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Pas de repêchage pour le relais dames, symbole d'une exigence réaffirmée

Pas de repêchage pour le relais dames, symbole d'une exigence réaffirmée
Par AFP

Le 21/04/2019 à 00:40Mis à jour Le 21/04/2019 à 01:31

CHAMPIONNATS DE FRANCE - Il a manqué 9 centièmes pour qualifier un relais 4x100 m dames pour les prochains Mondiaux. Et la fédération française n'a pas voulu faire exception.

Neuf centièmes méritent-ils de déroger à ses principes ? Non, a répondu l'encadrement de la natation tricolore en ne repêchant pas le relais 4x100 m dames, champion d'Europe en titre mais qui a manqué de peu les minima qualificatifs pour les Mondiaux 2019, aux Championnats de France, samedi à Rennes.

Sur 100 m, le bassin a livré son verdict sans ambiguïté en individuel. Charlotte Bonnet disposant d'ores et déjà de son billet au titre de sa médaille européenne obtenue l'été dernier sur la distance, le dernier sésame disponible est revenu à Béryl Gastaldello. En séries, celle qu'on a vu proche de Philippe Lucas cette semaine a nagé - pile - le temps requis : 54 sec 32. Marie Wattel a aussi fait le nécessaire (54.30). En finale, c'est Gastaldello qui s'est offert le ticket restant en se classant dans les deux premières, en 53 sec 84, record personnel raboté de quatorze centièmes, derrière Bonnet, victorieuse en 53 sec 29.

Le sort du relais, lui, a posé l'espace de quelques heures un cas de conscience à l'encadrement de la natation française. Dans la matinée, le cumul des temps retenus - calculé sur les deuxième à cinquième temps des séries, selon les critères édictés par la Direction technique nationale - a dépassé le chrono fixé pour neuf centièmes (3:38.33 pour 3:38.24). Juste ce qu'il faut pour rendre le sujet épineux.

"Si on transgresse la règle..."

"On va attendre la finale pour voir si on maintient l'application du règlement tel qu'il est écrit ou si éventuellement on essaie de voir comment on peut prendre en considération le niveau de performance réalisé et rester en cohérence avec ce qui a été annoncé", explique Richard Martinez, le directeur de la natation course, à la mi-journée. "Si on transgresse la règle, il faut que ça en vaille le coup. C'est une décision lourde", insiste-t-il.

C'est que, depuis le début de la semaine, l'équipe arrivée aux responsabilités à l'automne 2017, quelques mois après le changement de présidence à la tête de la Fédération, et chapeautée par Julien Issoulié, le Directeur technique national (DTN), a répété son credo : "On ne passera pas au-dessus des règles". Car elle a à coeur d'ancrer de nouveau l'exigence dans l'ADN de la natation française, pour, pied à pied, se repositionner sur la scène internationale.

A coeur, aussi, de ne pas réveiller les démons d'un passé pas si lointain. On se souvient de l'épisode emblématique de 2016, quand seulement dix nageurs avaient émergé des sélections olympiques (6 seulement en individuel), avant qu'un repêchage massif constitue un groupe quasiment trois fois plus gros, de 28 nageurs. "Tout compte, nos convictions personnelles, l'historique", énumère Martinez. "Le relais peut faire de belles choses cet été, mais ils sont pris au piège du fait de rester dans les critères, un peu le cul entre deux chaises", résume Bonnet.

"Compliqué de râler", selon Bonnet

La finale nagée, le couperet est tombé. Et c'est l'intransigeance qui a primé. Sans faire l'unanimité chez les nageuses comme dans leur entourage. "Le relais n'ira pas en Corée, il y a un critère, on applique le critère. On les a bien établis, on ne les a pas faits sans réfléchir, on a mesuré toutes les conséquences", martèle Issoulié.

"Sinon, on met règle N.1, il n'y a pas de règle, règle N.2, se fier à la règle N.1, insiste-t-il. On est les premiers désolé que (le relais) ne soit pas qualifié. Qu'est-ce qu'on peut faire pour que ça ne nous arrive plus, c'est la vraie question, la bonne question à se poser." "Si on commence à ouvrir la porte, on se dit : 'C'est pas la peine qu'on se soumette a un niveau d'exigence parce qu'il y a toujours la possibilité de...'", justifie Martinez.

"Je suis très déçue", lâche quant à elle Marie Wattel. "C'est compliqué de râler parce qu'on a attendu plusieurs années pour que les critères se mettent en place et que tout le monde les respecte, souligne Bonnet, en évoquant les sélections pour les JO 2016. Je ne peux pas aller à l'encontre de cette décision parce que je la comprends. J'espère que ce sera un tremplin pour les jeux Olympiques."

Avant de penser à Tokyo, David Aubry, animé par un double projet eau libre-bassin, a lui abaissé le record de France du 800 m de près de deux secondes (7:46.30 contre 7:48.28).