C'est l'heure de replonger à Saint-Raphaël. A l'occasion des championnats de France dans le bassin varois, Florent Manaudou devra nager vendredi l'aller simple (50 mètres nage libre) en 21"80 au moins pour prétendre au sésame olympique mis en jeu au cours de la première fenêtre de qualification, qui s'ouvre cette semaine et se refermera le 21 mars 2021. Tout à fait dans ses cordes, puisque depuis qu'il a replongé au printemps 2019, il a bouclé trois de ses quatre 50 m en grand bassin plus vite.
Mais le champion olympique 2012 et vice-champion olympique 2016 du 50 m, qui a fêté ses trente ans il y a un mois, en veut plus. "J'ai fait 21"7 après dix semaines d'entraînement, alors faire 21"6 après un an et demi, ce n'est pas incroyable", résume-t-il. Quand il a renoué avec la compétition en juin 2019 à Rome, après quasiment trois ans loin des bassins, Manaudou a ainsi immédiatement signé deux 50 m en 21"72 et 21"73.

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J'aimerais bien nager en 21''4 pour avoir l'impression d'avancer
Pour son plus récent aller simple, fin janvier à Luxembourg, il a rétréci sa traversée à 21"56. Un très bon chrono, en particulier si tôt dans la saison, mais "seulement" le dixième de sa carrière, à plus de trois dixièmes de son record personnel remontant à 2015 (21"19). Dans la même logique, en petit bassin, où ont eu lieu la plupart des compétitions auxquelles il a participé depuis son retour, il a multiplié les chronos entre 20"5 et 20"7. Sans pointe de vitesse.
Et Manaudou s'impatiente. "Au niveau mondial, ça me place bien, mais en fait, je suis capable de nager à peu près tout le temps ce temps-là grâce à mes qualités naturelles. C'est mon niveau de base. J'ai besoin de bosser pour gagner ces quelques dixièmes qui ont fait que j'ai fait 20"2 (20.26 exactement) à Doha en 2014", explique-t-il. "C'est la même chose en grand bassin. Maintenant, il faut que je monte une 'step' (marche). Faire 21"6 aux Jeux, ça ne sera pas suffisant pour gagner, et pas non plus pour faire de médaille je pense", poursuit le sprinter.
"J'aimerais bien nager en 21"4 (vendredi) pour avoir l'impression d'avancer. J'ai envie d'être surpris. Je n'ai pas été surpris depuis longtemps, insiste Manaudou. Travailler pour faire tout le temps le même temps, ce n'est pas évident... J'ai envie de me dire 'j'ai gravi un échelon depuis que je suis revenu'." Avant d'être stoppé net par le confinement, il était sur une courbe fortement ascendante en janvier : "Après un stage très difficile en Afrique du Sud, quinze heures de vol du Cap à Istanbul, puis jusqu'à Luxembourg, il nage en 21"5 deux jours plus tard, en gros un temps qui se nage aux JO, alors qu'il n'était pas du tout reposé", souligne toutefois son entraîneur britannique James Gibson.

Florent Manaudou

Crédit: Getty Images

Encore un bloc de 3 à 4 mois d'entraînement pour être au top à Tokyo

"Je lui fais confiance, je sais qu'il sait où il va. On alterne des périodes de fort investissement, et des moments où je lui laisse prendre du recul, sinon ça ne fonctionne pas pour lui", décrit-il à l'AFP. A sept mois des Jeux de Tokyo repoussés d'un an, Manaudou identifie ce qui lui fait encore défaut : "un gros bloc de trois, quatre mois d'entraînement, sans compétition importante, qu'on fait généralement en hiver", mais dont la pandémie de Covid-19 l'a privé. Il compte y remédier au premier trimestre 2021.
En attendant, il fait partie des rares nageurs français qui ont regoûté à la compétition post-confinement dans la bulle sanitaire de la ligue privée ISL cet automne. "Mon corps est habitué à faire des courses à très haut niveau, même si c'était en petit bain. Depuis l'ISL (fin novembre), tout est facile, il y a plein de choses auxquelles je n'ai plus besoin de réfléchir", positive le frère cadet de Laure, a priori aussi au départ du 100 m dimanche. "Mais peut-être que je serai fatigué", envisage-t-il, même si le "shoot de bonheur" ressenti à son retour à Marseille après six semaines de bulle sanitaire à Budapest l'a requinqué mentalement.
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