Les rencontres de la nuit dernière ont été annulées en NBA puis dans la plupart des sports US, la tenniswoman Naomi Osaka s’est elle aussi retirée du tournoi de Cincinnati. A-t-on franchi une étape supplémentaire dans la contestation, en passant du symbole du genou à terre au boycott ?
MCN : C’est à n’en pas douter une étape supplémentaire dans l’activisme, et elle ne se limite pas aux sportifs afro-américains. On voit l’exemple de la Japonaise Osaka, on a vu aussi que Megan Rapinoe soutenait le mouvement et les sportifs investis dans la lutte, l’équipe féminine des Washington Mystics (WNBA) a revêtu un tee-shirt avec les lettres du prénom et nom de Jacob Blake… Cela dépasse le seul monde du basket. Ce ne sont pas que les hommes, pas que les Noirs, et en ce sens cela fait écho à ce qui se passe dans la société civile américaine de manière générale. Le sport amplifie les évolutions sociales qui sont en cours aux États Unis.
Comment analysez-vous les événements de cette dernière semaine, dans un contexte social lourd aux Etats Unis ?
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MCN : On est depuis la mort de Georges Floyd dans un contexte explosif de contestations des violences raciales aux Etats Unis. C’est une très longue séquence à laquelle le pouvoir politique en place est sourd, ce qui amplifie d’autant plus la contestation. Alors que nous sommes en pleine Convention républicaine, aucune mention n’a été faite concernant Jacob Blake, tout comme pour George Floyd. Au contraire, le pouvoir est plutôt dans une surenchère, en assimilant les manifestants à des criminels représentant une menace et suggérant que l’élection de Joe Biden provoquerait une insécurité croissante pour la population blanche américaine.
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La société civile et le monde du sport ont pris le relais…
Alors que le pouvoir politique est sourd, la société civile est, de son côté, très mobilisée. A cet égard, l’engagement du monde du sport est très intéressant car il peut avoir une influence auprès d’une partie de la population qui n’est pas forcément engagée politiquement et qui n’a pas nécessairement prévu d’aller voter. Cela se fait aussi dans une très forte tradition d’engagement du sport américain. Sur le racisme, on s’inscrit dans la continuité des prises de position de Colin Kaepernick, de LeBron James qui a d’ailleurs réclamé justice pour Jacob Blake sur les réseaux sociaux ce dimanche, mais également dans la lignée des protestations contre les discriminations LGBT qui avaient donné lieu à des boycott faisant plier certaines lois homophobes et transphobes dans des États fédérés comme l’Arizona, l’Indiana ou la Caroline du Nord entre 2013 et 2015.
Cela peut-il avoir une influence sur l’élection présidentielle américaine prévue au mois de novembre ?
MC : C’est à suivre. Ce qui est intéressant, c’est que le public qui peut être réceptif à ces appels au vote est un public dont Joe Biden a besoin pour gagner. Il a besoin des jeunes issus des classes populaires et des minorités, qui exercent peu leur droit de vote. Donc oui, cela peut jouer à la marge, sachant que c’est une élection qui risque d’être serrée. On a vraiment d’un côté avec Trump un pouvoir politique qui essaie de conjurer les évolutions sociales et qui n’entend pas les demandes de la rue, et de l’autre une Amérique qui est en train de changer et qui ne supporte plus ces violences et ces discriminations. D’autant plus que désormais ces violences sont filmées et visibles.
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