plus grande perplexité. Première après 200m, Manaudou pointait après la brasse à une peu reluisante 6ème place. Le dernier 100m libre ne servait à rien et la Française ne forçait pas pour tenter d'arracher une qualification déjà envolée.
A l'arrivée de la première mise en bouche de la championne olympique, une impression étrange se dégageait. Partie vite sur les conseils de Philippe Lucas, la Française expliquait péniblement sa prestation matinale : "C'était ma première course. Je ne savais pas comment la nager. A l'échauffement, je n'avais pas de bonnes sensations." La course aux médailles attendra donc et on s'impatience déjà à l'idée de la revoir à l'oeuvre mardi lors des séries du 800m libre.
Trois nouvelles chances
Pour ce qui est des autres résultats, Esther Baron a poursuivi son cavalier seul sur 200 mètres dos. L'autre nageuse de Melun, meilleur temps des séries, s'est qualifiée pour la finale en étant la seule nageuse à passer sous la barre des 2'12''. Elle sera accompagnée par sa compatriote, Alexandra Putra. Chez les hommes, Hugues Duboscq tentera de décrocher mardi le titre sur 100 m brasse. Frédérick Bousquet, qui a égalé son record de France (23"83), fera de même sur 50 m papillon. Simon Dufour a eu moins de veine sur 100 m dos. Avec le 9e temps des demies, il est le premier non-qualifié pour la finale.
Pour le reste, c'est l'Italie qui s'est illustrée lors de cette première journée de natation. Avant la médaille d'or du relais messieurs (4x100m libre), Alessia Filippi, 19 ans seulement, a littéralement écoeuré ses adversaires sur le 400 m 4 nages: 5e meilleur chrono de l'histoire (4'35"80), cinq secondes de mieux que son record personnel. Une performance qui en annonce d'autres. On aurait aimé la voir face à Laure Manaudou mais le record personnel (4'40"12) de la Française n'aurait pas pesé bien lourd face à celle qui pourrait lui voler la vedette dans ces Championnats d'Europe.
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