Par Christophe GAUDOT, Julien PEREIRA et Laurent VERGNE

30. Wierer, 6 secondes chrono

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Nouvel appel d’offres en L1, Coupe de France, NBA, France-Algérie : L’actu sur un plateau
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Six secondes. Entre la première et la dernière balle du tir debout de Dorothea Wierer sur le relais des Mondiaux de biathlon, il ne se passe que six secondes. L'Italienne passe en tout 19 secondes sur le pas de tir. Une performance d'autant plus exceptionnelle que Wierer, double championne du monde à Antholz-Anterselva, connaît des difficultés au tir debout (79% sur la saison). La mitraillette Wierer lâche l'Italie en tête mais ses partenaires ne feront pas aussi bien (10e place finale).

L'éclair Wierer : revivez son 5/5 au tir en moins de 6 secondes

29. La défaite de Teddy Riner

Kokoro Kageura. Il a suffi d'un combat au Japonais pour entrer dans l'histoire. Le 9 février, à l'AccorHotels Arena, il est celui qui a mis fin à neuf années et demie d'invincibilité de Teddy Riner. Au 3e tour du Paris Gland Slam, le monument du judo et du sport français chute, à tous les sens du terme. Contré sur son uchi-mata, il s'incline pour la première fois depuis le 13 septembre 2010. Un murmure de stupéfaction envahit Bercy. Kageura lui-même parait interdit devant son exploit. Teddy Riner, champion orgueilleux (c'est un pléonasme), en serait presque libéré : "Ça me soulage aussi parce que cela fait dix ans que l’on me met une pression monstre pour que je gagne tout."

Riner : "Ça va me permettre de mieux me préparer pour Tokyo"

28. Un derby pour remettre le sport en route

D'habitude, c'est un derby chaud, disputé dans un stade de plein et une ambiance bouillonnante. Le 16 mai, pourtant, Dortmund et Schalke s'affrontent devant des tribunes vides. Mais l'affiche trouve tout de même sa résonnance : ce match marque la reprise du football et même du sport en général, après deux mois d'arrêt complet causé par la pandémie de Covid-19. Le score final ? 4-0. Anecdotique. Car cette rencontre permet surtout de découvrir le foot d'après : protocole strict, distanciation physique pour célébrer les buts, silence de cathédrale.

Le but de Haaland célébré dans l'intimité par Dortmund face à Schalke 04

Crédit: Getty Images

27. Insubmersible Pérez

Mettez Sergio Pérez à la porte. Il reviendra par la fenêtre. Si vous en doutiez, le Mexicain vous l'a démontré à Sakhir. Relégué en queue de peloton après avoir été percuté par Charles Leclerc, le pilote de 30 ans s'est accroché, a profité des autres péripéties et foncé avant de passer la ligne d'arrivée en vainqueur. Jamais un pilote n'avait enlevé un premier succès après avoir disputé autant de Grands Prix - 190 en tout - que lui. L'attente en valait la peine : alors qu'il pensait prendre une année sabbatique sur ce coup d'éclat, après avoir été mis dehors par Racing Point, Pérez a été repêché par Red Bull. Voilà ce que l'on appelle l'art du rebond.

La victoire de Pérez ? "Il va probablement rester sur la touche, Red Bull a son plan"

26. Thiem - Zverev, la finale du trouillomètre

C'est quoi, un grand match de tennis ? Peut-être, tout simplement, celui que l'on n'oublie pas. Dans son genre, la finale de l'US Open entre Dominic Thiem et Alexander Zverev a eu quelque chose d'unique. Cinq sets, un tie-break au 5e pour finir, un retournement de situation jamais vu à New York en finale depuis plus de sept décennies, aucun spectateur mais, surtout, un trouillomètre au plus haut pour les deux joueurs, (trop) conscients de l'enjeu : un premier titre en Grand Chelem. Le 5e set, où ils ont multiplié les craquages à tour de rôle, restera comme un moment surréaliste. Thiem a fini par surmonter sa peur. Zverev en a pleuré. Des regrets peut-être éternels pour l'Allemand.

Retour d'enfer, 7-6 au 5e, rebondissements à gogo et sacre de Thiem : Le résumé dune finale épique

25. Le retour de Shiffrin

Après une blessure au dos et surtout la mort accidentelle de son père, Mikaela Shiffrin avait mis sa carrière entre parenthèses au cœur de l'hiver dernier. Cela lui a coûté un nouveau gros globe de cristal, mais certains objectifs deviennent parfois dérisoires. Il a fallu attendre la fin novembre pour la revoir. Le 14 décembre, lors du géant de Courchevel, l'Américaine renoue déjà avec la victoire, 323 jours après son précédent succès.

C'est sa 67e victoire en Coupe du monde, comme un certain Marcel Hirscher. A seulement 25 ans... C'est surtout un moment fort émotionnellement. Shiffrin craque devant les caméras : "C'est une victoire particulière, belle et un peu triste aussi, je n'ai pas besoin de dire pourquoi". Elle parle d'une forme de "nouvelle première victoire". Pour elle, tout recommence, même si plus rien ne sera comme avant.

Shiffrin n'a pas craqué pour s'offrir une victoire pleine d'émotions

24. Le come-back réussi d'Iron Mike

Celaa aurait pu être un énième come-back raté, un autre combat d'exhibition sans intérêt. Finalement, Mike Tyson a relevé le défi. A 54 ans, soit 15 ans après son dernier combat, l'ancien champion du monde des lourds est remonté sur un ring. Alors que beaucoup craignaient une bouillie dans le prestigieux Staples Center, "Iron Mike" a démontré qu'il avait de beaux restes face à Roy Jones Jr. Les deux hommes ont livré un vrai combat, soldé par un nul. Mais c'est Tyson, plus dynamique et agressif que son adversaire, qui a fait le spectacle. Pari réussi. Vite vite, des retrouvailles avec Evander Holyfield.

Tyson-Jones, les dessous d'un combat hors-normes

23. De 0-24 à 51-31 : les Chiefs, ça déménage

En 2020, la NFL a sacré un nouveau roi, Patrick Mahomes, quarterback des Kansas City Chiefs, vainqueurs du Super Bowl face aux 49ers. Mais c'est leur entrée en matière dans ces playoffs qui restera comme le match le plus mémorable. Contre Houston, les Chiefs, menés 24-0 en début de 2e quart-temps, sont à la dérive devant leur public. Puis l'invraisemblable orgie commence : quatre touchdowns en moins de dix minutes pour prendre les commandes avant la mi-temps (28-24) et finalement une large victoire (51-31) après un des plus spectaculaires renversements de situation jamais vus en playoffs. Le match-signature de ce qui sera peut-être le début d'une dynastie.

22. Le calvaire du Tigre

Vainqueur du Masters en 2019, Tiger Woods a vécu un cauchemar cette année à Augusta. Lors du dernier tour, déjà hors course pour la gagne, il a eu besoin de... dix coups pour boucler le par 3 du tour numéro 12. Du jamais vu pour lui en Grand Chelem. Au cœur de l'Amen Corner (les trous 11, 12 et 13), ses prières n'ont pas été entendus. Le rivière Rae's Creek va engloutir le malheureux Tiger, qui expédie trois fois sa balle dans l'eau. Avec ce septuple bogey (!), il passe alors de -3 à +4 sur sa carte et recule d'un seul coup d'une trentaine de places au classement. Il terminera à +8, son pire score à Augusta.

21. Alaphilippe, fin brutale dans les Flandres

Le Tour des Flandres ne s'offre pas au premier venu, Julian Alaphilippe venait pour apprendre. D'ailleurs, son gabarit ne devait pas lui permettre de briller sur les monts flandriens. C'était bien mal le connaître. Il se régale, fait la course et provoque l'ultime différence en s'extirpant avec Mathieu van der Poel et Wout Van Aert dans le Koppenberg. Le trio gagnant va devenir duo quand Alaphilippe heurte une moto alors qu'il regarde derrière lui. Double fracture de la main et rêve de Ronde envolé pour un Alaphilippe qui achève là une saison pas banale. Il reviendra.

La catastrophe : Alaphilippe chute en percutant une moto et abandonne

20. Mitchell - Murray, le duel de l'année

50 points pour l'un, 51 pour l'autre. Dans ce match 4 du premier tour des playoffs, Jamal Murray et Donovan Mitchell ont pris feu. Fait rare, ils l'ont fait en même temps pour un duel historique et magnifique qui a tourné en faveur de l'arrière du Utah Jazz. La franchise de Salt Lake City prend alors un avantage de 3 victoires à 1 dans la série. Avantage qu'elle dilapide dans les trois rencontres suivantes pour une élimination 4-3. Murray et Mitchell ont combiné 475 points dans la série. Un record dans la riche histoire de la NBA.

19. La frayeur Evenepoel en Lombardie

Une folle ascension et une fin brutale, presque dramatique. Remco Evenepoel n'a pas eu le temps de s'ennuyer en 2020. Vainqueur des quatre courses à étapes qu'il a disputées, il aborde le Tour de Lombardie en favori. Encore au contact des meilleurs dans le Mur de Sormano, il est piégé dans la descente par un Nibali habile dans l'exercice. Le prodige belge en fait trop et part à la faute dans un virage. Evenepoel passe par-dessus un pont pour aller s'écraser une dizaine de mètres plus bas. L'angoisse s'installe mais le verdict rassure : fracture du bassin et contusion au poumon, "seulement". Saison terminée.

Remco Evenepoel après son énorme chute

Crédit: Getty Images

18. Marquez, la chute du roi

A Jérez, Marquez a d'abord fait du Marquez. Un jeu d'équilibriste, pour rattraper une faute qui l'a envoyé dans le bac à graviers, puis un numéro de funambule pour avaler, en seize tours, les treize pilotes qui en ont profité pour le dépasser. Comme à son habitude, l'Espagnol prend tous les risques. Une fois n'est pas coutume, il le paie cher. Le champion du monde chute. Au sol, sa machine le suit, percutant son bras et fracturant son humérus. A ce moment-là, peu l'imaginent mais le championnat a bel et bien changé de face, dès la première manche de l'année. Même si, quelques jours plus tard, le pilote de Cervera a tenté l'impossible. En vain.

17. Messi, un "burofax" pour acter le divorce

Cette fois, ce n'est ni un fantasme de la presse espagnole ni un coup de pression de ses représentants pour renégocier un juteux contrat. Aussi fou que cela puisse paraître, Lionel Messi veut bel et bien quitter le FC Barcelone. Le 25 août, l'Argentin le fait savoir de manière officielle… sans s'exprimer publiquement. Comment ? En envoyant un "burofax", un document ayant une valeur juridique, démontrant que le sextuple Ballon d'Or est prêt à entreprendre toutes les démarches pour plier bagage. Finalement, cette tentative restera le point culminant d'un feuilleton qui n'a toujours pas connu son épilogue. Messi a fini par rester. Mais cet épisode a considérablement chamboulé le club catalan.

Messi prisonnier de son contrat : pourquoi l'Argentin a perdu son bras de fer avec le Barça

16. L'ultime gloire de Fourcade

Quelle meilleure fin pouvait-on imaginer pour cette carrière et ce duel ? Depuis une décennie, Martin Fourcade domine le biathlon et n'a trouvé sur sa route que Johannes Boe. Cette poursuite de Kontiolahti sera la dernière course de sa carrière. Le Catalan la remporte, devant Quentin Fillon Maillet, pour porter son total à 83 victoires, dix ans jour pour jour après la première, au même endroit. Johannes Boe doit terminer 4e pour s'assurer le gros globe. Un dernier tir debout miraculeux le porte au pied du podium. A Fourcade un ultime moment de gloire, à Boe un gros globe logique.

Une joie 100% bleue et une accolade avec Boe : c'était la dernière arrivée de Fourcade

15. Liverpool met fin à la malédiction

Trente ans que Liverpool attendait ça. Depuis leur dernier titre de champion d'Angleterre (1990), les Reds ont parfois sombré dans la paranoïa. Ce fut encore le cas en février dernier, lorsque la pandémie de Covid-19 a fait planer la menace d'une annulation d'un championnat que les Scousers avaient pourtant dominé de la tête et des épaules. Finalement, Jürgen Klopp et ses hommes ont vu la malédiction se dissiper… sur leurs canapés, après une défaite de Manchester City face à Chelsea, au début de l'été, avec trois cents spectateurs dans le stade. Liverpool a décroché un titre bizarre ? Qu'importe. Le club l'attendait depuis trop longtemps.

La folie pour le titre de champion d'Angleterre de Liverpool, 30 ans après.

Crédit: Getty Images

14. Les Pumas pour l'histoire

Un exploit historique. Lors du Rugby Championship, l'Argentine affronte la Nouvelle-Zélande à Sydney le 14 novembre. Les All Blacks sont peu inspirés, mais les Pumas, eux, livrent une performance monumentale, notamment en défense, à l'image de leur capitaine Pablo Matera. Résultat, dans le sillage du demi d'ouverture du Stade Français, Nicolas Sanchez, auteur de tous les points de son équipe, l'Argentine s'impose 25 à 15. Pour la première fois de leur histoire, les Ciel-et-Blanc ont vaincu les Blacks. Le sélectionneur Mario Ledesma termine en larmes. Exploit d'autant plus gigantesque que les Pumas n'avaient plus joué depuis un an et qu'ils étaient restés en quarantaine pendant des semaines.

13. Nadal lamine Djokovic pour égaler Federer

Ce fut un "drôle" de Roland-Garros. Fin septembre-début octobre. Un temps horrible. Du froid. De la pluie. Du vent. Mais certaines choses sont inamovibles porte d'Auteuil. A la fin, c'est Rafael Nadal qui gagne. Son 13e titre parisien fera date, parce qu'il permet à l'Espagnol d'égaler le record de victoires en Grand Chelem de Roger Federer. Une page d'histoire du tennis, donc. Voilà pour le gâteau. La cerise ? En finale, Nadal étrille son grand rival Novak Djokovic, lui infligeant même un "bagel" : 6-0, 6-2, 7-5. Il lui rend la monnaie de la pièce de Melbourne en 2019 et fait subir au Serbe sa pire défaite en Grand Chelem depuis des lustres. Le plus fou ? Personne, à part lui-même via sa disqualification à Flushing, n'avait encore battu Djoko en 2020...

Une bulle et trois sets pour un 13e triomphe : Nadal a détruit Djokovic

12. Jakobsen a vu la mort en face

Un an après la mort de Bjorg Lambrecht, le Tour de Pologne croit revivre la même tragédie quand Dylan Groenewegen tasse Fabio Jakobsen contre les barrières lors de la première étape. Lancé à plus de 80 km/h dans un sprint en faux-plat descendant, le Néerlandais ne peut éviter une chute si terrible qu'elle fait craindre pour sa vie. Placé dans un coma artificiel, il se réveille deux jours plus tard avec 130 points de suture, de multiples fractures au visage, et le palais cassé. Cette chute fait naître un débat sur la sécurité des sprints dans le peloton. Groenewegen a, lui, écopé de de neuf mois de suspension.

Fabio Jakobsen et Dylan Groenewegen, le sprint de l'angoisse.

Crédit: Getty Images

11. Duplantis, toujours plus haut

A défaut de Jeux Olympiques, Armand Duplantis a marqué l'athlétisme de son empreinte cette année en multipliant les records du monde à la perche. Le Suédois efface d'abord Renaud Lavillenie en février, avec des sauts à 6,17m et 6,18m en salle. Puis, à la toute fin de l'été, "Mondo" signe un nouvel exploit majuscule à Rome : 6,15m en plein air. En extérieur, jamais personne n'était allé aussi haut. Dans ces conditions, Seguei Bubka restait la référence depuis plus d'un quart de siècle avec ses 6,14m. Cette fois, la page Bubka est définitivement tournée. Nous sommes pour de bon entrés dans l'ère Duplantis. Elle pourrait bien durer.

10. Un Crunch automnal croustillant

La pandémie du coronavirus a bouleversé le calendrier rugbystique, comme tout le reste. Le Tournoi des VI Nations s'est achevé à l'automne et les traditionnels tests de novembre ont été remplacés par une nouvelle compétition, l'Autumn Nations Cup, entre nations européennes. Celle-ci a connu un dénouement épique à Twickenham lors de la finale entre l'Angleterre et la France. Un bon vieux "Crunch" comme on les aime.

Les Bleus, avec une équipe composée largement de remplaçants, voire de remplaçants des remplaçants, se montrent magnifiques d'audace et de courage mais le XV de la Rose arrache la prolongation à la dernière minute, avant de crucifier les hommes de Fabien Galthié lors d'une inédite mort-subite, sur une pénalité discutable. Contexte "bizarre", match superbe, dénouement cruel. Le moment fort de l'année rugby.

9. Escoffier - Le Cam, sauvetage au milieu de l'océan

C'est une histoire qui, pour sûr, devrait inspirer certains réalisateurs de cinéma. Le 30 novembre, alors qu'il est encore troisième du Vendée Globe, Kevin Escoffier vit un calvaire. Au large du Cap de Bonne-Espérance, dans une mer agitée, le skipper déclenche sa balise de détresse : son bateau, plié en deux par la houle, commence à sombrer.

Contraint de se réfugier dans son canot de sauvetage, Escoffier n'a pas d'autre choix que d'attendre qu'un autre concurrent se déroute pour lui porter secours. Il patiente, tant bien que mal, durant plus de dix heures. Dérouté, Jean Le Cam, son plus proche poursuivant, arrive sur la zone pour tenter de le récupérer. Mais dans des conditions dantesques, l'expérimenté skipper perd Escoffier de vue, à plusieurs reprises. Au cœur de la nuit, le navigateur de 61 ans aperçoit "un flash dans une vague". "Là, tu passes du désespoir au truc de dingue", racontera-t-il, plus tard. Le Malouin est sauvé.

Pris en charge par la Marine Nationale quelques jours plus tard, Escoffier synthétisera son expérience avec un certain sens de la formule : "Vous voyez les films sur les naufrages ? C'était pareil. Mais en pire."

Le Cam raconte le sauvetage d'Escoffier : "J'ai vu un flash"

8. Osaka, des paroles et des actes

Après la mort de George Floyd au mois de mai, le mouvement Black Lives Matter s'est invité au cœur de l'été sur les terrains de sport. Naomi Osaka s'est placée en première ligne dans ce combat. Lors du tournoi de Cincinnati (disputé exceptionnellement à New York), la Japonaise décide de se retirer en signe de protestation contre les violences policières infligées aux Afro-américains.

Elle revient sur sa décision après le report de tous les matches décidé par les organisateurs en marque de soutien envers son initiative. "Fini la timidité. J'aurais dû exprimer plus souvent mes opinions", avait-elle expliqué quelques jours plus tôt. Passant de la parole aux actes, Osaka prolongera son engagement lors de l'US Open, arborant à chaque tour un masque frappé du nom d'une victime des violences policières, dont celui de George Floyd. Un US Open qu'elle va gagner. Mais au cours de cet été 2020, Naomi Osaka, ce fut un peu plus qu'une histoire de matches ou de tournois gagnés.

Un match, un masque : quand Osaka fait passer des messages contre les violences policières

7. Hamilton égale Schumacher en Allemagne

Tout un symbole. C'est au Nürburgring, en Allemagne, à une vingtaine de kilomètres de la piste de Kerpen où Michael Schumacher a fait ses débuts en karting, que Lewis Hamilton a égalé l'une des plus prestigieuses marques du "Baron Rouge". Dominateur au Grand Prix de l'Eifel, après avoir dépassé son coéquipier Valtteri Bottas en piste, le Britannique y a décroché un 91e succès, comme le septuple champion du monde allemand.

Bien sûr, on savait que tout cela n'était qu'une question de temps et que "King Lewis" finirait, tôt ou tard, par atteindre et battre le record de Schumi, ce qu'il a d'ailleurs fait dès le Grand Prix suivant, au Portugal. Mais pour le pilote Mercedes, se retrouver à hauteur du champion allemand avait quelque chose de particulier, émotionnellement.

Il est d'ailleurs resté sans voix lorsque Mick Schumacher, lui a remis un casque de son paternel après la course : "C'est un grand accomplissement, c'est un honneur pour moi de recevoir ce casque, confiera-t-il. Quelle émotion, quel moment incroyable !" A ce moment-là, Hamilton savait déjà qu'il s'apprêtait à égaler le "Kaiser" dans un registre encore plus prestigieux, en coiffant une septième couronne mondiale.

Lewis Hamilton (Mercedes) avec un casque de Michael Schumacher à l'arrivée du Grand Prix de l'Eifel 2020

Crédit: Getty Images

6. Double faute pour Alaphilippe

L'histoire était belle. Trop belle ? Sans doute pas car peu de choses résistent à Julian Alaphilippe quand il s'est fixé un objectif. Ce Liège-Bastogne-Liège, Monument taillé pour son profil, lui résiste depuis trop longtemps. Tout juste champion du monde, il rêve de victoire dans son beau maillot. Quoi de mieux qu'un succès à Liège pour étrenner son titre de champion du monde ?

Julian Alaphilippe anime la course, tente de provoquer la sélection mais cette fois il ne parvient pas à s'isoler. Il devra battre Marc Hirschi, Primoz Roglic, Tadej Pogacar et Matej Mohoric au sprint s'il veut décrocher un second Monument après Milan-Sanremo. C'est ce qu'il croit faire mais il s'est vu trop beau. Levant les bras bien trop tôt, "Alaf" voit Roglic le coiffer sur la ligne. Pire, il est déclassé à la 5e place pour une vague dans le sprint. Un double raté monumental, finalement à la hauteur du garçon.

Vague, bras levés trop tôt et déclassement : comment Alaphilippe a laissé filer la victoire

5. L'hommage à Kobe

L'année 2020 aura été meurtrière pour les légendes du sport. Malheureusement, le ton avait été donné dès le 26 janvier avec la disparition de Kobe Bryant dans un accident d'hélicoptère en Californie. Parmi les autres victimes, une de ses filles, Gianna, âgée de 13 ans. Ce drame a bouleversé la NBA, et bien au-delà. Moins d'un mois plus tard, une cérémonie est organisée au Staples Center de Los Angeles, théâtre des plus grands exploits de l'ancien Angelino. 20 000 personnes sont présentes. Les discours s'enchainent, les larmes coulent, à commencer par celles de Michael Jordan et, parfois, quelques sourires fusent aussi au gré d'une anecdote racontée. Le pire et le meilleur de la vie et un vrai deuil collectif. Peut-être le moment le plus fort de l'année émotionnellement.

Kobe Bryant

Crédit: Getty Images

4. Grosjean, le retour des Enfers

Quelles ont été les trente secondes les plus folles de votre existence ? Romain Grosjean, lui, les a vécues le 29 novembre dernier. Grand Prix de Bahreïn, départ de l'antépénultième manche du championnat : le Français ne le sait pas encore mais il va bientôt vivre l'un des crashes les plus effroyables de l'histoire de la F1.

Trois virages après le départ de la course, le pilote de l'écurie Haas se projette contre un rail à plus de 200 km/h, après un accrochage entre sa monoplace et celle de Daniil Kvyat. Terrible, l'impact atteint les 53G. En d'autres termes, c'est un choc dont le commun des mortels ne se remet pas. Dans l'explosion, la voiture se casse littéralement en deux morceaux. Grosjean est dans les flammes. Il y reste durant 30 secondes. Pour les pilotes qui ont vu l'accident dans leurs rétroviseurs, pour les spectateurs mais aussi et surtout pour lui, l'instant ressemble à une éternité.

Le pilote aperçoit la mort. Il pense à Niki Lauda. A ses enfants. Et prend son courage à deux mains, quitte à devoir les brûler pour s'en sortir. Miraculeusement, le Français sort de l'enfer, sonné par ce qu'il vient de vivre. Et "seulement" les paumes cloquées. Ouf.

Stupeur, brasier et débris : l'accident glaçant de Grosjean en images

3. Pogacar, Roglic et La Planche

57 secondes, de meilleures qualités de rouleur, une impression de domination jamais démentie pendant quasiment trois semaines, Primoz Roglic avait, aux yeux de tous, Tour de France gagné. Tous, sauf un. Tadej Pogacar a cru en son étoile et réalisé le chrono de sa vie sur La Planche des Belles Filles pour déboulonner Roglic.

Mieux parti que son compatriote, Pogacar insinue le doute dans la tête des suiveurs. Peut-il le faire ? Au gré des kilomètres, le doute devient évidence. Le plus jeune des deux Slovènes emporte tout sur son passage et colle 1'21'' à Tom Dumoulin, pourtant pas manchot dans l'exercice, et 1'56'' à son adversaire. Incrédule, la Jumbo-Visma assiste à la chute de son leader en direct. Beau joueur, Roglic vient saluer son bourreau à l'arrivée. Tadej Pogacar se serait contenté d'une place de dauphin ? Il s'est assis sur le trône à 21 ans.

Pogacar a mis Roglic K.O. ! Le dénouement historique de la 20e étape

2. 8-2 : la machine bavaroise réduit le Barça en copeaux

Ce soir du 14 août, beaucoup imaginent le Bayern Munich écraser le FC Barcelone en quart de finale de Ligue des champions. Au contraire du club catalan, qui navigue à vue depuis plusieurs mois, le "Rekordmeister" est devenu une machine que rien ne semble pouvoir ralentir, pas même la suspension des championnats. Malgré cela et tout le reste, personne n'a réellement envisagé ce scénario-là. D'ailleurs, les premières minutes du match laissent augurer un match ouvert, voire spectaculaire et prolifique - comme souvent entre ces deux équipes - sans forcément qu'il s'agisse d'une boucherie, encore moins d'une claque historique.

Mais il ne faut que deux fois dix minutes pour que la rencontre s'emballe, puis bascule dans l'irrationnel. Entre la 21e et la 31e, les Bavarois inscrivent trois buts pour mettre les Blaugranas au tapis avant la mi-temps (1-4). En fin de match, les Allemands passent la deuxième couche. Lewandowski et Coutinho, auteur d'un doublé, portent le score à 8-2. Du jamais vu en phase finale. Pour le Bayern, c'est un tour de force. Pour le Barça, une nouvelle humiliation. Une de trop. Notamment aux yeux de Lionel Messi…

Bayern - Barça : Un carnage

Crédit: Getty Images

1. Djokovic s'auto-élimine de l'US Open

Une disqualification, en tennis, c'est rare. En Grand Chelem, plus encore. Alors, quand elle touche le numéro un mondial et archi-favori du tournoi, la séquence prend un aspect sidérant et passe instantanément à la postérité. Flushing Meadows, 6 septembre. Novak Djokovic est opposé en huitièmes de finale de l'US Open à Pablo Carreno Busta. Le Serbe cède son service à 5-5 dans le 1er set. Il est contrarié, mais il n'y a pas le feu au lac.

Avant de regagner sa chaise, il expédie d'un coup de raquette une balle derrière lui. Le geste n'est pas exagérément appuyé, mais la balle arrive en pleine gorge d'une juge de ligne placée au fond du court. Même si l'absence d'intention est manifeste, le règlement est appliqué à la lettre : Djokovic est disqualifié. Un vrai séisme à New York et un gros coup dur pour le numéro un mondial, alors invaincu depuis le début de la saison en 26 rencontres. Sur Eurosport, son ancien entraîneur, Boris Becker, parle "d'une des moments les plus noirs" de la carrière du Djoker.

Le moment où tout a basculé pour Djokovic : son coup de sang synonyme de disqualification

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