Il y a ce que l'on savait. Et ce que l'on pressentait. On savait que Yannick Agnel, magistral champion olympique du 200 mètres nage libre en 2012, ne serait pas en mesure de conserver son titre à Rio. Ni même de monter sur le podium. Il est finalement sorti dès les séries, dimanche, avec le sixième chrono de sa course et le 19e temps au total (1'47"35) sur cette première session. Ce que l'on pressentait, c'est que cet échec, à l'ampleur cinglante, marquerait pour lui le bout du chemin. Comme il l'avait laissé entendre dès le printemps aux Championnats de France, il va stopper sa carrière internationale à l'issue de cette saison.
"C'est ma dernière compétition internationale. Si je continue quatre ans comme les quatre dernières années, vous allez me retrouver entre quatre planches", a-t-il lancé à l'évocation d'une possible poursuite de sa carrière jusqu'à Tokyo. Les mots sont lâchés dans un demi-sourire, mais ils disent bien à quel point le bonhomme est arrivé au bout du rouleau. De Londres à Rio, la vie et la carrière de Yannick Agnel n'ont pas été un long fleuve tranquille.
Je garde certaines choses pour moi
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Trop court, Agnel ne défendra pas son titre sur 200m
07/08/2016 À 16:32
"Oui, ça a été dur. Tellement dur", a-t-il expliqué, se livrant sans vouloir trop en dire. "Vous savez que je parle beaucoup quand il y a un micro tendu mais je suis quand même quelqu'un d'assez pudique, a-t-il ajouté. Je garde certaines choses pour moi. Je ne dis pas tout. Mais vous ne pouvez pas imaginer à quel point ça a été difficile pour moi ces quatre années." Puis, un peu plus tard, en anglais dans le texte, devant la presse américaine, il a eu cette formule : "Il n'y a pas toujours eu du soleil dans ma vie depuis quatre ans."
Au sommet de l'Olympe à 20 ans, avec son talent hors normes, sa formidable personnalité et sa tête si bien faite, on le pensait parti pour dominer durablement la discipline et marquer la natation. Encore champion du monde du 200m à Barcelone à l'été 2013, il va connaitre en Catalogne son dernier véritable sommet. Deux mois plus tôt, il avait annoncé sa séparation avec son entraîneur à Nice, Fabrice Pellerin. Ce sera alors le départ aux Etats-Unis, avec Bob Bowman. Il évoque même avoir "dans un coin de la tête, le triplé 100-200-400 à Rio".
Mais l'expérience va virer au fiasco. Agnel ne s'adaptera jamais aux méthodes d'entraînement du célèbre coach américain. En 2014, déjà, il n'était plus que l'ombre de lui-même aux Championnats d'Europe, même s'il avait sauvé le bronze. Un mois après l'Euro de Berlin, il était de retour en France, à Nice. Puis à Mulhouse. "Je ne regrette absolument aucune des décisions que j'ai prises ces quatre dernières années, a-t-il pourtant assuré dimanche à Rio. Ce n'est pas le genre de la maison, de toute façon. Ces décisions sont arrivées à point nommé à chaque fois. Soit je la prenais, soit c'était ma santé qui était en péril. Partir aux Etats-Unis, revenir en France, Nice, à Mulhouse, à tout ça avait une raison à chaque fois."
2015, "l'année de merde" selon ses mots, de la disparition tragique de Camille Muffat, dont il avait été si proche, à sa pleurésie qui l'avait contraint à renoncer aux Mondiaux, ont accéléré sa chute. Malgré un regain d'espoir lors de la saison hivernale, le protégé de Lionel Horter n'avait sans doute plus la flamme. Dimanche, il n'est visiblement pas tombé de l'armoire. "Je n'avais tout simplement pas les armes aujourd'hui, a-t-il admis. J'ai essayé de partir vite, je visais 1'46" quelque chose, mais je ne les avais pas."
Puis il finira sur un aveu : loin de la conservation de son titre, c'est sa simple présence au Brésil qui ne lui semblait pas évidente. "Très honnêtement, confie-t-il, je pensais même que ce serait difficile d'accéder à ces Jeux Olympiques. Au final, j'y suis et c'est déjà une petite victoire en soi. Ca a une grande valeur pour moi en tout cas parce que ces deux dernières années, il y a vraiment eu des moments où j'ai cru que ce ne serait pas possible de voir Rio." Reste que cette trajectoire, et cette fin annoncée, n'étaient pas ce que l'on avait rêvé pour lui un soir de juillet 2012 à Londres…
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