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"Je me suis mis à proposer des paris sur le foot biélorusse" : le coûteux confinement des parieurs

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Paris sportifs

Crédits Getty Images

ParSasha Beckermann
30/03/2020 à 05:35 | Mis à jour 30/03/2020 à 13:05

OMNISPORT - Sportifs, coaches, organisateurs, diffuseurs, tous sont touchés par l’arrêt du sport dans une grande partie du monde, lié à la pandémie de Covid-19. D’autres acteurs sont également touchés, à une bien moindre échelle : les parieurs.

Depuis bientôt deux semaines, à moins d’être expert en football biélorusse, impossible de parier la moindre piécette sur le sport européen. Big 5 européen, tennis, rugby ou encore basketball, tout est à l'arrêt. La grande majorité des compétitions sportives ont été stoppées, voire annulées - à cause de la pandémie de Covid-19 - et les parieurs se retrouvent orphelins de sensations fortes (et d’argent). La situation peut même devenir problématique pour certains "tipsters", des parieurs qui proposent leurs pronostics sur les réseaux sociaux.

Valentin, plus de 12 000 abonnés sur Twitter, se définit comme "analyste sportif". Il jouait tous les jours : "Beaucoup sur le foot et le tennis. Mais cela dépend aussi des saisons : en hiver sur les sports blancs, et en été sur l’athlétisme ou le golf." Résultat, l’étudiant en ingénierie informatique, qui pouvait gagner jusqu’à 5000€ par mois uniquement grâce aux paris sportifs en ligne s’est retrouvé confronté à un sevrage forcé. Même s’il y a toujours 5€ à dépenser ici ou là… : "Je joue un peu au poker de manière récréative, et je reprends doucement le turf."

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Le foot biélorusse pour "vibrer"

Le plus dur pour lui, c’est surtout de contenter sa communauté de parieurs : "C'est complexe à gérer. J'ai proposé du foot exotique ces derniers jours sur des championnats qu'on connaît peu... (...) Il faut essayer de faire vivre la communauté, tout en restant axé sport", détaille-t-il avant d’admettre : "La relance va être compliquée". "Je me suis mis à proposer des paris sur le foot biélorusse ‘pour vibrer’ vu que c'est le seul championnat qui n'est pas encore fermé, nous explique @prono_land - suivi par plus de 25 500 abonnés sur Twitter. Mais ce n'est pas évident du tout : les informations sur ce championnat sont très limitées, par exemple les compositions d'équipes ne sont pas toujours connues avant le match donc pour parier sur des buteurs, c’est compliqué !"

Plusieurs pronostiqueurs, qui possèdent de gros comptes d’analyses sportifs, gagnent aussi leur vie avec l’affiliation sur les sites de paris en ligne. Grâce à un code que les parieurs intègrent au moment de leur inscription sur les sites des bookmakers. Joris, suivi par plus de 23 500 twittos tient le compte @SikaPronos et fait partie de ceux-là. Le parieur gagne environ "500 à 1000€ par mois" grâce aux paris sportifs, mais beaucoup plus grâce à des partenariats avec les bookmakers et la vente de "VIP". En échange d’une somme d’argent, 10, 20, ou 30€, il vous propose des paris avec des cotes plus élevées, et une fiabilité plus importante. Depuis l’arrêt du sport, il n’en a vendu aucun et n’a plus aucun revenu lié à son partenariat avec les sites de paris en ligne.

En manque de sport

Pour lui, la situation est compliquée : "Je vivais de ça. J’ai une auto-entreprise de conseil en pari sportif. (...) Depuis l’arrêt du sport, je n’ai plus de rentrée d’argent." Le parieur compte sur ses économies pour traverser cette période sans sport, ainsi que sur les aides de l’Etat et espère surtout qu'elle ne s'éternisera pas. Lui aussi a tenté de se tourner vers le poker… sans grand succès : "J’ai perdu 400€ en deux jours." "Le manque se fait ressentir en tant que passionné de sport, mais surtout en tant que parieur. Le temps passé à analyser me manque, tout comme le plaisir de gagner. Forcément en terme d’argent cela joue aussi", concède Hugo, également parieur. Ce dernier pariait quotidiennement et gagnait jusqu’à 1000€ par mois grâce aux paris sportifs.

Mais plus que les paris sportifs, ce qui manque vraiment à tous ces parieurs et pronostiqueurs c’est… le sport : "C'est surtout le manque de sport qui se fait ressentir, plus que le manque des paris sportifs", révèle @prono_land. Joris, lui, regardait entre "entre 6 et 10h de sport par jour". Pour Valentin, qui pouvait passer jusqu’à une heure à analyser une course de ski, la déconnexion a du bon : "Je pensais éprouver un manque, mais en fait pas du tout. Ça m'a fait du bien même pendant quelques jours cette déconnexion." Pas trop longtemps quand même.

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